La Morsure des dieux
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Fleur Geffrier
Pascal Elso
| Réalisation | Cheyenne-Marie Carron |
|---|---|
| Scénario | Cheyenne-Marie Carron |
| Acteurs principaux |
François Pouron Fleur Geffrier Pascal Elso |
| Sociétés de production | Carron Production |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame |
| Durée | 125 minutes |
| Sortie | 2017 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
La Morsure des dieux est un film dramatique français réalisé par Cheyenne-Marie Carron, sorti en 2017.
Sébastien (François Pouron), grand amoureux de sa terre du Pays basque, est seul à s'occuper de la ferme familiale alors que les soucis s'accumulent : crédits insurmontables, baisse de la production, désorganisation du milieu paysan. L'homme se bat et cherche sa voie, qui prend un tour spirituel au contact de sa nouvelle voisine, Juliette (Fleur Geffrier), aussi catholique que lui est païen. Mais leur amour est remis en question alors que Sébastien, rattrapé par les difficultés, est sur le point de tout perdre [1].
Fiche technique
- Titre : La Morsure des dieux
- Réalisation : Cheyenne-Marie Carron
- Scénario : Cheyenne-Marie Carron
- Musique :
- Montage : Stéphan Kootosüis
- Photographie : Prune Brenguier
- Décors : Xavier Vander
- Costumes : Charlène Bouyer
- Producteur : Cheyenne-Marie Carron et Julie Guittard
- Production : Carron Production
- Distribution : Carron Distribution
- Pays :
France - Durée : 125 minutes
- Dates de sortie :
France :
Distribution
- François Pouron : Sébastien
- Fleur Geffrier : Juliette
- Pierre Molinier : Lucien
- Cyrille Campri : le prêtre
- Laurent Lucmaret : Laurent
- Pascal Elso : le conseiller financier
Production
Genèse
L'origine du film trouve sa source dans une expérience personnelle de la réalisatrice Cheyenne-Marie Carron : le frère de son grand-père s'est suicidé dix-huit ans avant la réalisation de l'œuvre. Les années passant, elle constate que la question du suicide touche de plus en plus de familles dans les campagnes, avec environ cinq cents suicides recensés par an dans le milieu agricole. Peu de films abordant cette thématique, elle décide d'écrire sur ce sujet [1].
Parallèlement, la réalisatrice découvre le paganisme trois ans avant le tournage. Un homme lui parle des solstices qu'il fête, de son rapport au monde, à la nature, des dieux qu'il invoque. Elle plonge alors dans des ouvrages de Vincent Vincenot et de Jean Giono, entre autres, et comprend que le paganisme constituait l'identité des campagnes avant l'arrivée du christianisme. C'est à ce moment que le concept du film naît, en jumelant les deux sujets qu'elle juge complémentaires [1].
Production
Le tournage s'est déroulé au Pays basque, où la réalisatrice a travaillé avec de véritables éleveurs locaux ainsi qu'avec des pratiquants des épreuves de force basque, jeu traditionnel de la région. Malgré les avertissements concernant un prétendu caractère fermé des Basques, Cheyenne-Marie Carron découvre au contraire un peuple d'une incroyable générosité, acceptant d'être filmé dans son propre rôle en raison de la confiance accordée au projet [1].
Analyse
La Morsure des Dieux s'inscrit comme un drame social abordant avec réalisme des thématiques en phase avec la société contemporaine [2]. Le film construit son récit autour de deux axes majeurs : la crise économique et existentielle du monde agricole, et la dimension spirituelle incarnée par le paganisme basque.
Le personnage de Sébastien incarne le paradoxe du paysan moderne : son amour viscéral de la terre, qui justifie son engagement dans l'agriculture, devient précisément ce qui le conduit à la ruine lorsque ce même monde s'écroule. Cette tension structure le film comme une fable sur le rapport de l'homme à sa terre et la nécessité des traditions [2]. La réalisatrice filme avec soin les rituels païens — danses traditionnelles basques, feu solsticial — mettant en lumière une dimension sacrée de la relation à la nature souvent ignorée par le cinéma français [2].
La relation entre Sébastien et Juliette introduit une dimension supplémentaire : celle du dialogue entre paganisme et christianisme. Leur union apparaît comme un parfum de renouveau, mais reste menacée par les difficultés économiques du protagoniste [2].
Le film se distingue par son approche esthétique : les paysages du Pays basque constituent non seulement un décor mais un élément narratif à part entière, traduisant visuellement l'osmose entre l'homme et la nature [2]. Cependant, certaines critiques notent que la réalisatrice peine à aller au-delà de sa dissertation sur la beauté et le naufrage d'un monde, recourant parfois à une voix-off édifiante et omniprésente là où la mise en scène pourrait suffire [3].