La Hardalle
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Hartal (1768), La Hardale (XVIIIe siècle, carte de Cassini)[1].
Hardalle vient de Hadau, qui signifie « troupeau » ou « harde ». Il a d’abord dû désigner les pâturages, avant de se référer à la localité construite sur leur emplacement[2].
Le suffixe -dalle (ou -dal) est fréquent en Normandie. Selon Jean Adigard des Gautries, il serait d’origine scandinave, issu du vieux norrois dalr (« vallée »). Toutefois, plusieurs indices — notamment sa présence dans le Boulonnais et son absence en Picardie — suggèrent plutôt une origine saxonne, les Francs n’ayant pas employé ce terme. Hardalle appartiendrait ainsi à la série de toponymes du nord-ouest de la France désignant des vallons ou pâturages d’origine saxonne[3].
Géographie
Situation
Le hameau est situé en forte pente, dans un cirque de forêts, au cœur des Hautes-Vosges et du parc naturel régional des Ballons des Vosges.
Hydrographie
Il est traversé par le ruisseau de Hardalle qui y prend sa source à environ 840 mètres d'altitude[4].
Géologie
La Hardalle correspond à l’Unité Cartographique de Sol (UCS) n°6601.0. Elle se situe sur des versants forestiers et agricoles à pente moyenne ou forte, avec des vallons humides. Le sol, souvent sablo-argileux ou sableux, parfois caillouteux, est sain, peu profond et acide.
Histoire
Autrefois tournée vers l’activité pastorale et agricole, la Hardalle vivait de petites exploitations cultivant des terres difficiles. Sa population se composait principalement de marcaires, bûcherons et sabotiers, qui complétaient leurs revenus par des travaux saisonniers ou artisanaux tels que le tissage, la fabrication de sabots et le travail du bois[5].
Plainfaing fut érigé en paroisse autonome le , regroupant les villages de Ban-Saint-Dié, Noiregoutte, Habaurupt, La Hardalle, Chaume et Forêt. Auparavant, ces villages faisaient partie du ban de Fraize, un territoire du Val de Galilée relevant, depuis le Moyen Âge, du chapitre de Saint-Dié et des ducs de Lorraine[6],[7].
Créée comme école d’hiver vers 1840 et peu fréquentée, l’école de la Hardalle est transférée dans un bâtiment neuf en 1880. Elle devient une école permanente en 1881 avant de fermer définitivement ses portes en 1959[8].
À la fin du XIXe siècle, le versant occidental de la Hardalle est complètement déboisé et couvert de cultures. L’habitat se compose principalement de chaumières basses couvertes de bardeaux[9].
Dans les années 1920, Germain Perrotey, originaire du hameau, devint célèbre pour sa cavale après avoir tenté de tuer son ex-compagne et sa mère. Il fut capturé en 1926 et condamné à huit ans de réclusion[10].
Pendant la Première Guerre mondiale, le hameau de la Hardalle subit de nombreux bombardements, dont des obus à gaz en , causant des dégâts aux bâtiments et mettant en danger la population et le bétail[11]. Le , le caporal Dumas du 158e régiment d’infanterie fut tué à La Hardalle avant une attaque et inhumé solennellement à Fraize[12].
Lieux et monuments
Plusieurs anciennes fermes, reconverties en habitations, illustrent le passé agricole du hameau de la Hardalle et contribuent à la qualité patrimoniale du site[13].