Koursk, un sous-marin en eaux troubles
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| Réalisation | Jean-Michel Carré |
|---|---|
| Sociétés de production | Les Films Grain de Sable |
| Pays de production |
|
| Genre | Documentaire |
| Durée | 71 minutes |
| Sortie | 2005 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Koursk, un sous-marin en eaux troubles est un documentaire français réalisé par Jean-Michel Carré.
Jean-Michel Carré, documentariste français, mène une contre-enquête sur le naufrage du K-141 Koursk, un sous-marin nucléaire de la marine russe, en étudiant des faits qui contredisent selon lui la thèse officielle[1].
Le documentaire a été fortement critiqué pour le peu de preuve solides apportées, la plupart des éléments étant des interprétations personnelles de divers intervenants, plus ou moins qualifiés, permettant d'autres interprétations possibles et tout aussi (voire plus) plausibles.
D'après Jean-Michel Carré, les manœuvres auxquelles participait le Koursk auraient servi à présenter la dernière version de la torpille à hyper-cavitation VA-111 Chkval. Cette torpille de deux tonnes pourrait filer à 500 km/h sous l'eau, alors que les torpilles traditionnelles ont une vitesse d'environ 70 km/h. Une explication alternative serait qu'il aurait été question de faire la démonstration d'une torpille à propulsion MHD encore plus rapide, surnommée « la Grosse » par les services de renseignement militaires occidentaux[réf. nécessaire].
L'armée américaine s'intéresse donc de près à cette opération, d'autant plus que des officiels haut placés de l'Armée populaire de libération chinoise auraient été invités à assister à la démonstration.
Le documentaire note également que la veille de cette tragédie, Edmond Pope (en), un agent des renseignements américains, avait été condamné par un tribunal russe à vingt ans de prison pour avoir tenté d'acheter des informations sur les torpilles utilisées par la marine russe.
Pour surveiller les manœuvres, deux sous-marins américains de classe Los Angeles USS Memphis et Toledo, présents dans la mer de Barents au contact de la marine russe, auraient eu pour rôle d'espionner ces manœuvres. Ils auraient également eu pour mission de gêner le Koursk, en le frôlant de près, afin qu'il se retrouve obligé de renoncer à tirer cette fameuse torpille.
Après la première explosion, le Koursk aurait accéléré, comme s'il était l'objet d'une attaque (non prouvé). Le largage de grenades sous-marines par les navires russes participant à la manœuvre pourrait, selon le documentaire, être interprété, comme donner la chasse à un hypothétique sous-marin ennemi.
Le HMS Splendid, un sous-marin d'attaque britannique, aurait également été dans les parages.
Pendant les manœuvres, à la suite d'une collision accidentelle entre le Toledo et le Koursk, le Memphis aurait lancé une torpille contre le Koursk pour protéger la fuite du Toledo, endommagé. Le Toledo aurait ensuite gagné la base norvégienne de Håkonsvern à faible vitesse pour être réparé, tandis que le Memphis rentrait aux États-Unis. Le choc aurait provoqué la détonation de munitions situées dans le compartiment de proue du Koursk, et l'aurait fait sombrer.
À cause des dégâts subis, le sous-marin aurait mis sept jours pour aller du lieu de l'accident, en mer de Barents, jusqu'à la côte norvégienne. Après huit jours de réparations, le submersible aurait gagné la base de Southampton à pleine vitesse, pour achever ses réparations dans un dock fermé.
Les États-Unis pourraient donc être à l'origine du naufrage du Koursk.
Au nom de la raison d'État, Vladimir Poutine aurait volontairement laissé mourir les survivants, car révéler ce qui s'était réellement passé aurait rendu impossible tout rapprochement avec les États-Unis, avec possibilité d'un conflit armé. Le refus de la Russie d'une aide étrangère pour remonter le Koursk, dans les heures qui suivirent son naufrage et les allégations fallacieuses sur l'état de la mer pour justifier le retard des secours pourraient être justifiés par cette volonté de cacher la vérité. Le documentaire fait remarquer au spectateur que les premières déclarations des responsables militaires russes mettaient en cause les États-Unis et que les autorités américaines avaient refusé de laisser du personnel non Américain inspecter le Toledo.
L'enquête officielle aurait ensuite laissé filtrer des explications en rapport avec une alternative plausible acceptable par les opinions publiques, que les médias institutionnels ont relayées.
Jean-Michel Carré ajoute également qu'une partie de la dette russe (dix milliards de dollars) à l'égard des États-Unis a été annulée peu après l'accident, et que la Russie a de nouveau été autorisée à contracter des prêts[2].
D'autres éléments sont invoqués tels que:
- La visite à Moscou, le , du directeur de la CIA George Tenet ;
- La décision de laisser au fond de la mer le compartiment des torpilles, puis de le détruire, sans que l'enquête ne l'examine ;
- La censure des messages issus des cadavres de sous-mariniers (la partie secrète du manuscrit du sous-marinier Kolesnikov) ;
- La destruction des restes du Koursk après son renflouage et l'inspection et le torpillage, ensuite, de l'avant resté sous l'eau ;
Diffusion
Le documentaire est diffusé le sur France 2.
La thèse est reprise dans un article du quotidien Libération[3].

