La nature ne fait rien en vain

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La nature ne fait rien en vain (en grec ancien : ἡ φύσις οὐδὲν ποιεῖ μάτην, en latin : natura nihil facit frustra) est un proverbe et une thèse physique et métaphysique issus des travaux du philosophe grec Aristote.

Téléologie locale et relative

L'enquête sur la nature est l'un des fils conducteurs de l’œuvre d'Aristote. La nature ne fait rien en vain parce qu'elle prend en compte les possibilités (ἐκ τῶν ἐνδεχομένων[1]) qui définissent l'agencement des parties au sein de l'univers naturel[2]. La nature opère selon un principe d'économie et ne donne à chacun que ce qui lui est utile pour se réaliser[3]. Cela ne signifie pas toutefois que la nature atteint toujours sa fin, car un processus finalisé n'aboutit pas immanquablement[4].

Cette doctrine, finaliste, ne doit pas être comprise comme une téléologie cosmique. Aristote ne soutient pas que la nature fait toujours le meilleur cosmique, mais bien que la nature va dans le sens du meilleur à l'échelle des possibilités propres à chaque être. Pierre-Marie Morel écrit ainsi qu'« il s'agit donc d'une téléologie relative, locale, qui opère à l’échelle des êtres vivants »[5].

Production naturelle et production divine

La nature n'est pas identifiée, chez Aristote, à une production divine ou surnaturelle. Elle est éternelle, et l'univers est incréé, éternel. Toutefois, de manière exceptionnelle dans le traité Du ciel, Aristote rapproche la production divine et la production naturelle en écrivant que « Dieu et la nature ne font rien en vain ». Selon Simplicius, il signifie que la nature fournit d'en bas une disposition qui a en vue une fin, que Dieu éclaire d'en haut[6].

Occurrences

Il expose sa théorie de la nature dans divers ouvrages, de la Physique à la Métaphysique, en passant par Du mouvement des animaux. Dans le huitième chapitre de ce livre, Aristote écrit que « la nature ne fait rien en vain, mais toujours en visant pour chaque être le meilleur dans la limite des possibilités, préservant la substance propre, c’est-à-dire l’essence même de chacun »[7]. Dans les Parties des animaux, il écrit une variante : « la nature ne fait rien de superflu » (livre IV), ainsi que « la nature ne fait rien en vain, ni rien de superflu »[8]. Le proverbe est présent dès le premier livre de la Politique[9],[10], où Aristote l'applique à la cité, qu'il considère comme étant au nombre des choses de la nature[11]. La formulation habituelle de l'expression est « ἡ φύσις οὐδὲν ποιεῖ μάτην »[12]

Postérité

Critiques

Notes et références

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