La Crucifixion du Parlement de Toulouse

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Artiste
anonyme
Type
Calvaire
Technique
tempera à l’œuf sur planches de noyer
Crucifixion du Parlement de Toulouse
Artiste
anonyme
Date
Type
Calvaire
Technique
tempera à l’œuf sur planches de noyer
Dimensions (H × L)
178 × 145 cm
No d’inventaire
2004 1 302Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le Christ en croix entre la Vierge, saint Jean et les donateurs présumés : le roi Charles VII et le dauphin dit La Crucifixion du Parlement de Toulouse est un retable d’un artiste anonyme datant du milieu du XVe siècle conservé au musée des Augustins de Toulouse.

Ce calvaire met en scène la crucifixion de Jésus Christ entouré de la Vierge Marie et Saint Jean. En bas du retable, sur des prie-Dieu sont représentés les supposés donateurs : Charles VII de France et le dauphin, Louis XI de France. Ce type de représentation était fréquent au XVe siècle, il poussait le spectateur à méditer sur ses fautes.

Ce calvaire ornait la Grand'chambre du parlement du Languedoc, qui occupait le Château narbonnais, à Toulouse, où se situe aujourd'hui le palais de justice. À ce jour, aucune commande n’a été retrouvée permettant d’identifier l'artiste. Le tableau est victime du vandalisme lors de la Révolution française : le roi et le dauphin, ainsi que leurs armoiries, sont grattés à la lance. En effet, les citoyens avaient pour ordre de détruire toute œuvre symbolisant le pouvoir de l'Ancien Régime, et le retable échappe de peu au bûcher patriotique du grâce à son transfert au dépôt du musée des Augustins.

L’œuvre est ensuite oubliée pour être redécouverte en 1853 et attribuée à maître Jehan, à la suite d'un faux mandat, scandale qui la fait oublier de nouveau jusqu'en 1900 où elle est confiée au musée Saint-Raymond. En 1949, le retable réintègre le musée des Augustins pour participer à une exposition sur la Vierge dans l'art méridional.

Le tableau fait l’objet de plusieurs restaurations, notamment en 1950-1951 et 1979-1980, à cause des mauvaises conditions de conservation. Les repeints appliqués par les restaurateurs conduisent à une dérestauration en 2002. En 2005, l'œuvre est traitée contre les insectes qui attaquent le bois et on la protège par un caisson.

Description

Le retable suit une représentation classique de la crucifixion. Au centre, le Christ sur sa croix, très pâle, penche sa tête couverte d'une couronne d’épines vers son bras droit. Les trois doigts relevés de sa main droite font le signe de la bénédiction. Sa lèvre tombante entr’ouverte qui laisse apparaitre ses dents ainsi que ses joues relâchées indiquent la mort et la souffrance. À chaque extrémité de la croix sont peints des médaillons, l’aigle en haut de la croix représente saint Jean, l’ange en bas saint Mathieu, le bœuf ailé sur la gauche saint Luc et le lion à droite saint Marc.

Aux côtés du Christ sont représentés, en position de trois-quarts, Marie dans un drapé bleu nuit et saint Jean enveloppé d’un drapé rouge. Ils sont dans une attitude méditative, les mains jointes et les yeux rougis par le chagrin. Cependant, leur visage est auréolé contrairement à celui du Christ.

À l’arrière-plan, la ville de Jérusalem est représentée sur un fond à la feuille d’or, aujourd’hui quasiment disparu. Sous la ville, le Christ aidé par Simon de Cyrène et deux larrons nus accompagnés de magistrats et d’hommes armés sortent de la porte de la ville, tous se dirigeant vers le Golgotha, colline où fut crucifié le Christ.

Néanmoins, certains personnages du cortège ont des attitudes plus individualisées. En fond, un paysage sec composé de jaune et de vert. En effet, à droite de saint Jean deux hommes se tiennent par le bras, marchant dans une attitude gaie. À droite du Christ, deux personnages sont individualisés grâce à leurs chevaux : l’un monte un animal blanc, l’autre un noir, vêtu d’une cape rouge. Entre le Christ et saint Jean un chevalier arrive au galop sur une bête noire. Ces touches de noir et de rouge font échos aux couleurs de la ville et créent un arrière-plan en profondeur.

Au premier plan sont agenouillés sur des prie-Dieu couverts de drapés de fleurs de lys les donateurs du tableau, le roi Charles VII de France et le dauphin, futur Louis XI de France. Le roi porte une couronne et un vêtement rouge, tandis que le Dauphin est en armure, l’épée au côté et tient un bonnet dans ses mains. Leur visage ainsi que leur écu, ont été grattés et sont presque illisibles.

Contexte historique de la création

Restauration

Notes et références

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