L'Éléphant (1718)
bateau
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L’Éléphant était une flûte militaire de la Marine royale française, construite et lancée par le charpentier Hélie à Brest[2] en 1717-1718[1]. Elle faisait partie de ce petit nombre de bâtiments lancés dans les vingt-cinq premières années du règne de Louis XV, période de paix marquée par de faibles crédits pour la Marine[3]. Elle fut essentiellement utilisée pour assurer les liaisons avec le Canada français et se perdit par naufrage dans le Saint-Laurent en 1729.
| L’Éléphant | |
Dessin et description d’une flûte militaire française du XVIIIe siècle. | |
| Type | Flûte militaire |
|---|---|
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Quille posée | [1] |
| Lancement | [1] |
| Armé | [1] |
| Statut | Échoué le 1er septembre 1729 |
| Équipage | |
| Équipage | 100 hommes[2], 5 officiers[1] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 40,6 m[1] |
| Maître-bau | 9,41 m |
| Tirant d'eau | 4,54 m[1] |
| Port en lourd | 600 tonneaux[2] |
| Propulsion | Trois-mâts carré |
| Vitesse | 6 nœuds (maximum)[2] |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 30 à 48 canons[2]. |
| modifier |
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Caractéristiques générales
L’Éléphant était un bâtiment de charge destiné au transport des personnels et du matériel. En 1718, à son entrée en service, il faisait partie des cinq flûtes que la Marine royale pouvait aligner en service[4]. Bien que non destiné au combat, il était équipé, comme navire militaire, d’une artillerie qui était de 30 pièces en temps de paix et de 48 pièces en temps de guerre[2]. L’armement en guerre se répartissait de la façon suivante :
- le premier pont, percé à 10 sabords portait vingt pièces de 8 livres ;
- le second, percé à 11 sabords portait vingt-deux pièces de 6 livres ;
- les gaillards portaient six pièces de 4 livres[2].
Cet armement était donc composé de pièces de petit calibre, ce qui était normal car il n’avait pour mission que de pouvoir se défendre en cas d’agression, pas de participer à des combats d’escadre en ligne de file (les vaisseaux d’une quarantaine de canons emportaient pour cela des pièces de 12, voire de 18 livres). L’Éléphant n’ayant servi qu’en temps de paix, on peut donc supposer qu’il ne fut jamais armé à plus de 30 canons.
L’Éléphant présentait la particularité d’avoir un quasi frère jumeau, le Chameau, construit à Brest en même temps que lui sur les mêmes côtes, mais sous le contrôle d’une autre charpentier (Hubac)[2]. Un rapport de 1718[2] et un autre de 1729[5] disaient de l’Éléphant qu’il « navigue et gouverne bien ». Sa vitesse pouvait monter à 6 nœuds[2], ce qui était assez élevé pour un navire de charge[6]. C’était donc un bâtiment plutôt réussi.
Historique (1718 - 1729)

A son entrée en service, l’Éléphant était enregistré sur le département de Brest[2]. L’année suivante, il passa sur celui de Rochefort[7], port d’attache qu’il garda jusqu’à la fin de sa carrière[5]. Dans les faits, c’est cependant du port voisin de La Rochelle et de l’île d'Aix qu’il appareilla pour ses missions vers l’Amérique. En 1718, lors de son premier voyage, il embarquait des marchandises pour les magasins de Québec, des munitions et une centaine de soldats[8]. La mission avorta cependant à cause du mauvais temps et il dut faire demi-tour[8]. En 1722, l’Éléphant prit la route de la Louisiane[9]. Il transportait des colons pour le compte de la Compagnie d’Occident. Il abordât au Biloxi[9].
En 1726, il fut désigné pour prendre la relève du Chameau qui avait fait naufrage près de Louisbourg[10]. De cette date à 1729, il effectua un aller-retour par an, soit quatre voyages, emportant à chaque fois du matériel, des passagers civils ou militaires[11]. Lors sa dernière croisière il avait à bord d’importantes personnalités comme Mgr Pierre-Herman Dosquet, quatrième évêque de Québec et l’Intendant Gilles Hocquart[12]. Partit de La Rochelle le , il s’échoua dans la nuit du 1er septembre sur les récifs de l'Isle-aux-Grues, près du cap Tourmente, dans le fleuve Saint-Laurent.
L’Éléphant ne sombra pas immédiatement, ce qui permit d’organiser des secours pour évacuer marins et passagers. Le capitaine de port de Québec, Richard Testu de La Richardière, effectua trois voyages de sauvetage pour récupérer les canons, les munitions et le matériel embarqué[10]. L’opération se poursuivit jusqu’en octobre[13]. Son succès valut à Testu de La Richardière une recommandation pour recevoir une gratification supplémentaire[10]. Le vaisseau de ligne le Héros, arrivé l’année suivante, participa aussi au sauvetage des « marchandises, bois, chanvres et autres effets » tirés de l’épave[14]. Parmi les membres d’équipage secourus se trouvait le jeune Michel-Ange Duquesne de Menneville (29 ans), futur gouverneur de la Nouvelle-France (en 1752)[15].
Un conseil de guerre, réuni à Rochefort, conclut le à l’accident et « absout » le commandant Rigaud de Vaudreuil de toute faute liée à l’exercice de son commandement[12]. Le pilote, cependant, fut condamné à quatre mois de prison en raison de « son peu de précaution et de sa trop grande confiance en son savoir dans sa navigation »[16]. L’Éléphant fut relevé en 1740 par une autre flûte construite en Hollande[17].
Capitaines
La liste des capitaines de l’Éléphant, de 1726 à 1729 :
- 1726 : Comte Anne-Henri Des Gouttes pour le Roi de France
- 1727 : Richard Testu de La Richardière pour le Roi de France
- 1728 : Comte Anne-Henri Des Gouttes pour le Roi de France
- 1729 : Comte Louis-Philippe de Vaudreuil pour le Roi de France