Histoire de la Nouvelle-France

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L'histoire de la Nouvelle-France s'échelonne sur une période allant de l'exploration française du continent américain jusqu'à la cession définitive du Canada au Royaume de Grande-Bretagne en 1763. Terre amérindienne lors des voyages de Cartier, la Nouvelle-France fut progressivement occupée par la France de l'Ancien Régime de 1604 à 1629 et de 1632 à 1760. À la suite de la défaite des armées françaises face aux armées britanniques en 1760, elle est sous domination britannique de 1760 à 1763, en attendant le résultat de la Guerre de Sept Ans en Europe. Par suite de sa défaite dans la Guerre de Sept Ans, la France cède la Louisiane à l'Espagne, en même temps qu'elle abandonne la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.

À partir du début du XVIe siècle, la France, comme d'autres pays européens, commence à installer des colonies sur les côtes africaines, asiatiques et américaines[1]. Le début de l'empire colonial français en Amérique, la Nouvelle-France, correspond au et la prise de possession par Jacques Cartier pour François Ier du territoire de Gaspésie[1]. À cette occasion il a un premier contact avec les Micmacs[2]. Charlesbourg-Royal, le premier véritrable établissement français, est fondé en 1541[1].

Le premier hiver est désastreux. Le scorbut frappe, et beaucoup de membres de l'équipage en meurent avant que Cartier ne réalise que les Iroquois ont un remède ; ne pouvant se permettre de leur montrer le moindre signe de faiblesse, il ruse[3]pour avoir la recette : une tisane à base d'écorce de cèdre blanc, riche en vitamine C[2]. Lorsque le printemps revient, Cartier s'empresse de repartir pour la France en emportant ce qu'il pense être de l'or et des diamants, et qui se révèlent, à son arrivée, être de la pyrite de fer et des cristaux quartz[2].

Des premières fondations à une province française

Poste de traite fondé par Chauvin de Tonnetuit

De 1562 à 1567 la colonisation de la Floride fut tentée par Coligny qui était encouragé par le roi de France Charles IX. Par contre, faute d'une défense suffisante devant les Espagnols, la colonie se vit passer entre les mains de ces derniers. Au plus fort de son histoire, peu avant sa disparition, la Nouvelle-France de Floride comptait 1 100 hommes[4].

Le , Henri IV nomme Troilus de La Roche de Mesgouez lieutenant général de la Nouvelle-France et lui accorde le monopole du commerce des fourrures[1]. En 1600, un comptoir de traite est construit par Chauvin de Tonnetuit à Tadoussac dans l'estuaire du Saint-Laurent ; il reste pendant trente ans le seul port français en Amérique du Nord[1]. En 1605, Samuel de Champlain fonde Port-Royal, donnant ainsi naissance à l'Acadie ; il fonde ensuite Québec en 1608[1]. En 1642, en suivant une idée de Samuel de Champlain, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonde Montréal[1].

Arrivée des filles du Roy à Québec, reçues par Jean Talon et Mgr Laval, vue par Eleanor Fortescue-Brickdale (1872-1945).

Comme la grande majorité des premiers colons français sont des hommes, le pouvoir décide de deux axes pour créer des familles et ainsi inscrire la colonisation dans la durée : d'une part, l'intégration de femmes des Premières Nations au sein des communautés françaises et, d'autre part, l'arrivée de filles du Roy (jeunes femmes émigrées en Nouvelle-France sous la tutelle du roi Louis XIV ) depuis la France[5]. Les mariages mixtes sont interdits par Louis XV en 1735, sans que cette interdiction ne soit véritablement suivie[5].

Le processus de colonisation du territoire par des français est complexe : près d'un tiers des colons meurent pendant la traversée de l'océan Atlantique[6], beaucoup ne supportent pas le climat rigoureux, de nombreuses guerres éclatent avec les Iroquois (bataille du lac Champlain en 1609, guerres de 1641, massacre de Lachine en 1689) et les Britanniques tentent aussi de s'emparer du territoire[1].

En 1663, Louis XIV change le statut de la Nouvelle-France, qui devient une province française et passe ainsi directement sous le contrôle royal, avec gouverneur, intendant et conseil souverain[1].

Signatures sur le traité de la grande paix de Montréal

En 1701 est signé la grande paix de Montréal entre la France, l'Onontagas, les Sénécas, les Onneiouts, les Cayugas, les Amikwas (en), les Nehiyawak, la Sauk et Fox, les Tionontates, la Confédération des Illinois, les Kickapous, les Mascoutins, les Menominees, les Miamis, les Mississaugas, la Première Nation de Nipissing, les Outaouais, les Ojibwés, les Potéouatamis, la Première Nation de Timiskaming, les Winnebagos, les Algonquins, les Abénaquis et les Iroquois[7].

La colonisation de la Louisiane (1672-1763)

La Louisiane ou Louisiane française a été un territoire de la Nouvelle-France, espace contrôlé par les Français en Amérique du Nord, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle est baptisée en l'honneur du roi Louis XIV par l'explorateur Cavelier de La Salle (1643-1687). Immense espace allant des Grands Lacs au golfe du Mexique, elle est divisée en deux secteurs appelés « Haute-Louisiane » au nord de la rivière Arkansas (appelé parfois le « Pays des Illinois ») et « Basse-Louisiane » au sud. Le fleuve Mississippi constitue l'épine dorsale de la colonie.

Aujourd'hui, l'État américain de la Louisiane ne représente qu'une infime partie de ce qu'était la Louisiane au XVIIIe siècle. Globalement, la Louisiane a peu été mise en valeur par manque de moyens humains et financiers. La monarchie française a noué néanmoins de solides alliances avec divers peuples autochtones.

À la suite de la coûteuse guerre de Sept Ans, la partie occidentale (rive droite du Mississippi) est cédée à l'allié espagnol par le traité de Fontainebleau, tandis que la partie orientale de la Louisiane (rive gauche du Mississippi), qui va prendre rapidement le nom de « Territoires indiens », est cédée en 1763 à l'Angleterre par le traité de Paris. La France récupère un temps sa souveraineté sur la portion espagnole de la Louisiane en 1800 (traité de San Idelfonso), mais le Premier consul Napoléon Bonaparte s'en sépare définitivement en 1803, par le traité de Washington, au profit des États-Unis.

Guerres avec le Royaume-Uni (1689-1763)

Un atelier durant les guerres intercoloniales.

En Amérique du Nord, quatre grandes guerres intercoloniales ont opposé la France à l'Angleterre puis à la Grande-Bretagne entre 1689 et 1763. Ces quatre conflits se sont déroulés en Amérique comme conséquences de guerres européennes. Bien que certaines de ces guerres impliquent aussi l'Espagne et les Pays-Bas, dans chaque guerre il y a d'un côté la France, son empire de la Nouvelle-France et ses alliés autochtones contre l'Angleterre, ses Treize Colonies et ses propres alliés amérindiens[8].

À l'issu de la dernière et quatrième guerre intercoloniale est signé le traité de Paris où la Nouvelle-France est cédée à l'empire britannique tandis que la Louisiane passe sous domination espagnole[9],[10].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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