Konrad Bayer
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Cimetière de Hernals (d) |
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franz war. (franz exista.) war franz? (franz exista-t-il ?) franz. (franz.) war. (exista.) wahr. (vraiment.) war wahr. (exista vraiment.) wirr. (fous.) wir. (nous.) franz wir! (franz nous !) wir franz. (nous franz.) ihr. (vous) franz war wirr. (franz fut fou) war franz irr? (franz était-il fou ?) wirr warr. (c'est confus)
Konrad Bayer (né le à Vienne où il est mort le ) était un écrivain autrichien.
Bayer a appartenu à l'avant-garde littéraire de l'Autriche d'après guerre. A cette époque, après l'instrumentalisation de la littérature par le pouvoir nazi, celle-ci a été largement délégitimée. Les auteurs nationaux-socialistes perdirent tout leur auditoire, et les auteurs d'opposition étaient encore peu imprimés. De ce fait, ce fut surtout la littérature germanophone classique qui était valorisée. C'est pourquoi les productions de Konrad Bayer furent perçues comme très provocatrices en leur temps. Il privilégiait, avec d'autres, une écriture expérimentales dont l'ambition était de briser les habitudes de langages, de condamner la politisation de la langue opérée par les pouvoirs totalitaires et de remettre en question les habitudes de pensée qui restreignent la libre conscience.
Bayer était lié avec des écrivains tels qu'Oswald Wiener, Gerhard Rühm, H. C. Artmann ou Friedrich Achleitner, qu'il avait rencontrés au Art Club en 1951. De 1954 à 1960, ils formèrent le Groupe de Vienne. L' Art Club fut pour eux le cadre où ils purent organiser divers happenings qui visaient avant tout à provoquer le public dans un style encore très dadaïste. Ces soirées ont donc été plusieurs fois l'occasion de scandales, au cours desquels la police a souvent dû intervenir. Il fut aussi lié au compositeur Gerhard Lampersberg avec qui il publie la revue littéraire « édition 62 » (dont deux numéros seulement sont parus).
Dans de nombreuses œuvres écrites en collaboration avec ces auteurs partageant les mêmes idées que lui, Bayer a composé de la poésie, des montages littéraires ainsi que des textes absurdes dadaïstes. Derrière le caractère fragmenté de sa production en prose et des expressions de sa vision du monde peut se lire le désir de découvrir une nouvelle connexion magique avec le réel.
En , Bayer lut un extrait du Sixième Sens à Saulgau, en Souabe, devant le groupe 47, qui fut étonné et le loua avec beaucoup d'effusion (« une nouvelle cosmologie ! »)[1]. Heinrich Maria Ledig-Rowohlt fut si enthousiasmé par le texte de Bayer qu'il lui proposa immédiatement un contrat pour son prochain roman.
En 1964, Konrad Bayer séjournait souvent chez Padhi Frieberger au château de Hagenberg, avec d'autres membres du Groupe de Vienne et de l'Art Club. C'est là qu'il a cherché à terminer son roman Le Sixième Sens . Cette œuvre autobiographique comportant de nombreuses références au château de Hagenberg est restée inachevée. Il n'est paru qu'à l'état de fragment en 1966 : Bayer, comme le protagoniste du roman, s'est donné la mort : « Quand Goldenberg est rentré dans sa chambre, il a ouvert les deux robinets, fermé la fenêtre et s'est confortablement assis sur le canapé. L'odeur n'était pas désagréable, et il a attendu le sommeil. »
Ida von Szigethy décrit leur dernière soirée ensemble dans son livre[2].
Konrad Bayer s'est suicidé le . Il repose au cimetière de Hernals (Groupe 67, Rangée 10, Numéro 11) à Vienne.
