La Goguette (chanson)
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Le goguettier et marchand de bronzes parisien André-Antoine Ravrio[1] a composé la chanson La Goguette, à chanter sur l'air du Vaudeville de Jean Monnet[2],[3].
Elle témoigne de l'esprit joyeux qui animait la Société de la Goguette[Interprétation personnelle ?], goguette parisienne dont il faisait partie.
Cette chanson est éditée pour la première fois en 1812 dans Mes Délassements, ou Recueil de chansons, et autres pièces fugitives composées pour mes amis, par Ravrio, imprimerie De Ballard, tome II, 1812, in-8.

Amis, chantons la goguette,
Cette aimable déité
Qui naquit à la guinguette
Dans le sein de la gaité.
Les écarts
Des hasards
Pour elle sont peu de chose,
Car l'amitié la compose,
Unie avec les beaux-arts. (ter)
Aux grands qui règnent sur terre,
Aux gens du rang le plus bas,
La goguette est étrangère,
Ils ne la connaissent pas.
Sots loisirs,
Vils désirs,
Quittez vos sales orgies,
Et venez voir aux bougies
La goguette et ses plaisirs.
Les doux accents de la Lyre
De Thalie et d'Erato,
Enflamment d'un saint délire,
Archet, équerre et pinceau :
Leurs transports,
Les accords
Font naître pour la goguette
Mille traits qu'elle répète,
En vidant ses rouges bords.
L'histoire qu'on y raconte,
Pleine de sel, de gaîté,
Fait place à quelqu'heureux conte
Par la malice inventé :
Les canons[4],
Les chansons,
Et la romance touchante,
Tour à tour chacun enchante,
L'instant dont nous jouissons.
Toi, que souvent on insulte
Dans maint réduit ignoré,
Tu sais, Amour, si ton culte
En goguette est révéré :
Quand Bacchus,
Quand Momus
Font entendre leurs antiennes,
Tu viens y mêler les tiennes,
Et nous couronnons Vénus.
Les Dieux étaient en goguette,
Lorsqu'Hébé, l'aiguière en main,
Dans leur céleste retraite
Versait le nectar divin :
Apollon,
Cupidon
Enchantaient la troupe entière,
Et le maître du tonnerre,
Ces jours-là fêtait Junon.