L'Apprentissage de Duddy Kravitz (roman)
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(en) The Apprenticeship of Duddy Kravitz |
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A Choice of Enemies (en) |
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L'apprentissage de Duddy Kravitz est un roman de l'auteur canadien Mordecai Richler publié en 1959.
Le roman se déroule principalement à Montréal, durant les années 1940. La ville est vieille, sale, bondée et divisée en sections basées sur l'ethnicité et la religion. Il y a des quartiers pauvres, comme la rue Saint-Urbain, et il y a des quartiers riches, comme Westmount et Outremont. Des parties de l'histoire ont également lieu dans les montagnes des Laurentides, dans la station balnéaire de Sainte-Agathe et de ses environs.
Le roman raconte les aventures du jeune Duddy Kravitz, un pauvre garçon juif qui a grandi à Montréal, au Québec. Sa famille, ses amis, ses professeurs et ses amours contribuent à l'obsession naissante de Duddy pour le pouvoir et l'argent – qui se traduit par l'acquisition de terrains immobiliers. Pendant son enfance, Duddy apprend de son grand-père qu'« un homme sans terre n'est personne », et Duddy en vient à croire que la propriété foncière est le but ultime de la vie et que c'est le seul moyen pour un homme de devenir quelqu'un.
Duddy commence à avancer vers cet objectif en travaillant pour son oncle Benjy. Leur relation est tendue : Oncle Benjy, un fabricant de vêtements pour riches avec des sympathies socialistes, a toujours favorisé Lenny, le frère de Duddy, qui veut devenir médecin. Oncle Benjy voit d'un mauvais œil les ambitions commerciales de Duddy, les considérant vulgaires et vénales.
Ayant terminé ses études secondaires, Duddy trouve un emploi d'été comme serveur dans un hôtel à Sainte-Agathe. Il commence à sortir avec Yvette, une Québécoise qui travaille dans le même hôtel. Yvette lui fait connaître un endroit préservé et d'une beauté spectaculaire : le lac St-Pierre. L'esprit entrepreneur aidant, Duddy voit immédiatement que le lac a un potentiel énorme pour une future station balnéaire. Il ne lui reste qu'à trouver les financements afin d'acheter les terres.
Duddy abandonne son travail de serveur et retourne à Montréal. Par hasard, il rencontre monsieur Friar, un réalisateur britannique, alcoolique et banni de Hollywood pour ses sympathies communistes. Duddy convainc Friar de travailler pour lui. Il lance une entreprise de production de films d'anniversaires et de bar-mitsva. Non sans difficulté, Duddy réussit à vendre ses services aux riches Juifs de Montréal. Le problème est que les films de monsieur Friar sont trop artistiques pour être appréciés par la bourgeoisie montréalaise de l'époque. Alors que le réalisateur cherche à créer des œuvres avant-gardistes, les clients ne veulent que des enregistrements banals de leurs fêtes familiales. De plus, l'alcoolisme de M. Friar freine son travail.
Depuis l'enfance de Duddy, son père, Max, lui raconte des histoires sur Jerry Dingleman, surnommé le « Wonder Boy », qui est devenu riche rapidement, grâce aux jeux de hasard. Pour les habitants de la rue Saint-Urbain, le « Wonder Boy » est une légende vivante. Ayant besoin d'aide avec sa compagnie de films, Duddy rencontre Dingleman. Celui-ci l'invite à venir visiter New York avec lui, afin de « discuter du financement éventuel » de ses affaires. En réalité, il profite de la naïveté de Duddy en l'utilisant pour transporter un colis d'héroïne à travers la frontière américano-canadienne.
À New York, Duddy rencontre Virgile, un jeune Américain sympathique qui vend des machines de flipper. De retour à Montréal, Duddy loue un appartement et un bureau pour lui et pour Yvette et, comme la valeur des parcelles de terrain autour du lac Saint-Pierre augmente, son patrimoine grandit.
Après que Friar essaie en vain de séduire la belle Yvette, il abandonne tout à coup son travail avec Duddy. Il rebondit en lançant une entreprise de distribution de films et embauche Virgile comme projectionniste itinérant. Quelques mois plus tard, Virgile, qui est épileptique, fait une crise au volant et devient paralysé. Yvette, blâmant Duddy de l'accident, prend Virgile à Sainte-Agathe, où elle prend soin de lui pendant sa convalescence. Duddy se retrouve seul à gérer la projection des films sept jours par semaine tout en essayant de superviser la production de films au même moment. Pendant ce temps, Oncle Benjy apprend qu'il a une maladie mortelle. Il essaie de se réconcilier avec Duddy, mais celui-ci rejette la demande de son oncle et les deux ne se reverront plus avant son décès. La mort d'Oncle Benjy agit comme un déclencheur pour Duddy qui entre alors dans une dépression nerveuse et refuse de quitter sa chambre pendant une semaine. N'ayant aucune communication avec le monde extérieur, Duddy perd ses clients, et est donc obligé de déclarer faillite et de donner tous ses biens à l'État (sauf ses terres, qui étaient toutes au nom d'Yvette).
Après que Duddy se soit remis de sa dépression, il invite Yvette et Virgile dans le manoir de son oncle, qui lui a légué en héritage, à la condition que la maison ne soit ni louée ni vendue. Lorsque Duddy entend que le dernier terrain autour du lac Saint-Pierre est en vente, il tente de réunir l'argent nécessaire, mais ne peut finalement pas investir. Pressé par le temps et désespéré, surtout sachant Dingleman a exprimé son intérêt pour la propriété, Duddy falsifie un chèque de Virgile pour réunir l'argent manquant. Yvette le découvre et prévient le grand-père de Duddy. Ce vol pousse Yvette et Virgile à partir et ils interdisent à Duddy de les revoir.
La fin du roman est ambiguë: l'égoïsme et le matérialisme impitoyables de Duddy, qui remplacent son amour pour Yvette, sont évidemment des qualités négatives. Cependant, le de tout snobisme et son statut d'outsider suscitent plus de sympathie, et sa créativité comme son audace d'homme d'affaires sont admirables. Un Duddy plus vieux fait de brèves apparitions comiques dans des romans de Richler plus tard, le personnage se caractérise toujours par son désir de faire de l'argent.