La Sphère féminine

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La Sphère féminine était une revue annuelle publiée à Montréal par l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec (ACVFQ), fondée et dirigée par Idola St-Jean. Paru de 1933 à 1946, la revue contient une section en anglais et constitue un outil d’information et de revendication pour le droit de vote des femmes[1].

Ce journal était la voix de l’Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec fondée en 1927, une organisation féministe militant pour la défense des droits et intérêts des femmes de la province, ainsi que pour l’amélioration de leurs conditions sociales. La première parution du journal fut en 1933, onze numéros furent publiés au total, comptant de 30 à 60 pages chacun. C’est durant des émissions radiophoniques que sa directrice, Idola St-Jean, en fait la promotion à l’échelle québécoise. La revue gagne de la popularité dans plusieurs organisations, car la revue leur est distribuée, mais elle attire également l’attention en dehors des milieux féministes. Les publicités permettent la gratuité de la revue mais, contrairement aux désirs de sa directrice, La sphère féminine n’a jamais pu être publiée de façon mensuelle en raison de restrictions financières. Durant les années 1930 et 1940, La sphère féminine est la seule publication suffragiste et féministe ayant une diffusion d’une aussi grande ampleur[2].

Idola St-Jean s’implique considérablement dans l’écriture des articles de la revue[3], on y retrouve ses stratégies et convictions à travers notamment la reproduction de ses conférences et discours. Les différentes parutions abordent les changements internationaux en matière de droits des femmes, l’évolution des actions de l’Alliance, des comptes-rendus de conférences et de publications féministes internationales, des conseils juridiques, et plus encore[4]. La sphère féminine discute des situations des femmes dans divers domaines pour exposer les arguments derrière les revendications suffragettes, notamment dans l’accès à l’éducation, aux droits professionnels et économiques, ainsi qu’à l’égalité entre les sexes dans le but d’atteindre un statut d’émancipation féminine[5]. La sphère féminine était également reconnue par la valorisation de la coopération féminine dans la gestion des problèmes sociaux importants[6]. Cet organe représentait une grande portion du mouvement suffragiste au Québec et témoigne des avancées en matière de progrès civils et politiques[7] à travers des articles écrits par des suffragettes iconiques de la province, tel que Annie MacDonald Kangstaff, ainsi que des études documentées sur les droits des femmes[8]. Les commentaires de l’époque mettent de l’avant la cohérence politique des idées défendues dans les articles, qui développent une conceptualisation de la démocratie dépendante de l’égalité devant la loi, de l'absence d’exclusion sociale et d’une introduction à la justice redistributive. Le titre de la revue vise d’ailleurs à mettre de l’avant la dichotomie entourant les sphères publiques et privées habituellement associées respectivement aux hommes et aux femmes[9].

Finalement, le dernier numéro fut publié en 1946[10], quelque temps après la mort de sa directrice et six ans après l’obtention du Droit de vote des femmes au Québec[11]. Plusieurs difficultés marquent la parution de cette dernière revue et sont justifiées par la grande place occupée par Idola dans l’organisation, et de l’importance de son implication au sein du journal, mais aussi de l’Alliance[12].

Actions et critiques

Références

Bibliographie

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