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Le moulin de la Grandrive est un ancien moulin à eau situé à Marsac-en-Livradois, en Auvergne. Il est connu pour son importance dans le monde de la papeterie. Ce moulin est un exemple remarquable de l'utilisation de l'énergie hydraulique pour des activités dans la période préindustrielle en France.
"Un détour, deux détours encore. Alors... on a en face de soi la Grandrive. Cela tient du couvent et de la maison forte, assez beau et assez singulier pour répondre à quelque rêve qu'on aurait fait jadis. Un colombier à girouette flanque le porche d'où le long bâtiment s'étend jusqu'au torrent. De ses petites fenêtres aux volets roux, percés de cœur, de trèfles et de piques, il regarde le jardin de belles fleurs, ses rosaces et ses dessins de buis sous les terrasses soutenues de hautes murailles. Derrière la cour pavée, d'autres bâtiments s'allongent, tout un ensemble de constructions aux sombres toits cotelés de tuiles... De la route, un chemin descend roit au porche...passe sous l'aître vouté...Considère ces murs appuyés au rocher, le pavé de la cour en pente, les longs étages bas, les immenses greniers dont les ais percés de trous pour les cordes sont encore ceux des étendoirs. C'est une minoterie présentement... mais elle a gardé la figure de l'ancienne fabrique à papier où tout un village d'artisans, d'apprentis, de valets, de servantes vivait sous la gouverne d'un maître patriarcal."[1]
Le moulin de la Grandrive (initialement la Grandrifve) trouve ses origines au XVIIesiècle[2]. À l'époque, la région de l'Auvergne était réputée pour son industrie papetière florissante. Le moulin a été construit le long d'une rivière, profitant de la force motrice de l'eau pour alimenter les machines nécessaires à la production de papier.
La partie la plus ancienne du bâtiment est érigé en 1616 selon les dates gravées sur les fondations du lieu.
Thomas Dupuy se rend acquéreur par décret du domaine et des moulins à papier en 1676. Il tournait alors à 7 roues.
À la fin du XVIIesiècle, Thomas fait de la Grandrive l'un des plus importants moulins d'Auvergne.
La manufacture étant assez éloignée de Marsac, il demande à 1699 à François Bauchar de Saron de Champini, évêque de Clermont l'autorisation de fonder une chapelle domestique à la Grandrive. Bénie en 1699 et dédiée à Saint Thomas, apôtre, elle était construite à gauche du porche d'entrée. Disparue à la fin du dix-neuvième siècle, il n'en subsiste que la voûte et une fenêtre de style roman au-dessous de laquelle se trouvait l’autel[3].
On y adjoint alors ce qui est considéré comme le premier jardin «à la française» d’Auvergne, que l’on longeait en rejoignant la demeure. On en devine encore les contours.
Au milieu du XVIIIesiècle, les Dupuy sont anoblis par lettres patentes et rachètent les seigneuries de Beaumont, Cubelles et Cuberolles. La seigneurie de la Grandrive s’étend alors sur 25 km de longueur, d’Ambert à Craponne et à la Chaise Dieu.
Au XIXesiècle[4], le Moulin de la Grand Rive a connu une période faste. Il était devenu un centre de production majeur, fournissant du papier de haute qualité à une échelle locale et internationale pour un grand nombre d'institution.
Cependant, avec le temps, l'industrie papetière a connu des changements majeurs. L'arrivée de nouvelles techniques de production et de matériaux alternatifs a conduit à un déclin progressif des moulins traditionnels comme celui de la Grandrive, qui était de plus éloigné des grands axes de circulation. Une succession de décès dans la famille Dupuy entraine un morcellement accéléré du patrimoine et finalement la vente de la propriété en 1864. Le moulin a ensuite converti son activité au XXesiècle[5] pour se concentrer sur la production de farines[2].
La Grand Rive est une propriété privée appartenant aux descendants de la famille Garrait. Depuis 2010 le bâtiment fait l'objet de restaurations importantes par la famille et avec le soutien de la DRAC régionale. L'ensemble extérieur est inscrit au registre des monuments historiques depuis 1984[2].
L'installation du moulin de la Grand Rive est utilisé en exemple sur les planches et gravures de l'Encyclopédie pour décrire la fabrication du papier[réf.nécessaire].
Gravure de l'Encyclopédie représentant la roue de la Grand Rive
Références
↑H. Pourrat (1927), Dans l'herbe des trois vallées