La dissimulation freudienne

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La dissimulation freudienne (anglais : the Freudian Cover-up) est une théorie introduite pour la première fois par la travailleuse sociale américaine Florence Rush durant les années 1970, qui affirme que Sigmund Freud a intentionnellement ignoré les preuves que ses patients ont été victimes d'abus sexuels[1],[2]. La théorie de Rush soutient qu'en développant sa théorie de la sexualité infantile, Freud a interprété par erreur les allégations d'abus sexuels de ses patients comme des symptômes d'un désir incestueux refoulé. Par conséquent, Freud a affirmé que les enfants qui ont signalé des abus sexuels commis par des adultes avaient imaginé ou fantasmé l'expérience.

Rush a présenté sa théorie « The Freudian Coverup » durant sa présentation The Sexual Abuse of Children: A Feminist Point of View, consacrée aux abus sexuels et à l'inceste durant l'enfance, lors de la conférence sur le viol des Radical Feminists de New York (NYRF) en [1].

Sigmund Freud, le fondateur de la psychanalyse. Ruth soutient que Freud a délibérément caché l'existence d'incestes à grande échelle sur ses patientes.

D'après Ruth, au début de sa carrière, Freud croyait que les petites filles étaient souvent victimes d'abus sexuels, car la plupart de ses patients étaient des femmes et signalaient systématiquement des cas d'agression sexuelle pendant l'enfance[3]. Beaucoup de patients de Freud avaient reçu un diagnostic victorien en commun, l'hystérie[3]. Puisque ses patients hystériques ont signalé à plusieurs reprises des abus sexuels, nommant le plus souvent leurs pères comme les agresseurs, Freud a établi un lien de causalité entre les abus sexuels et la névrose[3]. Ce lien a posé le cadre de la théorie de la séduction, dans laquelle il a souligné un lien direct entre les abus sexuels dans l'enfance et l'hystérie à l'âge adulte[3]. Selon Florence Rush, autrice de The Freudian Cover-up, cette incrimination répétée et persistante des pères par ses patients a mis Freud mal à l'aise, ce qui l'a conduit à abandonner la théorie de la séduction[3]. Plus à l'aise avec le fantasme qu'avec la réalité de l'abus sexuel, Freud était encore plus à l'aise lorsqu'il pouvait nommer la mère plutôt que le père comme séducteur[3]. Ainsi, la théorie du « Complexe d'Œdipe » s'est concrétisée[3]. D'autres féministes ont soutenu les revendications de Rush, dont Susan Brownmiller, Louise Armstrong et Diana E. H. Russell.

Avant que Freud ne puisse conclure que la séduction par les pères était un fantasme, il devait se débarrasser de sa théorie antérieure[3]. Puisque les hommes ne se plaignaient pas de séduction maternelle, Freud limitait l'abus imaginé à un problème féminin spécifique[3]. Pour dégager la responsabilité des pères, Freud a jugé nécessaire de saper les perceptions de ses patientes[3].

Entre les années 1970 et 1980, puis durant les années 1990, des arguments ont été avancés selon lesquels Freud a abandonné ses croyances initiales dans les récits d'abus des femmes (la théorie de la séduction) et l'a remplacée par la théorie œdipienne ; cela illustre les manières dont il a caché ou altéré des informations à ses patients, ce qui est inacceptable dans un contexte professionnel[4]. La dissimulation freudienne a exposé la théorie de Freud, le refus de nommer l'agresseur, et en outre, la tentative d'un homme pour cacher des pratiques sexuelles illégales ou immorales[4]. C'est à cette époque que les hommes victoriens ont été autorisés à se livrer à des relations sexuelles interdites, à condition qu'ils parviennent à garder leurs indiscrétions cachées[4]. Freud, qui considérait le tabou de l'inceste comme vital pour l'avancée de la civilisation (voir Totem et Tabou), semblait exiger que les relations sexuelles interdites soient pratiquées avec tact et discrétion afin que la surface de la respectabilité victorienne ne soit en aucune façon troublée[4]. Par conséquent, toute tentative de la part de l'enfant victime ou de sa famille d'exposer l'agresseur expose ses propres motivations sexuelles présumées, et lui fait plus honte qu'au coupable ; la dissimulation est donc son seul recours[4].

Critiques

Références

Annexes

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