La Comtesse de Salisbury

roman historique d'Alexandre Dumas, publié sous forme de roman-feuilleton en 1836, puis en volume en 1839 From Wikipedia, the free encyclopedia

La Comtesse de Salisbury est un roman historique d'Alexandre Dumas, publié en français sous forme de roman-feuilleton en 1836, puis en volume en 1839 sous le titre Chroniques de France. La Comtesse de Salisbury[1],[2],[3].

Faits en bref Auteur, Pays ...
La Comtesse de Salisbury
Image illustrative de l’article La Comtesse de Salisbury

Auteur Alexandre Dumas
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman historique
Version originale
Langue Français
Titre Chroniques de France. La Comtesse de Salisbury
Éditeur Dumont
Lieu de parution Paris
Date de parution 1839
Fermer

Le roman parut dans le feuilleton de La Presse, quotidien qui misait aussi sur la fiction publiée par livraisons pour élargir le nombre de ses abonnés[4],[5]. Il est considéré comme l'un des premiers exemples du roman-feuilleton français et comme le premier roman-feuilleton de La Presse[6],[7].

L'intrigue mêle l'histoire d'Édouard III et de la comtesse de Salisbury à la légende de la fondation de l'ordre de la Jarretière, déjà présente dans des récits et des pièces de théâtre antérieurs à Dumas[8],[2]. Harry A. Spurr jugea le roman moins ramassé que d'autres œuvres de Dumas, tandis que les études sur le feuilleton ont souligné l'emploi des suspensions narratives entre les livraisons[9],[10].

Publication

Alexandre Dumas dans un portrait photographique d'Étienne Carjat.

Le 15 juillet 1836, La Presse publia l'« Introduction à nos feuilletons historiques », ensuite reprise comme préface dans la première édition en volume[1]. Le contrat conclu avec Émile de Girardin réservait à Dumas le feuilleton du dimanche matin pour une série de scènes historiques consacrées aux principaux règnes de l'histoire de France à partir de Philippe VI de Valois[1].

Le premier épisode parut le 17 juillet 1836 sous le titre Règnes de Philippe VI de France et d'Édouard III d'Angleterre. 1338-1350. Le vœu du héron ; la publication se poursuivit chaque dimanche jusqu'au 11 septembre 1836, pour un total de huit feuilletons[1]. Ces huit feuilletons formèrent les seize premiers chapitres du futur roman, soit environ la moitié de La Comtesse de Salisbury[1].

La première publication française en volume parut à Paris chez Dumont en 1839 sous le titre Chroniques de France. La Comtesse de Salisbury[3]. La Bibliographie de la France décrit l'édition comme un ensemble de deux volumes in-octavo, imprimés à Paris par Dondey-Dupré et publiés par Dumont au Palais-Royal[3]. Les deux tomes reprenaient et prolongeaient les épisodes publiés dans La Presse[2].

Une édition pirate de Méline, Cans et Cie parut la même année à Bruxelles, puis une édition pirate anglaise sortit en 1840[2]. L'œuvre fut ensuite publiée dans sa version définitive en six volumes, parus à Paris chez Alexandre Cadot en 1848[2]. La scène de la jarretière figurait déjà dans l'édition parisienne de 1839[2].

Résumé

La comtesse de Salisbury et les chevaliers d'Édouard III rendent hommage à Jeanne de Flandre, illustration tirée de La Bretagne de Jules Janin, 1844.

Le 25 septembre 1338, au palais de Westminster, Édouard III préside un banquet avec la reine Philippa de Hainaut, le comte de Salisbury, Alix et Robert III d'Artois[11]. Robert entre dans la salle en portant un héron, provoque le roi devant les convives et déclenche l'épisode du vœu du héron[11]. À la cour d'Angleterre, Alix est la fiancée du comte de Salisbury et la confidente de la reine Philippa[12]. Liée au comte par un vœu, elle attend son retour en Angleterre après le passage du noble en France[12].

Alors que le comte de Salisbury est prisonnier à Paris, Édouard déclare son amour à Alix[13]. Alix repousse le roi en invoquant la fidélité due à son mari ; Édouard, décidé à faire revenir le comte en Angleterre, fait préparer une lettre pour David Bruce et organise l'échange du comte de Murray contre le comte de Salisbury[13]. Revenu dans son pays, le comte de Salisbury est bientôt rappelé à Londres par Édouard, qui invite aussi Alix aux fêtes de Windsor[14]. Guillaume de Montaigu, mourant, avertit Alix du danger que représente l'amour du roi et lui demande de s'éloigner[15].

Édouard revient auprès d'Alix et lui renouvelle sa passion ; la jeune femme lui révèle qu'elle s'est empoisonnée, lui demande de rapporter au comte de Salisbury ses dernières paroles et meurt en prononçant le nom de son mari[16]. Après la mort d'Alix, Édouard affronte la bataille de Crécy et le siège de Calais (1346-1347), jusqu'aux derniers jours de son règne[17],[18]. Lorsque le roi gît sur son lit de mort, le comte de Salisbury se présente comme l'ermite du château de Wark et lui accorde son pardon[18]. Aussitôt après, s'adressant aux personnes présentes, il annonce la mort d'Édouard[18].

