L'Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine

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L'Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine[1] est un recueil de nouvelles de l'écrivain maroco-néerlandais Fouad Laroui. Publié en 2012 aux éditions Julliard, il a remporté le Prix Goncourt de la nouvelle en 2013. Le recueil compte 180 pages[2],[3],[4],[5]

La nouvelle éponyme relate sur un mode satirique la mésaventure d'un jeune haut fonctionnaire marocain, Dassoukine, dépêché à Bruxelles pour négocier l'importation de blé dont le Maroc a besoin, Or, durant son séjour, le vol de son unique pantalon le plonge dans un profond embarras. Comment dénicher un vêtement pour une réunion cruciale un dimanche, où tous les commerces sont fermés? Ce larcin contraint le fonctionnaire à comparaître devant la Commission européenne vêtu de vêtements disparates et négligés. il parvient, contre toute attente, à réussir sa mission et à obtenir le blé à titre gracieux[6],[7],[8].

Résumé de la deuxième nouvelle

La deuxième nouvelle met en scène un ingénieur marocain établi aux Pays-Bas, jadis animé par l'idéal de changer le monde.Il est saisi par une crise existentielle et un profond sentiment d'incertitude quant au sens de sa vie lorsqu'il découvre qu'il a besoin d'un dictionnaire pour acheter une simple raclette. Toutefois, le récit s'achève sur une note de résilience, il décida finalement de ne pas céder au découragement. Et c'est le souvenir de la tendresse de son épouse néerlandaise, qu'il chérit par-dessus tout, qui lui redonne la force de relever le défi

Résumé de la troisième nouvelle

La troisième nouvelle, non moins cocasse. met en scène un jeune Marocain résidant à Paris qui subit un véritable choc identitaire lors du renouvellement de son passeport. Il découvre qu'il n'est pas né à Rabat comme il l'a toujours cru, mais dans un village inconnu, aujourd'hui rayé de la carte. L'aspect burlesque de cette histoire réside dans le fait que cela ne découlait pas d'une erreur des autorités marocaines lors de son enregistrement dans le registre d'état civil. Il s'agissait en réalité d'une ruse de son grand-père, qui était candidat aux élections. Ce dernier faisait enregistrer ses petits-enfants dans ce village pour qu'ils y aient le droit de vote et ainsi s'assurer de leurs suffrages une fois l'âge de la majorité atteint.. Le comble de l'absurde est atteint lorsque le jeune homme apprend par son oncle que sa date de naissance est également fictive, le confrontant ainsi à une inexistence administrative, voire ontologique[9].

Personnages du recueil

  • Dasoukine : un fonctionnaire marocain envoyé à Bruxelles en mission officielle
  • L’ingénieur marocain aux Pays-Bas : Figure de la crise existentielle et de l'aliénation, il incarne le tiraillement de l'immigré entre rêve et réalité prosaïque, entre langue et appartenance identitaire.
  • Le jeune Marocain à Paris : Personnage confronté à la fausseté de son état civil, soulevant des questionnements philosophiques sur l'identité et l'existence, dans un récit mêlant humour et absurde existentiel.
  • Le directeur d'école d'El Jadida : Inventeur du concept de «natation à sec» en réponse à une circulaire ministérielle imposant l'intégration de la natation aux examens du baccalauréat, malgré l'absence de piscine dans la ville.
  • Le journaliste à Khouribga : il découvre que toutes les trajectoires convergent vers le barbier local, offrant une critique satirique des hiérarchies sociales et du pouvoir symbolique.

Analyse stylistique

Ce recueil de nouvelles de Fouad Laroui se distingue par un registre satirique alliant humour et profondeur critique. L'auteur manie une langue française fluide, ponctuée de paradoxes existentiels et de situations absurdes qui révèlent les contradictions du réel, qu'il soit marocain ou plus largement mondial. Fouad Laroui recourt aux techniques de narration autodiégétique et de polyphonie, conférant à ses personnages une véritable autorité énonciative et leur permettant de s'exprimer dans leurs registres propres, ce qui ancre les textes dans une esthétique de l'oralité et de l'intimité. Le style est également traversé par un usage symbolique subtil, où les situations quotidiennes se transforment en méditations philosophiques sur l'identité, l'intégration et la bureaucratie. Le recueil met en lumière la capacité de l'auteur à conjuguer le comique et le sérieux, ce qui en fait un exemple de littérature postcoloniale qui réinterroge les récits officiels à travers l'humour et l'imagination critique[7],[10],[11].

Réception critique

Articles connexes

Références

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