La Clémence des Dieux
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| La Clémence des Dieux | ||||||||
| Auteur | James S. A. Corey | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Science-fiction, space opera | |||||||
| Version originale | ||||||||
| Langue | Anglais américain | |||||||
| Titre | The Mercy of Gods | |||||||
| Éditeur | Orbit | |||||||
| Date de parution | 6 août 2024 | |||||||
| Nombre de pages | 432 | |||||||
| ISBN | 978-0-316-52557-2 | |||||||
| Version française | ||||||||
| Traducteur | Yannis Urano | |||||||
| Éditeur | Actes Sud | |||||||
| Collection | Exofictions | |||||||
| Date de parution | Mai 2025 | |||||||
| Type de média | Livre papier | |||||||
| Couverture | Daniel Dociu | |||||||
| Nombre de pages | 416 | |||||||
| ISBN | 978-2-330-20640-6 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | La Guerre des captifs | |||||||
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La Clémence des Dieux (titre original : The Mercy of Gods) est un roman de science-fiction paru en 2024, écrit par les auteurs américains Daniel Abraham et Ty Franck sous le pseudonyme de James S. A. Corey. Le premier tome de la trilogie La Guerre des captifs se déroule dans un lointain futur où une planète habitée par les humains a été conquise par une race extraterrestre appelée les Carryx. L'histoire suit Dafyd Alkhor, un assistant de recherche et ses compagnons captifs qui luttent pour survivre sous le joug extraterrestre tout en préservant leur humanité. La Clémence des Dieux a été saluée pour la richesse de son univers, la profondeur de ses personnages et son exploration de thèmes tels que la résistance et l'individualité face aux régimes autoritaires.
Le roman se déroule sur la planète Anjiin où les humains cohabitent avec un écosystème indigène aux fondements biochimiques différents. On pense que les humains sont arrivés sur Anjiin il y a des milliers d'années bien que leurs origines exactes restent un mystère. Dafyd Alkhor est assistant de recherche au sein du célèbre groupe de Tonner Freis, qui comprend également Else Yannin, Jessyn Kaul, Campar, Rickar Daumatin et Irinna. Le groupe de Freis s'est hissé au sommet en réussissant à « réconcilier » les deux « arbres de vie » biochimiques distincts d'Anjiin : en comprenant et en modifiant leurs métabolismes, ils peuvent ainsi établir une relation écologique.
Anjiin est soudainement envahie par une espèce extraterrestre à la technologie supérieure dénommée les Carryx se faisant accompagnés des espèces asservies. Après avoir arbitrairement décimé un huitième de la population, les Carryx enlèvent une grande partie de l'élite sociale et scientifique de la planète incluant le groupe de Dafyd. Les captifs sont emmenés à bord de vaisseaux Carryx et transportés dans une immense cité-monde. Dans l'une de ses ziggourats, ils sont affectés à un projet de recherche par leur superviseur Carryx, un gardien-documentaliste, qui leur rappelle que la survie de l'humanité dépend de leur utilité pour les Carryx. Leur tâche consiste à rendre un organisme extraterrestre (appelé « baies ») nutritionnellement compatible avec un autre (appelé « fausse-tortues »).
Alors que le groupe peine à s'adapter à la captivité, il doit faire face à de nombreux défis. Il doit se défendre contre les attaques d'une autre espèce captive, les Buveurs Nocturnes. Jessyn lutte contre ses problèmes de santé mentale sans ses médicaments. Les relations au sein du groupe se tendent, notamment entre Tonner, Else et Dafyd. Parallèlement un mouvement de résistance se forme parmi les humains mené par Urrys Ostencour. Celui-ci qui projette de créer des armes biologiques à utiliser contre les Carryx. Certains membres du groupe de Tonner, comme Synnia, rejoignent la résistance.
