Malgré une consonance géopolitique[4], il n'est nullement question des deux Corée dans la pièce. En effet, la convocation de la région coréenne permet d’exprimer métaphoriquement la relation amoureuse[5] : le couple est une entité formée par deux individus autonomes et contraires, comme la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Enfin, le sens du titre est éclairé par le texte lui-même dans l’épisode « Memoire[6] ». Quand la femme demande de quelle manière ils s’aimaient lors de leur mariage, L’homme raconte qu’à leur rencontre tout était parfait, que c’était comme « deux moitiés qui s’étaient perdues et qui se retrouvaient[7] ». Il continue sa tirade par la comparaison à la réunification des deux Corées, aux retrouvailles des familles séparées[8].
L'élément fondateur de La Réunification des deux Corées réside dans l'idée d'un dispositif scénique bifrontal[9]. En effet, le public est divisé en deux parties se faisant face. Les personnages évoluent sur un long et noir couloir d'une trentaine de mètres[10], une sorte de no man's land[11]. Une fois le dispositif mis en place, Joël Pommerat a invité des comédiens afin d'expérimenter ce nouvel espace scénique[12]. C'est à partir de ces improvisations que l'auteur a créé son spectacle.
Joël Pommerat reprend la structure de la pièce de l'écrivain allemand Arthur Schnitzler La Ronde[13]. L'influence est d'autant plus revendiquée du dramaturge, du fait qu'il réécrit dans la scène finale de La Réunification des deux Corées « L'amour ne suffit pas », la scène d'ouverture de La Ronde « La fille et le soldat[13] ».
Joël Pommerat s'inspire également du film d’Ingmar Bergman Scènes de la vie conjugale (1973[14]). Un parallèle évident peut être tissé entre la première scène de La Réunification des deux Corées « Le divorce » et l'un des extraits du film L'Art de cacher la poussière sous les meubles[13].
| Acteurs[15] |
Rôles |
| Saadia Bentaïeb |
La femme qui veut divorcer
Nicole, une femme de ménage
Christelle, la future mariée
La mère d’un jeune enfant dans une école La mère d’un jeune soldat |
| Agnès Berthon |
Une femme voulant se séparer d’une autre
Une femme qui rencontre son premier amour
Myriam, une sœur de la future mariée
Celui ou celle qui chante
La directrice de l’école
Une femme qui n’a pas de souvenir |
| Yannick Choirat |
Un premier amour
Un médecin, un soir de deuil
Un homme chez lui assis à une table
Un instituteur
Un homme dont les enfants ont disparu |
| Philippe Frécon |
Le mari d’une des sœurs de la future mariée
Un homme dans une chambre d’hôtel
Un homme qui attend sa femme en compagnie d’une autre
Un homme dont la femme n’a plus de souvenir
L’ami qui ne comprend pas |
| Ruth Olaizola |
Une femme n’arrivant pas à se séparer d’une autre
Corinne, une femme de ménage
Marie-Eve, une sœur de la future mariée
Une femme dont le père vient de mourir
Une femme dont le mari revient après dix ans
Un jeune soldat
Une femme pour qui l’amour ne suffit pas
Une prostituée dans la nuit |
| Marie Piemontese |
La voix s’adressant à celle qui veut divorcer
Nathalie, une sœur de la future mariée
Une prostituée chez elle
Une femme qui attend son mari en compagnie d’un homme
Une femme dont les enfants ont disparu |
| Anne Rotger |
Cécile, une femme de ménage
Caroline, une sœur de la future mariée
Une femme dans une chambre d’hôtel
Une femme engagée pour garder des enfants
Une femme qui attend un enfant |
| David Sighicelli |
Un psychothérapeute
Christian, le futur marié
Le futur mari de celle qui vient de perdre son père
Un prêtre
Le père d’un jeune enfant dans une école
L’ami qui n’arrive pas à se faire comprendre
Celui qui tente de convaincre une jeune femme de ne pas garder son enfant |
| Maxime Tshibangu |
L’ami de celle qui rencontre son premier amour
Celui qui revient après dix ans
Le père du jeune soldat
Un homme dans un lit
Celui qui rencontre une prostituée la nuit |
Source[15]
- Éric Soyer : scénographie et lumière
- Isabelle Deffin : création costumes
- François Leymarie et Grégoire Leymarie : création son
- Antonin Leymarie : création musique originale
- Renaud Rubiano : création vidéo
- Thomas Ramon : Accessoires