La Consultation de la sorcière
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| Artiste | |
|---|---|
| Date |
Entre et |
| Dimensions (H × L) |
42 × 35 cm |
| Lieu de découverte |
Villa de Cicéron (d) |
| No d’inventaire |
9987 |
| Localisation |
La Consultation de la sorcière ou La Visite chez la magicienne est une mosaïque antique réalisée par le mosaïste grec Dioscoride de Samos, trouvée dans la soi-disant « Villa de Cicéron » dans la campagne pompéienne. Elle est conservée au musée archéologique national de Naples.
La mosaïque fut réalisée entre les IIe et Ier siècles av. J.-C. par Dioscoride de Samos[1] : elle était placée au centre du sol en mosaïque blanche et entourée de méandres colorés en blanc, noir, jaune, rouge et bleu du déambulatoire de la soi-disant villa de Cicéron[2].
À la suite des fouilles archéologiques, la mosaïque a été retrouvée le [3],[2], un an après la découverte d'une autre mosaïque, avec laquelle elle partageait le même espace, Les Musiciens ambulants : ce sont les deux seules œuvres de l'artiste grec retrouvées en Campanie[2] ; au moment des fouilles, Johann Joachim Winckelmann était présent[4] et il a écrit :
« Les deux messieurs qui m'accompagnaient et moi avons été les premiers à l'avoir vu, à part les ouvriers. »
— [3], Johann Joachim Winckelmann, Nachrichten
Il fut ensuite détaché de son emplacement d'origine pour en faire un petit tableau : il n'eut pas au début le même succès que les tableaux retrouvés dans la villa, mais il fut ensuite revalorisé au cours du XIXe siècle grâce au positivisme[5].
Description
L'œuvre est une emblema, c'est-à-dire une mosaïque en opus vermiculatum[1] avec des tesselles qui font parfois moins d'un millimètre[4], réalisée sur un panneau de calcaire et placée ensuite au centre du sol[3]. Le thème est celui de la consultation d'une sorcière pour la création de philtres d'amour, une scène que l'on retrouve également dans une autre mosaïque datant du IIIe siècle av. J.-C. trouvée à Zeugma[2] et une autre, contemporaine de celle de la villa, à Mytilène[6] : elle fait référence à une peinture grecque du IIIe siècle av. J.-C., réalisée comme ex-voto, après la victoire de Ménandre dans un concours théâtral ; en fait, elle fait référence aux Synaristósai du dramaturge grec, mais aussi à une œuvre du même titre d'Aristophane[4].
La scène semble se dérouler sur une scène de théâtre : à la base, des marches décorées de frises mènent au podium où se trouvent les protagonistes et derrière elles, des panneaux colorés qui pourraient représenter les coulisses[2]. Autour d'une petite table à pieds de lion, trois femmes sont assises : celle de gauche, assise sur une klinê dont on peut voir un coussin coloré et un tissu à carreaux[4], et celle du centre sont dans une attitude d'attente, tandis qu'à droite, une vieille sorcière, les yeux louches, tient dans une main une coupe d'argent à l'intérieur de laquelle se trouve une potion magique, ce qui est également confirmé par certains objets rituels placés sur la table, comme une brindille pour asperger et deux vases en argent[2] ; toutes les femmes sont vêtues de chitons et de manteaux et portent des masques de théâtre sur leurs visages[4]. La scène se termine, à l'extrême droite, avec une jeune servante, placée de profil, vêtue d'un manteau[2]. En haut au centre se trouve la signature de l'auteur en grec Διοσκουρίδης Σάμιος ἐποίησε (« Dioscoride de Samos l'a fait »)[2].