La Comédie des comédiens
pièce de théâtre
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La Comédie des comédiens, poème de nouvelle invention est une comédie en cinq actes en vers écrite par Georges de Scudéry et publiée en . Elle a été jouée à l'Hôtel de Bourgogne en .
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Augustin Courbé (d) |
Sujet
La Comédie des comédiens est une pièce de théâtre dans le théâtre, qui met en scène une véritable troupe de comédiens jouant leur propre rôle ou des rôles de comédiens. L’histoire suit ces acteurs dans leur quotidien, leurs discussions, leurs répétitions et leurs préparatifs, et la pièce se termine par la représentation d’une autre pièce à l’intérieur de la première, une pastorale intitulée l’Amour caché par l’amour[1].
Analyse
Cette mise en abyme vise à défendre le métier d’acteur et l’art dramatique, à une époque où le théâtre se cherchait encore une légitimité face aux critiques morales et religieuses. L'exposition des aspects techniques du métier consacre la grandeur et la dignité de la pratique théâtrale, en montrant que les artistes sont instruits, dignes et respectables, à une époque où, rejetés par l'Église, ils avaient souvent mauvaise réputation. La moralité des acteurs dans leur vie privée ne doit pas être confondue avec les vices des personnages qu'ils incarnent[2].
Personnages des actes I et II
- Monsieur de Blandimare, hôte.
- Belle-Ombre, comédien de la troupe.
- Arlequin, valet comique.
- Belle-Fleur, comédien de la troupe.
- Belle-Épine, comédien de la troupe.
- Madame Belle-Épine, comédienne.
- Beau-Séjour, comédien de la troupe.
- Beau-Soleil, comédien de la troupe.
- Madame Beau-Soleil, comédienne.
- Le Tambour, personnage secondaire.
- L’Hôte, l’aubergiste, logeur de Blandimare.
Trame de la pièce cadre
Initialement méfiant à l’égard des comédiens qu'il perçoit comme des saltimbanques ou des illusionnistes, Blandimare, en bourgeois pragmatique qu’il est, s’amuse ou s'étonne de la rigidité des règles du théâtre classique. Il tourne en dérision le contraste entre le le jeu de paume où ils se trouvent et le monde pastoral de la fiction. La progression de la pièce dissipe néanmoins l’incrédulité de Blandimare, qui cède finalement à la fascination de l'intrigue pastorale. Sa réaction finale est celle d'un spectateur conquis. Le spectacle a fonctionné : l'illusion comique a opéré une véritable conversion du néophyte, apportant la preuve de la force persuasive et sensible de l'art dramatique[3].
Personnages de l’Amour caché par l’amour (actes III, IV et V)
- Le Prologue
- L’Argument
- Florintor, berger.
- Pirandre, berger.
- Isomène, bergère.
- Mélisée, bergère.
- Taraminte, père de Florintor.
- Alphange, père de Pirandre.
Trame de l’Amour caché par l’amour
L’Amour caché par l’amour est une tragi-comédie pastorale typique du XVIIe siècle représentant un imbroglio amoureux croisé et d’un conflit générationnel entre deux paires de bergers et leurs pères. Deux bergers, Florintor et Pirandre, sont amoureux de deux bergères, Isomène et Mélisée, mais rencontrent l’opposition de leurs pères, qui exigent des unions dictées par la convenance sociale. Pour pouvoir continuer à s’aimer sans éveiller les soupçons de leurs pères, les amants décident de recourir à un stratagème de dissimulation de leurs attachements. Florintor feint d’aimer Mélisée, tandis que Pirandre fait semblant de courtiser Isomène. qui donne son titre à la pièce : on cache son véritable amour derrière un faux amour public. Finalement, les masques tombent et la vérité des cœurs éclate. Taraminte et Alphange finissent par céder et accordent leur bénédiction. Florintor peut épouser Isomène, et Pirandre peut épouser Mélisée.
Portée
La Comédie des comédiens de Scudéry et celle du même nom de Nicolas Gougenot, sont à l’origine d’un certain nombre de pièces méta-théâtrales telles que la Comédie sans comédie de Philippe Quinault (1655), la Comédie de la comédie de Dorimond (1660), l’Impromptu de Versailles de Molière (1663), le Poète basque de Poisson (1668), le Comédien poète de Montfleury (1673), le Rendez-vous des Thuileries ou le Coquet trompé de Michel Baron (1685)[4].
Édition
- La Comedie des comediens, poeme de nouvelle invention, Paris, Augustin Courbé, , xii-108 p., ill. (front.) ; in-8º (OCLC 15490124, lire en ligne sur Gallica).