Dafyd apprend d'Else qu'elle est l'hôte d'une entité appelée l'Essaim qui est un espion envoyé par les ennemis des Carryx dans une guerre interstellaire qui fait rage depuis des siècles. Else convainc Dafyd de trahir la résistance afin de préserver leurs chances de survie à long terme. Déchiré entre sa loyauté envers ses semblables et la peur des conséquences, Dafyd décide finalement d'informer le gardien-documentaliste de la communauté humaine du complot. Cela déclenche une violente purge qui entraîne la mort de nombreux humains dont Synnia et Else, qui meurt après que l'Essaim a quitté son corps. Les Carryx exécutent le gardien-documentaliste de la communauté humaine pour avoir été « sauvée par un animal ». Suite à ce massacre, un nouveau le gardien-documentaliste Carryx, Ekur-Tkalal, est nommé. Il informe les survivants qu'ils se sont révélés utiles aux Carryx et qu'ils se verront confier de nouvelles fonctions. Dafyd devient le seul intermédiaire entre les humains et les Carryx. Le groupe risque d'être séparé, mais Dafyd jure de trouver un moyen de vaincre les Carryx. Désormais dans le corps de Jellit, l'Essaim réfléchit à sa mission qui est de transmettre des renseignements aux ennemis des Carryx mais se trouve tiraillé par ses sentiments grandissants et son attachement à Dafyd.
Espèces protagonistes
- Humains : Les protagonistes principaux originaires de la Terre mais vivant sur Anjiin depuis des milliers d'années avant l'invasion Carryx.
- Carryx : Les extraterrestres conquérants, une espèce hiérarchisée et très avancée, à la tête d'un vaste empire interstellaire bâti sur l'asservissement de nombreux mondes et espèces. Physiquement ils possèdent deux épaisses pattes avant, quatre pattes abdominales et deux bras fins près du visage, leur apparence variant selon le statut social. Les Carryx rejettent la paix, considèrent la compétition et l'asservissement constants comme les moteurs du progrès. Ils ont exploité les capacités uniques des espèces conquises pour bâtir leur empire.
- Espèces subordonnées à Carryx :
- Les Rak-hunds : Créatures ressemblant à des mille-pattes, dotées de pattes en forme de couteau. Ils sont utilisés par les Carryx comme soldats.
- Les Soft-lotharks : Extraterrestres trapus aux membres allongés servant de soldats et de gardes pour les Carryx.
- Les Phylarchs : Créatures de grande taille semblables à des chevaux et dotées d’un exosquelette couleur os. Ils servent d’architectes et de bâtisseurs aux Carryx. L'espèce régnait jadis sur de nombreux mondes avant d’être conquises.
- Les Temperantiae : Créatures dont les « cris de naissance » ont été exploités par les Carryx pour conquérir l'espace asymétrique qui est une forme de voyage supraluminique.
- Les Dragons du Vide : Entités qui mangent « l'écume » à la périphérie des trous noirs et utilisées par les Carryx pour créer des réseaux de communication.
- Les Sinen : Décrits comme des hybrides chèvre-calmar, ils remplissent diverses fonctions pour le Carryx.
- Les Buveurs-noctures : Une espèce de petite taille ressemblant à des singes terrestres à plumage plumeux. C'est une espèce très agressive notamment envers la communauté humaine contre laquelle ils mènent plusieurs attaques dont une à la bombe.
- Espèces étudiées par Carryx :
- Les Fausses-tortues : Une espèce extraterrestre que l'équipe de recherche Freis a été chargée, par les Carryx, d'étudier et de modifier de sorte que la relation écologique des Fausses-tortues avec une autre espèce extraterrestre soit modifiée — conformément à la spécialité de recherche du groupe Freis — plus précisément, que la nutrition des Non-Tortues puisse être fournie par une autre espèce extraterrestre.
- Les Baies : Un organisme désigné par les Carryx comme l'espèce à étudier et devant être modifier pour répondre aux besoins nutritionnels des Fausses-tortues. On découvre quelques heures avant l'attentat à la bombe des Buveurs-nocturnes que les Baies constituent un ensemble complexe d'espèces et non une seule.
