L'uomo femina

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Nbre d'actes 3
L'uomo femina
Genre Dramma giocoso
Nbre d'actes 3
Musique Baldassare Galuppi
Livret Pietro Chiari
Langue
originale
Italien
Durée (approx.) 120 minutes
Création
Teatro San Moisè de Venise Drapeau de l'Italie Italie

Personnages

Cretidea, Ramira, Cassandra, Roberto, Giannino, Gelsomino

L'uomo femina ou L'uomo femmina (L'Homme Femme en italien) est un dramma giocoso en trois actes du compositeur italien Baldassare Galuppi sur un livret de Pietro Chiari d'après le mythe des Amazones[1]. L'œuvre a été représentée pour la première fois en public en au Teatro San Moisè de Venise.

Baldassare Galuppi avait déjà composé un opéra sur le même thème en 1750, sur un livret de Carlo Goldoni : Il mondo alla rovescia o sia le donne che comandano (Le Monde à l'envers ou les Femmes qui commandent). Douze ans plus tard, c'est le rival de Goldoni, Pietro Chiari, qui reprend l'argument d'un monde dirigé par les femmes[2].

L'œuvre est créée en au Teatro San Moisè de Venise, puis reprise en 1768 au Teatro della Cava de Pavie[1].

« La partition […] fait partie de ces œuvres conservées dans des endroits bien repérés et découvertes par hasard. Elle a très certainement quitté Venise au moment des guerres napoléoniennes pour voyager en Europe et se retrouver au Portugal[3]. » La partition était considérée comme perdue jusqu'à ce qu'elle soit retrouvée en 2006, à la bibliothèque du Palais national d'Ajuda à Lisbonne, en parfait état de conservation, à l’exception de trois airs manquants[4].

Intrigue

Sur une île inconnue, les femmes ont le pouvoir et les hommes sont à leur service. Un jour, deux chasseresses voient un navire couler. Deux naufragés, Roberto et son valet Giannino de Bergame, s'échouent sur la côte. Ramira et Cassandra leur viennent en aide. Au palais de Cretidea, un homme de l'île, Gelsomino, se plaint de sa coiffure ratée qui l'empêchera de plaire à la princesse dont il est le favori. La princesse Cretidea rappelle que sur l'île, les femmes représentent la force et les hommes la faiblesse. Ramira et Cassandra viennent déclarer leur prise à Cretidea, qui revendique la possession de tout homme rejeté par la mer. Cretidea décide de garder Roberto, que Cassandra s'était choisi. Roberto raconte à Cretidea comment les hommes et les femmes se comportent dans son monde, que la princesse trouve barbare. Cretidea accuse Cassandra de crime de lèse-majesté et la condamne à mort ainsi que Roberto qui la défendait. Tandis que Gelsomino enrage d'être délaissé par Cretidea au profit de Roberto, Cretidea se repent et finit par accepter de rendre Roberto à Cassandra. Mais Roberto a appris que Cassandra est arrivée elle aussi lors d'un naufrage, avec des lettres qui prouvent qu'elle est en fait sa sœur perdue. Finalement, Cretidea et Roberto se déclarent leur amour. Roberto pourra régner et rétablir la domination masculine.

Distribution

  • Cretidea, la princesse qui règne sur l'île
  • Ramira, ministre et confidente de Cretidea
  • Cassandra, dame de cour de Cretidea
  • Roberto, naufragé
  • Giannino, valet de Roberto
  • Gelsomino, habitant de l'île

Analyse

« Le prétexte d’une île – utopie ou dystopie, c’est une question de point de vue – où les rapports entre les sexes sont inversés par rapport à ce qu’ils sont en Occident, voilà un excellent moyen de démontrer par l’absurde que nos concepts de « masculin » et de « féminin » n’ont rien d’immanent mais sont largement des constructions sociales : dans le livret de Pietro Chiari, « masculin » renvoie à la frivolité et à la faiblesse, tandis que « féminin » recouvre à peu près tout ce que signifie « viril » dans nos sociétés[5] ».

« Comme dans tous les opere buffe de l’époque, les airs sont généralement courts, simples, souvent strophiques. En tous cas, l’aria da capo a presque totalement disparu. Une autre caractéristique de L’uomo femina est la présence de concertati développés dans les trois finales d’acte. Mais la particularité la plus marquante de cet opéra est la présence de nombreux airs écrits dans le mode mineur[6]. »

« l’opéra se termine sur cette sage sentence : « Que cesse l’usage dépravé de changer les hommes en femmes ! » La musique nous livre par contre une tout autre chanson dans la scène finale du troisième acte, partie la plus dramatique de l’opéra ; entièrement dans le mode mineur, cette conclusion va complètement à rebours de la lieto fine conventionnelle et annonce, mieux que tout discours, les combats féministes à venir[6]. »

« C’est un schéma obligé à l’opéra, indique Vincent Dumestre. Tout revient à la norme. Après cette scène, Galuppi écrit un chœur final somptueux et le librettiste prend la parole pour dire : celui qui a du flair et de l’entendement aura compris ce que l’auteur a voulu dire. C’est une bouteille jetée à la mer pour l’histoire[3]. »

Représentations

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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