En 1896, un groupe d’artistes, dénommé initialement Les Cinq (puis Société des Six), avec Alexandre Charpentier, Félix Albert Anthyme Aubert, Henry Nocq, Charles Plumet et François-Rupert Carabin se transforme en 1898 en un mouvement L’Art dans Tout, avec l'apport de Tony Selmersheim, Henri Sauvage, Étienne Moreau-Nélaton, Jules Desbois, Paul Follot et René Guilleré, pour ne citer que ceux-ci. Les cinq signataires de la préface de ce mouvement s'accordaient sur une démarche commune dont les principes découlaient du Dictionnaire de Viollet-le-Duc[1].
Ce mouvement remet en cause, comme Viollet-le-Duc, les hiérarchies entre arts majeurs et arts mineurs, et le cloisonnement entre la production artistique, la production artisanale et la production industrielle. Son activité s'inscrit dans un courant à long terme qui voit les arts décoratifs obtenir peu à peu leur légitimité (accès aux Salons, émergence d’un système marchand, droit à la signature, etc.) et le rôle social et hygiénique de l'habitat être mis en valeur[2]. Ce mouvement, qui artistiquement s'inscrit dans la tendance de l'Art nouveau, se signale par des tentatives de création d'un art domestique à un prix abordable[3],[4]. Un art accessible aux classes moyennes et au monde ouvrier, introduisant dans l'environnement quotidien une part de beauté, qui s'inscrit ainsi dans cet Art social réclamé par Roger Marx[2], déjà expérimenté par André Marty avec L'Artisan moderne (1895-1898) qui impliqua Charpentier et Nocq[5].
Charles Plumet présente ainsi en 1899 un projet de foyer moderne pour un ménage d'artisans en vue de sa réalisation à l'Exposition universelle de 1900. Ce projet n'est pas retenu. En revanche, alors que le mouvement de L’Art dans Tout se dissout en 1901, l'Exposition de l'habitation, tenue au Grand-Palais à Paris en 1903, expose des modèles de résidences à bon marché, dues notamment à Léon Benouville, Jules Lavirotte, Charles Plumet et Tony Selmersheim[3].