- L'Essaim : Une entité microscopique représentant et espion de l'ennemis des Carryx. L'essaim occupe et contrôle, avec des conséquences fatales, des hôtes humains captifs des Carryx. Cette occupation d'hôtes permet à l'Essaim d'espionner les Carryx.
Les humains
- Tonner Freis : Le brillant mais imparfait chef de l'équipe de recherche. En captivité, Freis peine à maintenir son autorité et à définir un objectif précis. Ses relations conflictuelles avec Carryx et son obsession pour ses recherches l'aveuglent face aux dangers et aux enjeux plus importants.
- Dafyd Alkhor : Assistant de recherche au sein du groupe de Freis, il appartient à la catégorie la plus basse des personnages humains impliqués dans la recherche. Seul son lien avec l'organisme financeur le distingue, ce qui, de prime abord, le marginalise. Son intelligence particulière, « d'un genre particulier », s'avère cruciale pour la survie du groupe en captivité et lui vaut finalement d'être nommé seul interlocuteur humain auprès des Carryx (tout en jurant secrètement de les anéantir).
- Else Annalise Yannin : Chercheuse principale et amante de Tonner au début du roman, elle est simultanément attirée par Alkhor et éloignée de Freis en raison de leurs forces et faiblesses respectives. On découvre plus tard qu'elle est celle qui, au sein du groupe, a transféré une entité extraterrestre, un « essaim », en conflit avec les Carryx et les espionnant ainsi. Ces trois relations d'Else sont essentielles au développement de l'intrigue et déterminent son destin.
- Jessyn Kaul : Chercheuse aux prises avec des troubles mentaux, elle devient plus affirmée et violente après avoir mené la contre-attaque contre les Night Drinkers. Ses retrouvailles avec son frère jumeau Jellit la bouleversent profondément.
- Jellit : le frère de Jessyn, membre d'un autre groupe de recherche. Il s'engage dans le mouvement de résistance.
- Campar : Membre du groupe de recherche de Tonner, connu pour son humour et ses efforts pour maintenir le moral des troupes.
- Synnia : Une chercheuse plus âgée qui s'engage dans la résistance après avoir perdu son mari Nöl.
- Rickar Daumatin : Un chercheur initialement exilé du groupe, puis réintégré.
- Irinna : Une jeune chercheuse tuée lors de l'attaque des Buveurs-nocturnes.
- Urrys Ostencour : Chef du mouvement de résistance humaine.
Les Carryx
- Tkson-Malkal : le gardien-documentaliste Carryx de la communauté humaine. Il fut exécuté et remplacé par la suite.
- Ekur-Tkalal : Le nouveau gardien-documentaliste Carryx nommé à la fin de ce premier roman.
Contexte
Après la parution de leur série de neuf romans, The Expanse, La Clémence des Dieux marque un tournant dans la carrière des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck. L'idée de ce roman est née de l'inspiration puisée dans le Livre de Daniel par Ty Franck, intrigué par l'histoire de Daniel enlevé d'une « petite région agricole » par une « gigantesque force militaire ». Dans les années 2010[1] Ty Franck a proposé à Daniel Abraham d'en faire une nouvelle interprétation de science-fiction. Daniel Abraham a été séduit par l'idée, la considérant comme « le Livre de Daniel comme la version biblique de 1984 d'Orwell », explorant le thème de la préservation de l'identité individuelle au sein d'un empire autoritaire[2].
Pour construire la conscience extraterrestre des Carryx, les auteurs se sont inspirés de sources biologiques, notamment des structures sociales des termites et des rats-taupes nus. Cette approche leur a permis de créer une espèce extraterrestre dont les membres sont à la fois des individus très intelligents et font partie d'un super-organisme. Au lieu de matériaux les Carryx collectent à travers la galaxie une ressource rare : l'intelligence pour constituer une bibliothèque de talents et d'idées uniques des espèces conquises[3],[4]. Les auteurs ont décrit « La Clémence des Dieux » comme « l'enfant illégitime décevant de Frank Herbert et d'Ursula K. Le Guin »[5]. La série « puise également ses racines chez Viktor Frankl et Hannah Arendt »[4]. Contrairement à leur œuvre précédente, The Expanse, centrée sur l'humain et se déroulant dans un futur proche, cette nouvelle série introduit une multitude d'espèces extraterrestres différentes chacune faisant l'objet d'un « test de plausibilité » basé sur les connaissances de Daniel Abraham en biologie[2]. Les auteurs désignent l’évolution convergente comme un principe scientifique sous-jacent appliqué à la fois dans le contexte biologique et dans la psychologie des techniques de survie[4].
