Le kwagh-hir est un théâtre de marionnettes, qualifié de théâtre total par la description officielle de l'UNESCO. Art des marionnettes, mascarade, poésie, musique, danse et récits animés constituent ainsi le spectacle. Il découle de la tradition orale du kwagh-alom chez le peuple Tiv : des conteurs se produisent devant des paysans après leur journée de travail à la tombée de la nuit. Les mises en scènes de ces récits aboutissent progressivement à ce type de théâtre.
Dans la société Tiv, un village voulant créer une troupe de kwagh-hir engage un sculpteur qui réside sur place pendant plusieurs mois ou plusieurs années. En plus de percevoir de l'argent, il reçoit une maison neuve et un champ où travaillent des ouvriers agricoles. Le kwagh-hir se décline selon plusieurs types : les figurines d'akombo, mot désignant les ancêtres et leur culte, sont employées de façon religieuse. Dans les années 1960, un autre courant, lié à l'Indépendance, se fonde sur la satire sociale et une conscience politique. Quatre cent pièces de théâtre environ composent le répertoire[1].
Il existe plusieurs marionnettes récurrentes : Igedde, une marionnette représentant un homme atteint de l'éléphantiasis du scrotum dont la danse suscite le rire du public. Cette moquerie vise le groupe ethnique des Igede, en rivalité avec les Tiv pour des raisons territoriales. Le lutteur, Kunya, le babouin-devin, Abogon-Kya, une femme qui moud du grain, Ioravaa, un paradis terrestre, Swem Karagbe, sont des éléments récurrents. D'autres sont empreints d'une valeur satirique : Alosho (jeunes hommes travaillant pour des partis politiques, représentés comme des gens paresseux qui séduisent des femmes mariées), Ta Itiuogh Kwar Tar (jeunes hommes irresponsables et belliqueux), Anum Ior (deux soldats décapitant un voleur)[1].