La Médecine spirituelle

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La Médecine spirituelle (Kitâb al-Tibb al-Rûhânî en arabe) est un traité d'éthique de Rhazès (Muhammad ben Zakariyyâ al-Râzî), philosophe et médecin persan du IXe – Xe siècles. Il est divisé en vingt chapitres.

La Médecine spirituelle s'inscrit dans un genre de traités qui portent habituellement ce nom, comme le dit Rémi Brague, médiéviste arabisant, dans son introduction[1]. Dans sa recension de la traduction française, l'islamologue Pierre Lory écrit que « Nous avons affaire à un traité de morale, dissertant sur les bienfaits des grandes vertus et les dangers des divers vices. Le ton n’est guère islamique, il évoque plutôt la sagesse grecque, épicurienne notamment[2]. »

L'ouvrage est un des rares traités philosophiques de Razi à nous être parvenu, contrairement à ses traités médicaux dont nous possédons la majorité[3].

L'objectif de Razi est de proposer une sorte de manuel de préparation à la vie philosophique, qui passe par la pratique de la tempérance, dans la lignée des lectures grecques de l'auteur (Platon[4], les Stoïciens[5], et peut-être Épicure). Rémi Brague rapproche le style et le contenu de l'ouvrage du Manuel d'Épictète. Il s'éloigne par contre d'Aristote sur plusieurs points[6].

La médecine spirituelle fait pour l'esprit ce que la médecine corporelle (métier de Razi) fait pour le corps[7]. Razi s'inspire du médecin latin Galien dans son ouvrage, comme le montre Rémi Brague dans ses notes. Il s'agit de réfréner la passion en luttant contre elle avec son intellect[8].

Razi fait le portrait du philosophe ainsi, dans le chapitre XIX :

« La vie que passèrent et vécurent les plus excellents des philosophes consiste, pour le dire en abrégé, à commercer avec les gens en toute justice et, après cela, à user avec eux d'amabilité, en étant rempli de tempérance, d'indulgence, de bon conseil pour tous, et en multipliant les efforts pour être utile à tous[9]. »

Il reprend à l'épicurisme le raisonnement qui sert de remède à la peur de la mort : « l'homme [...] n'est atteint une fois mort par absolument rien qui le fasse souffrir, puisque la souffrance est une sensation, et que la sensation ne se trouve que chez le vivant » (ch. XX). Rémi Brague précise cependant que la mortalité de l'âme n'est peut-être pas l'opinion personnelle de Razi[10].

Végétarisme

Notes et références

Voir aussi

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