La Conduite des filles de joie à la Salpêtrière est une huile sur toile réalisée par le peintre Étienne Jeaurat en 1757. Elle est exposée la même année au Salon de l'Académie royale de peinture et de sculpture sous le titre La Conduite des Filles de Joye à la Salpétrière, lorsqu’elles passent par la porte S. Bernard[1].
La scène est située à Paris, à la sortie du pont de la Tournelle, sur la rive gauche de la Seine, à proximité de la porte Saint-Bernard. Au premier plan du tableau, des gardes entourent une charrette ouverte, dans laquelle des femmes et d’autres gardes se tiennent. Au second plan, une charrette fermée, munie de protection, emporte les prostituées, qui ont payé pour ne pas être vu des badauds[2].
Le graveur Jean-Charles Le Vasseur a réalisé une gravure, intitulée Le Transport des filles de joye à l’hôpital, à partir du tableau d'Étienne Jeaurat[3].
Au début des années 1780, Louis-Sébastien Mercier, dans son ouvrage Tableau de Paris, décrit cette pratique à travers ce tableau « on les fait monter dans un long chariot, qui n’est pas couvert. Elles sont toutes debout et pressées. L’une pleure, l’autre gémit ; celle-ci se cache le visage ; les plus effrontées soutiennent les regards de la populace qui les apostrophe ; elles ripostent indécemment et bravent les huées qui s’élèvent sur leur passage. Ce char scandaleux traverse une partie de la ville en plein jour ; les propos que cette marche occasionne sont encore une atteinte à l’honnêteté publique »[2].
Le tableau est donné au musée Carnavalet par la Société des Amis du musée en 1939[4].