Kuva-yi Milliye
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Les Kuva-yi Milliye (de l'ottoman Kuva-yi Milliye, littéralement « Forces nationales » ou « Forces nationalistes ») sont des contingents armés irréguliers turcs, qui se levèrent au commencement de la guerre d’indépendance turque. Ces formations émergèrent à la suite de l'occupation de plusieurs provinces de l'Anatolie par les puissances alliées, consécutive à la signature de l'armistice de Moudros. Ultérieurement, ces milices furent incorporées et fondues dans l'armée régulière (dite Kuva-yi Nizamiye) de la Grande Assemblée nationale de Turquie[1]. La chronologie initiale du conflit (approximativement 1918-1920) est désignée par certains historiographes sous l'appellation de « phase des Kuva-yi Milliye »[1].
À la suite de la convention d’armistice de Moudros, l’Empire ottoman fit l’objet d’un démembrement et d’une occupation militaire par les puissances alliées victorieuses. Le territoire métropolitain de l’Empire fut partitionné en zones d’influence et de contrôle distinctes : la Grèce se vit attribuer l’administration de la région occidentale de l’Anatolie. La puissance britannique obtint l’autorité sur la capitale impériale (Constantinople) ainsi que sur de vastes portions du sud-est anatolien. Le sud du pays, quant à lui, échut respectivement à l’Italie et à la France, qui y établirent leurs administrations militaires.
À la révélation des exactions perpétrées par les troupes helléniques dans les contrées qu'elles occupaient, la population d'Afyonkarahisar conçut à leur endroit une vive animadversion et une profonde exécration. Pressentant le péril imminent que constituait l'avancée grecque, les habitants, sous l'égide du lieutenant-colonel Arif Bey, constituèrent la milice désignée sous le nom d'Afyonkarahisar Kuvâ-yi Milliye[2].
Les Kuva-yi Milliye constituaient les primordiaux contingents armés ayant pris fait et cause pour l'intangibilité des droits des populations turques et musulmanes en Anatolie et en Roumélie. Ces groupements, constitués d’officiers et de miliciens ayant fait défection de l'armée ottomane, entamèrent leurs opérations lors du débarquement hellénique à Smyrne. Les antagonistes à la partition de l'Anatolie, prévue par le traité de Sèvres, demeuré inexécuté, vinrent grossir les rangs de cette mouvance résistante. La Guerre franco-turque fut presque intégralement menée par les unités des Kuva-yi Milliye pour le bénéfice de la partie turque. Dans la région occidentale de l'Anatolie, les Kuva-yi Milliye combattirent l'armée hellénique par l'entremise de tactiques guérillères jusqu'à l'établissement d'une armée régulière. L'opiniâtreté des Kuva-yi Milliye eut pour effet de freiner la progression des troupes grecques en Anatolie.
Dissolution de Kuva-yi Milliye

Bien que la Kuva-yi Milliye ait été considérée comme le prélude de la résistance émancipatrice de la Turquie, cette guerre d'escarmouches fut ultérieurement délaissée. Cette milice pâtissait d'un déficit de discipline et d'expertise ; elle n'était pas en mesure d'engager le combat lors de batailles rangées de grande envergure face aux Grecs. Au mois de , ses effectifs durent faire face et enrayer la progression d'une armée grecque aguerrite et bien pourvue, forte de plus de cent-sept mille hommes sur le front occidental, soutenue par une force inférieure à quinze mille militants. Subséquemment à l'inauguration de la Grande Assemblée nationale de Turquie, l'armée régulière fut constituée par l'amalgame des divers contingents de la Kuva-yi Milliye . La Kuva-yi Milliye fut définitivement abolie vers la fin de l'année 1920. Toutefois, certaines unités continuèrent à ferrailler sur le front méridional jusqu'en 1921. La première bataille d'İnönü marque l'engagement initial où l'armée régulière confronta les troupes grecques.
Rebelles
Certaines factions du Kuva-yi Milliye, en particulier la Kuva-yi Seyyare placée sous les ordres de Çerkes Ethem, rejetèrent l'injonction de dissolution de leurs unités militaires et se soulevèrent contre l'autorité du gouvernement ankariote. L'armée régulière de la Grande Assemblée nationale de Turquie triompha, en l'espace de la même campagne, tant des forces helléniques que des troupes insurgées, à la clôture de la guerre d'indépendance turque.
