La Femme qui pleure (Picasso)

tableau de Pablo Picasso From Wikipedia, the free encyclopedia

La Femme qui pleure est une œuvre de Pablo Picasso datant de 1937. Il s'agit d'une huile sur toile de 59,5 cm par 49 cm représentant le portrait de Dora Maar, qui est alors sa maîtresse.

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La Femme qui pleure
La Femme qui pleure, Pablo Picasso, 1937.
Artiste
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Type
Technique
Dimensions (H × L)
59,5 × 49 cm
Propriétaire
No d’inventaire
T05010Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
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Le tableau est reconnu comme étant l'un des témoignages de la violence contre les femmes de l'artiste[1].

Présentation

L’œuvre était dans la collection privée de Dora Maar jusqu'à sa mort en 1997. Depuis, elle est conservée au Tate Modern à Londres, en Grande-Bretagne.

Picasso a peint d'autres tableaux, sous forme de série, sous ce titre La Femme qui pleure,

Dora Maar est une photographe et peintre française, qui fut l'amante et la muse de Pablo Picasso[2].

Elle appartient à la période cubiste et a été peinte en 1937, à une époque où les portraits de Pablo Picasso deviennent de plus en plus dramatiques, les corps et les visages sont déformés. Il a utilisé des lignes, des angles et des courbes pour l'illustrer. On peut voir dans ce tableau le profil à droite et la vue de face, qui se superposent. Pablo Picasso a utilisé des couleurs vives comme le rouge, jaune, bleu et vert pour peindre le front et des couleurs plus ternes comme le gris et le blanc pour peindre sa tête. Elle est représentée en train de mordre un mouchoir, cela montre qu'elle est angoissée et désespérée. La couleur grise renforce la douleur de cette femme ainsi qu’un sentiment de vieillesse[3].

On ne peut pas comprendre totalement ce tableau si on occulte la relation de Picasso avec cette ''Femme qui pleure''. Dora Maar et Picasso se sont rencontrés en 1936. Picasso avait alors 54 ans et elle 28. Il devient son amant sans pour autant rompre avec Marie-Thérèse Walter avec qui il a une fille, Maya. Dora, emportée par la passion, accepte tout de Picasso. Elle abandonne la photographie pour se mettre à la peinture, sans égaler le maître. Picasso a une relation écrasante, violente et misogyne. Ils vivront une relation passionnée et violente. Dans ce contexte le tableau Dora Maar et le minotaure (1936) est tout à fait révélateur de leur relation destructrice[4]. Dora, devenu son modèle, fera l'objet d'humiliations et de brimades et sera souvent triste[5].

Dora sera pleinement investie pour suivre la progression du grand tableau de Picasso sur le bombardement de Guernica (1937), elle exécutera un véritable reportage sur le tableau en train de se faire, une première en photographie[6].

Dans ce contexte de guerre civile en Espagne, le désespoir de Dora sert finalement l'œuvre de Picasso : elle est l’icône de l’Espagne meurtrie, ses grands yeux noirs et sa chevelure épaisse la présentent comme une Madone[6].

Description détaillée

Ce tableau est un portrait stylisé d’une femme, qui est dans un intérieur. Cette femme semble triste, en témoigne la présence d’un mouchoir sur son nez.

Style

Le peintre fait le choix d’opter pour une représentation assez stylisée du réel, graphique. Nous remarquons la transformation des courbes du visage à l’aide de forme géométrique. La transition entre sa bouche et le reste du visage devient un angle droit, le mouchoir prend la forme de triangles pointus, des triangles isocèles, et à angle droit. Ses yeux deviennent deux ovales en symétrie. Le mouchoir forme une sorte d’étoile imparfaite à six branches. Il déconstruit aussi les codes classiques de la perspective. Ainsi, la position du mur à gauche de la femme (du point de vue spectateur) ne coïncide pas avec celui qui est derrière elle.

Composition

          La composition s’organise autour du portrait, qui en occupe l’ensemble. L’essentiel de cette dernière est occupé par la présence d’un mouchoir, ce qui explique le titre de l’œuvre. Cette même composition est structurée par des formes, assez géométriques qui ne sont pas réel mais qui participent à construire une composition dynamique. C’est le cas au niveau du mouchoir par exemple.

Couleurs

                     Les couleurs deviennent un outil afin de donner un point focal. Cela s’observe avec le mouchoir blanc qui permet de mettre en valeur l’action principale, celle du mouchoir sur son visage. Cette partie blanche attire le regard, grâce à un contraste avec le noir. Ceci par rapport au reste de la composition, qui se compose de couleurs plutôt chaudes, avec un jaune orangé, du jaune, nous pouvons relever ce qui s’apparent à un jaune de cadmium, un orange vif, une couleur bordeaux ou lit de vin. Ce contraste entre le mouchoir blanc aux ombres noires est renforcé par un jeu sur les couleurs complémentaires. Nous pouvons en effet remarquer un usage des couleurs complémentaires, entre le vert, qui ressemble à un vert de bronze, avec le rouge vermillon du chapeau. Nous pouvons aussi remarquer l’usage du bleu pour représenter l’ombre du chapeau en contraste avec l’orange de la tapisserie ou encore un contraste entre le jaune et le violet au niveau de l’arcade sourcilière de la femme.

Lumière

La lumière vient de la gauche. Nous remarquons la partie droite de son visage (du point de vue du sujet peint) qui est jaune, donc exposée à la lumière, et une partie verte, plus éteinte (le vert semble avoir été déssaturé avec du blanc) qui évoque l’ombre. Enfin, le fond est lumineux, avec cette tapisserie aux couleurs chatoyantes et lumineuses que nous venons d’évoquer. La couleur devient un outil afin de faire ressortir la partie en noir et blanc, mettant l’accent sur l’évocation de la tristesse, symbolisée par ce mouchoir en noir et blanc.

Détails

Au centre de la composition, nous pouvons voir un mouchoir, froissé, épousant les contours du visage de la femme. Nous pouvons voir 4 larmes qui coulent de ses yeux et sur le mouchoir. Une autre larme coule le long de sa joue droite. Nous distinguons sa bouche, qui est ouverte et travaillée en noir et blanc. Nous remarquons ses dents et ses lèvres. Ses mains tiennent le mouchoir, ainsi distinguons nous avec aisance sa main gauche. Sa main droite se confond avec le mouchoir. Ses sourcils sont levés. Cette femme porte un chapeau, surmonté d’une feuille et d’une fleur bleue. Nous distinguons un cœur et sept pétales. Cette femme porte un haut noir, mais nous ne pouvons pas savoir le type de vêtement dont il s’agit. Le tout prend place dans un intérieur, au sol rouge, dans une pièce à la tapisserie composée de bandes verticales et de bandes horizontales.

Notes et références

Voir aussi

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