Personnages

Édouard III d'Angleterre

Roi d'Angleterre, il préside le banquet de Westminster, reçoit la provocation de Robert d'Artois et s'éprend d'Alix[11],[13].

Alix, comtesse de Salisbury

Épouse du comte de Salisbury et confidente de la reine Philippa, elle refuse l'amour d'Édouard[12],[13].

Comte de Salisbury

Noble lié à Édouard, mari d'Alix, prisonnier à Paris et ermite du château de Wark[12],[13],[18].

Robert d'Artois

Noble français exilé, il introduit l'épisode du vœu du héron au banquet de Westminster[11].

Accueil critique

Dans sa première publication en feuilleton, le roman parut sous le titre Règnes de Philippe VI de France et d'Édouard III d'Angleterre. 1338-1350. Le vœu du héron[1]. En 1836, La Presse et Le Siècle portèrent à quarante francs le prix de l'abonnement annuel, contre quatre-vingts francs pour les quotidiens traditionnels ; romans et nouvelles dans le feuilleton servaient à accroître le nombre des abonnés, avec le concours de la publicité[4],[5]. Dans ces années-là, La Comtesse de Salisbury fut l'un des premiers romans-feuilletons et elle est aussi présentée comme le premier feuilleton-roman de La Presse[6],[7],[19].

La Comtesse de Salisbury a été rapprochée des futurs romans d'aventures de Dumas pour le rythme de son récit guerrier[19]. En 1839, Charles-Augustin Sainte-Beuve critiqua la « littérature industrielle » dans la Revue des Deux Mondes, en attaquant l'essor d'une écriture pensée pour le marché, les journaux, la publicité et le nouveau public des lecteurs[20]. En 1902, Harry A. Spurr jugea La Comtesse de Salisbury moins lisible que d'autres romans de Dumas : après un premier chapitre efficace, les personnages ne réapparaissent que par intervalles dans de longs passages historiques, avec un mélange de récit et d'histoire qui lui parut peu réussi[9].

La Comtesse de Salisbury appartient à la première phase du roman-feuilleton français, située entre 1836 et 1850 et représentée par des auteurs comme Eugène Sue, Alexandre Dumas et Honoré de Balzac[21]. Dans cette phase reviennent le récit historique et social, le héros idéalisé, la publication par livraisons, les résumés, les contrastes marqués entre les personnages et l'interruption d'une scène à un moment d'attente[21],[22]. Dans le premier chapitre, Le Vœu du Héron, Robert d'Artois pousse Édouard III à la guerre contre la France en rappelant ses droits dynastiques à la couronne française ; la livraison s'achève sur l'annonce de l'arrivée d'un messager venu de Flandre, sans révéler le contenu de la nouvelle[23],[24],[25]. La formule la suite à demain signalait le report à la livraison suivante ; le même procédé a été rapproché de la coupe du premier chapitre des Trois Mousquetaires[10].

L'histoire d'Édouard III et de la comtesse de Salisbury avait déjà été traitée avant Dumas dans des œuvres narratives et théâtrales[8]. Moeglin signale, parmi les exemples antérieurs, la nouvelle française La Comtesse de Salisbury, ou l'Ordre de la Jaretière de 1682, sa traduction anglaise de 1683, la tragédie Édouard III de Gresset de 1740, la pièce Isabelle de Salisbury de Fabre d'Églantine de 1791 et le roman Édouard et Elfride, ou la Comtesse de Salisbury de 1816[8]. Le roman de Dumas reprend aussi le lien entre Édouard III, la comtesse et la fondation de l'ordre de la Jarretière[2],[26].

Éditions

Traductions

En anglais
  • (en) The Countess of Salisbury : To which is added The Maid of Corinth (trad. E. R. M.), Londres, Richard Bentley, .
  • (en) The Countesse de Salisbury : A Chronicle of the Order of the Garter, New York, Stringer & Townsend, (lire en ligne).
En espagnol
  • (es) La condesa de Salisbury ; Eduardo III (trad. Florencio M. del Castillo), Mexico, Imprenta de Vicente García Torres, [27].
  • (es) La condesa de Salisbury, Buenos Aires, Editorial Liding, coll. « Epopeyas », .
En italien
En polonais
  • (pl) Hrabina Salisbury i Edward III : romans historyczny, vol. 4, Varsovie, [28].
  • (pl) Hrabina Salisbury i Edward III : romans historyczny w 4 tomach, Gródek Jagielloński, J. Czaiński, [29].
  • (pl) Hrabina Salisbury i Edward III, vol. 2, Varsovie, Hachette Polska, coll. « Kolekcja Hachette: Aleksander Dumas », (ISBN 978-83-7849-284-9)[30].

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI