La Muse verte
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| Artiste | |
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| Date | |
| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
175 × 115 cm |
| No d’inventaire |
Inconnu |
| Localisation |
La Muse verte est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1895 par le peintre français Albert Maignan. Elle est conservée au musée de Picardie.
Présentée au Salon de 1895, l'œuvre constitue une allégorie de l'addiction à l'absinthe et s'inscrit dans les représentations artistiques des effets de l'alcool à la fin du XIXe siècle.
La Muse verte est exposée au Salon de 1895 en même temps que La Fortune passe, une autre œuvre d'Albert Maignan consacrée aux dangers de l'attachement aux biens matériels et aux aléas de la fortune. Cette dernière est conservée au musée Saint-Remi. Après la mort d'Albert Maignan, La Muse verte rejoint les collections du musée de Picardie grâce à un legs de l’artiste[1].
Description
La scène se déroule dans une mansarde parisienne. Par une fenêtre ouverte, il est possible d'apercevoir au loin des éléments urbains, parfois identifiés comme les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Au centre de la composition, un jeune artiste est debout près de sa table de travail. Son corps est tendu, ses mains sont crispées et son visage exprime l'angoisse. Autour de lui, des feuilles couvertes d'écriture sont éparpillées sur le sol, tandis qu'un poêle suggère la destruction possible de son travail.
Derrière lui apparaît une figure féminine rousse vêtue de vert, surgissant tel un mauvais génie d'une bouteille brisée. Cette femme enserre de ses mains le haut de la tête du personnage principal et personnifie l'absinthe. Son apparence renvoie à la « fée verte », surnom donné à cette boisson.
Le catalogue du Salon de 1895 décrit ainsi l’œuvre : « Dans un taudis du sixième étage, l’écrivain s’est mis au travail, soutenu par sa boisson préférée. Mais le voici tout à coup pris d’angoisse et, tandis que la fée verte lui laboure le crâne de ses doigts, ses yeux à lui se convulsent, ses mains se crispent. Il est fou. »
Signée et datée en bas à gauche, l'œuvre mesure 175 × 115 cm.
Modèles et sources d’inspiration
Selon les carnets d'Albert Maignan conservés à la Bibliothèque nationale de France, le visage du personnage masculin est inspiré de celui de Charles Émile Bitte, jeune peintre proche de l'artiste, mort à l'âge de 29 ans. Maignan évoque dans son journal l'émotion suscitée par cette ressemblance involontaire et y voit une forme d'hommage. Il indique également avoir utilisé comme modèle une femme gitane pour représenter le visage de la figure féminine : « J'ai eu quelque peine à trouver la tête de la femme ; c'est une gitane que Bussy protège qui m'en a fourni les traits[2]. »
