La Résurrection (Mantegna)

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Date
Lieu de création
La Résurrection
Artiste
Date
Lieu de création
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
71,1 × 94 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
1803-1-25Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Résurrection – en italien Resurrezione di Cristo[1] – est un tableau du peintre italien Andrea Mantegna, réalisé en 1459. Cette tempera sur bois est une peinture chrétienne représentant Jésus-Christ ressuscité sortant de son tombeau, l'étendard de la Résurrection à la main, sous le regard de soldats romains qui se réveillent apeurés.

Ce tableau est le panneau de droite de la prédelle du Retable de San Zeno, commandé en 1456 par Gregorio Correr, abbé du monastère bénédictin de San Zeno à Vérone[2].

Achevé en 1459, le retable comporte, en plus de ses panneaux principaux, une prédelle dont les trois panneaux sont aujourd'hui conservés en France suite aux spoliations napoléoniennes : le , le commissaire du gouvernement français Bertholet démembre l’œuvre et transporte les tableaux à Paris, où ils sont exposés au Muséum central à partir de [3].

En 1806, Vivant Denon, directeur du Muséum, accorde au Musée des Beaux-Arts de Tours les deux panneaux latéraux de la prédelle, qui font tous deux toujours partie des collections de ce musée aujourd'hui[4] : La Prière au Jardin des Oliviers et La Résurrection.

Des copies des trois panneaux de la prédelle, réalisées au XVIIIe siècle, sont aujourd'hui insérées dans le Retable de San Zeno à Vérone, qui a récupéré les panneaux supérieurs originaux en 1815[3].

Composition

Perspective

Mantegna utilise plusieurs procédés de mise en œuvre de la perspective, procédés qui traduisent les recherches effectuées durant le Trecento et préfigurent les techniques du Quattrocento[3]. On observe d'abord une perspective de taille : si les personnages de la scène représentée sont tous de même grandeur du fait de leur situation sur un même plan, la ville de Jérusalem, à la droite du tableau, est de taille très réduite car loin à l'arrière-plan. Cette perspective de taille se double d'une perspective atmosphérique, les éléments étant de plus en plus estompés au fur et à mesure de leur éloignement.

Enfin, si les lignes des dalles du sol ne convergent pas vers un point de fuite, elles créent tout de même un effet de profondeur, profondeur à laquelle contribue aussi la "grotte" grâce à la mise en œuvre d'une perspective conique.

Quant aux bords du tombeau, ils créent pour leur part un point de fuite qui se situe au centre du corps du Christ, permettant là aussi de souligner son statut de sujet principal de l'image.

Un "cadre dans le cadre"

Le personnage le plus important du tableau est le Christ. Cette importance est soulignée par la composition : Jésus, en plus d'être au centre, est comme encadré par les autres éléments. La grotte forme en effet comme un cadre dans le cadre autour de sa figure, tandis que les soldats, répartis de manière quasi-symétrique, forment un arc-de-cercle en-dessous de lui.

Couleurs

Le ciel

Comme dans la Prière au Jardin des Oliviers, le dégradé de bleu s'éclaircit jusqu'à devenir jaune-orangé au-dessus de l'horizon, ce qui permet à Mantegna de dépeindre l'aube qui se lève. La partie droite de l'horizon vire même au rose pour traduire l'arrivée imminente du plein jour.

Les vêtements et boucliers

Les attributs des gardes, qu'il s'agisse de leurs vêtements ou de leurs armes, utilisent des couleurs qui se retrouvent dans le paysage, s'y fondant parfois presque : gris rosé ou orangé, brun...

Dérogent à cette règle certains vêtements et armes rouges, comme autant de rappels des séraphins qui entourent le Christ. Les armures, le bouclier au sol à droite et la carapace de tortue quasi-noirs créent quand à eux un contraste avec la lumière associée au Christ, ce qui permet de mettre davantage en valeur ce dernier.

Le paysage

La végétation déploie de nombreuses teintes de vert, relativement claires pour les herbes poussant entre les dalles, et plus foncées pour les arbres.

L'essentiel de la palette chromatique n'est cependant pas fournie par la végétation mais par les éléments minéraux, qui constituent la majorité du paysage : la roche du tombeau et les pierres du dallage du sol. Aussi le paysage est-il majoritairement dans des nuances qui s'étalent du gris au brun voire dans des teintes mordorées.

Si la roche abritant le tombeau conserve une teinte rose, celle-ci est cependant bien moins vive que dans les autres panneaux de la prédelle (La Prière au Jardin des Oliviers et La Crucifixion). L'intérieur de la roche est même presque noir ; cela permet de nouveau de créer un contraste avec le Christ, qui n'en ressort que mieux.

Le Christ

Le Christ constitue la figure la plus importante du tableau ; il est donc particulièrement mis en valeur par les jeux de couleur. Les contrastes relevés plus haut permettent de faire ressortir de manière particulièrement efficace la lumière qu'il émet. L'alliance de l'or de la lumière christique et du rouge des séraphins permet de donner un effet incandescent au Christ.

Le rayonnement de cet effet d'incandescence s'observe grâce aux couleurs des parois de la grotte , qui prennent elles-mêmes une teinte dorée (reliefs de la paroi gauche) ou rougeâtre (fonds de la grotte).

Alors que le corps du Christ apparaissait presque gris dans la scène de la Crucifixion, il prend ici une teinte mordorée qui s'allie avec l'or des rayons émis.

Éléments iconographiques

Références

Liens externes

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