Bien que les auteurs aient cherché à éviter les parallèles directs avec des événements réels, ils ont reconnu la difficulté d'écrire sur des personnes réduites en esclavage sans tenir compte des contextes historiques et notamment de l'expérience américaine de l'esclavage. À travers cette nouvelle série, Daniel Abraham et Ty Franck souhaitent explorer les thèmes de la résistance et de l'individualité, en privilégiant les formes non violentes de survie et de résistance plutôt que les notions idéalisées de rébellion. Le roman offre un espace d'analyse de la résilience humaine face à l'adversité et montre comment l'individualité peut persister et s'affirmer même dans des contextes totalitaires ou autoritaires[2].
Style
Le roman est narré à la troisième personne[1] tout alternant les points de vue de Dafyd, Jessyn, et d'autres personnages humains, mais aussi l'Essaim et d'Ekur-Tkalal le gardien-documentaliste Carryx de la communauté humaine[6],[3],[2]. Chacune des six parties du livre s'ouvre sur une épigraphe contenant un extrait de la « déclaration finale » d'un gardien-documentaliste, Ekur-Tkalal, servant de narrateur. Cette épigraphe révèle la chute de l'empire Carryx et laisse entrevoir le rôle clé de Dafyd dans cet événement[7],[6],[5] Grâce à ces prolepses les auteurs contrebalancent le caractère sombre du récit par une lueur d'espoir créant ainsi un mystère quant à la manière dont le personnage parviendra à accomplir l'impossible[8].
Accueil
Le roman La Clémence des Dieux reçoit des critiques positives. Publishers Weekly le qualifie de lancement « magistral » pour une série félicitant ainsi les auteurs pour la création d'un « monde nouveau et fascinant » et décrivant le livre comme un « feuilleton spatial de premier ordre ». Le magazine a particulièrement souligné l'équilibre entre les « événements cataclysmiques » et les « portraits nuancés et émouvants des personnages pris dans la tourmente[9] ». Andrea Dyba, dans Library Journal, qualifie le roman de « feuilleton spatial impressionnant », une « épopée de science-fiction intelligente et novatrice à l'ambition infinie », au « suspense haletant » louant la représentation des espèces extraterrestres qu'elle juge « originale » et « absolument glaçante ». Andrea Dyba note que la force du livre réside dans sa capacité à équilibrer les événements d'envergure avec les « petits moments de vulnérabilité et de courage humains[10] ».
Zach Kram, du site The Ringer, observe que La Clémence des Dieux adopte une structure narrative plus resserrée que la précédente série de Corey The Expanse. Il note que si même le roman « souffre d'un manque d'intrigues politiques », la construction de son univers lui confère une dimension gigantesque et insondable[8]. Kirkus Reviews qualifie le roman d'« époustouflant » et le salue comme « le début de ce qui pourrait être la série la plus épique – et divertissante – de Corey à ce jour », soulignant le développement exceptionnel des personnages, le rythme effréné, l'ampleur du récit et la construction extraordinaire de l'univers[11]. Katie Fraser, de The Bookseller, décrit le roman comme « non seulement une introduction magistrale à un nouveau monde galactique qui séduira les fans de Corey et de The Expanse, mais aussi une représentation opportune de la résilience humaine dans les heures les plus sombres[2]. Le magazine AudioFile décerne à La Clémence des Dieux le prix Earphones et l'a nommé parmi les meilleurs livres audio de 2024[3] ».