La Ruche (cité d'artistes)
cité d'artistes sise à Paris
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La Ruche est une cité d'artistes comptant une soixantaine d'ateliers, située au passage de Dantzig, dans le quartier Saint-Lambert du 15e arrondissement de Paris.
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Description


La Ruche est sise au numéro 2 du passage de Dantzig, à l'ouest et proche des anciens abattoirs de Vaugirard créés peu après la Ruche en (à l'emplacement de l'actuel parc Georges-Brassens), dans le 15e arrondissement de Paris.
Jusqu'en , la résidence est reliée à Montparnasse par un tramway tiré par deux chevaux. Derrière la grande grille en fer à moitié dissimulée sous le lierre se dresse cet espace de verdure en plein Paris et l'un des plus importants centres artistiques du XXe siècle.
Le pavillon des vins, de forme octogonale, occupe le centre de la propriété, qui couvre près de 5 000 m2. S'élevant sur trois étages, il est composé de nombreux petits ateliers d'une trentaine de mètres carrés.
Les façades et toitures du bâtiment sont inscrites aux monuments historiques par un arrêté du [1].
Histoire
Création et développement

La Ruche est fondée en par le sculpteur de Nogent-sur-Seine, Alfred Boucher (-), à partir d'éléments récupérés après la fermeture de l'exposition universelle de : le pavillon des vins de Bordeaux (dont la structure métallique est de Gustave Eiffel), la grille d'entrée du pavillon des femmes et les cariatides du pavillon de l'Indonésie qu'il fait remonter sur un terrain d'une superficie de 4 033 m2 qu'il a acquis en .
La Ruche a été créée pour aider de jeunes artistes sans ressources. De futurs artistes renommés ont pu bénéficier de ce lieu tels que Marguerite Jeanne Carpentier, Charles Lemanceau[2], Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine, René Thomsen, Jean Arnavielle[3], Pinchus Krémègne, Henri Epstein, Constantin Brâncuși, Fernand Léger, Marie Laurencin, Rolf Hirschland, Michel Kikoine, Alexandre Archipenko, Amcheï Nürenberg[4], Ossip Zadkine[5],[6], Alexandre Altmann, Hanna Ben-Dov, Jacques Yankel, Gabriel Deluc, le sculpteur allemand Max Bezner, Abel Pann, Marc Chagall[7], Georges Dorignac, Jules Cavaillès, Victor Dupont, Paul Rebeyrolle[8], Simone Dat, Serge de Turville, Paul Maïk[9], José Balmes[10], Gracia Barrios[11], Francis Herth.
Un théâtre de 300 places se trouvait dans le jardin de la Ruche. Dans ce théâtre a débuté Louis Jouvet et se retrouvaient Marguerite Moreno, Jacques Hébertot et Jacques Copeau[12].
Le nom de « Ruche » vient de Boucher lui-même, qui considère les artistes bourdonnant de créativité qui s'agitent dans la cité comme les abeilles d'une immense ruche. En , la cité comptait 90 artistes et 110 ateliers. Alfred Boucher impose à ses pensionnaires qu'ils se réunissent dans un atelier où pose un modèle, bien souvent Margot, une fabricante de poupées que rémunère Boucher[réf. nécessaire].
La Ruche est comparable au Bateau-Lavoir de Montmartre. Après la Première Guerre mondiale, elle supplante ce dernier par ses activités artistiques et sa renommée.
Fonctionnement actuel
Aujourd'hui, la Ruche compte une soixantaine d'ateliers de toutes tailles, où résident encore de nombreux artistes, tous locataires et qui, pour la plupart, y restent toute leur vie. Ernest Pignon-Ernest, Jean-Michel Alberola, Jan Olsson, Nicky Rieti, Jean-Pierre Péraro, Mathieu Weiler, Anna Foka, Romain Bernini, Marie Désert, Adeline André, Bogdan Pavlovic, Philippe Lagautrière, Isabelle Muller, Bertrand Henry, Régis Rizzo, Zoreh Ramezani, Ianna Andréadis, Michèle Van Der Roer, Christiane Aubard, Isabelle Geoffroy-Dechaume, Marie-Pierre Guillon, Alice Lothon, Yves Robuschi, Himat, Betty Bommel, Cecilia Cubarle, Ruth Barabash, Nelly Maurel, Myung-Ok Han, Stéphane Guénier, Najah Albukai, Michaël Gaumnitz, Daniel Lebée, Lereste, Soustiel. À la différence des autres cités d'artistes, la Ruche n'est plus ouverte au public : seuls les résidents et de rares privilégiés y ont accès, sur invitation. La Ruche peut cependant se visiter, à condition d'être accompagné d'un guide conférencier et lors des Journées du patrimoine.
La Ruche a été de tout temps financée par un mécénat privé et des aides publiques. La fondation La Ruche-Seydoux, créée en grâce à la donation de Geneviève Seydoux[13],[14] et reconnue d'utilité publique par décret du [15],[16], en assure la gestion et l'entretien.
Une convention tripartite de partenariat, signée le entre la Fondation La Ruche-Seydoux, la Fondation Total, et la Fondation du patrimoine, a comme objectif un programme de restauration des bâtiments[17].
Depuis , la Ruche est dotée d'une salle d'expositions située au rez-de-chaussée dans le passage Dantzig, ouverte toute l'année et qui accueille deux vernissages par mois [18]. L'accès à la salle ne permet pas de visiter le reste de la Ruche.
À l’international
Iconographie
- Pinchus Krémègne qui y demeure de à , peint en La Ruche vue de la fenêtre de l'atelier.
- Eduardo Arroyo rend hommage à Soutine qui l'a précédé à la ruche en le représentant dans son atelier (Soutine, ).
- Arroyo pose dans son atelier du passage de Dantzig pour le peintre Herman Braun-Vega (Arroyo dans son atelier du passage de Dantzig, )[20],[21].
- La Ruche sert de décor à plusieurs scènes du film de Bernard Borderie Le Gorille vous salue bien.
