La Dame blanche (réseau de renseignements)
réseau de renseignement
From Wikipedia, the free encyclopedia
La Dame blanche est un réseau de renseignements belge de la Première Guerre mondiale. Il prend ce nom en référence à une légende allemande indiquant que la fin de la dynastie des Hohenzollern serait annoncée par l'apparition d'un spectre de femme toute blanche.

Présentation
La « Dame blanche » est un réseau de renseignements clandestin qui s’étendait en Belgique, dans le Nord de la France et au Luxembourg. À la fin de la Première Guerre mondiale, il comptait près de mille agents[1].
Créé durant l'occupation allemande de la Belgique durant ce conflit, ce réseau choisit ce nom en référence à une vieille légende prussienne, attachée à la famille régnante des Hohenzollern[2],[3],[4].
Historique
Il fut fondé en 1916 par Walthère Dewé[5], ingénieur à Bruxelles, à la compagnie des télégraphes et des téléphones. Cette décision résulte de l'arrestation suivie de l'exécution par les Allemands du cousin de Dewé, Dieudonné Lambrecht, fondateur du réseau de renseignement Lambrecht.
Pour sauver le réseau, Dewé en prend la direction et le développe sous le nom de la Dame Blanche. Walthère Dewé travaillait pour les services du War Office. Il fournit 75 % des renseignements collectés dans les régions occupées de Belgique et du nord de la France. Vers la fin de la guerre, ses 1 300 agents couvraient la Belgique occupée, une partie du nord de la France avec le réseau de Louise de Bettignies et le grand-duché de Luxembourg. Dewé récidiva pendant la Seconde Guerre mondiale avec le réseau de renseignements Clarence qu'il avait préparé dès 1939. Moins chanceux qu'en 1914-1918, Dewé fut abattu par les Allemands en 1944, ayant refusé de se rendre.
Il faut également mentionner la participation élevée des femmes dans ces deux réseaux que sont la Dame Blanche et Clarence. En effet, comme le mentionne le Dictionnaire des femmes belges, « cette caractéristique s'explique à la fois par le rôle important de Thérèse de Radiguès, qui fera appel à son réseau familial et relationnel, mais aussi et surtout par son âge, car les cercles où elle évolue et qu'elle mobilise sont largement composés de veuves[6]. »
Lors de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, les femmes ont donc pris une place importante dans la résistance bien que souvent invisibilisées. Comme l'atteste l'hommage rendu par Walthère Dewé lors des funérailles de Mme Amiable, agente de la Dame blanche : « Pas d’action possible pour un homme sans l’adhésion de sa femme, et même sans son appui : pas d’action forte sans son intervention concrète[7]. »
« L’espionnage n’était pas la guerre des femmes ; c’était la guerre des familles ; comme dans la famille, l’homme y avait sa place, et cette place était la première ; mais la femme ne pouvait en être exclue, suivant les préceptes simplistes des esprits misogynes, sans dommage pour le service[8]. »
- Chapelle Saint-Maurice, mémorial Walthère Dewé.
- Chapelle St Maurice, statue de la Dame blanche par Jules Brouns.
- Plaque commémorative Walthère Dewé, rue Coupée à Liège.