Labos 1point5
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Labos 1point5 est un collectif de membres du monde académique français de tous statuts et toutes disciplines de recherche, ayant l'objectif de mieux comprendre et réduire l'impact des activités de recherche scientifique sur l'environnement.
Le groupement de recherche éponyme — soutenu par le CNRS, l'ADEME, l'INRAE et l'Inria — qui organise et structure les activités principales de Labos 1point5. L'outil en ligne GES 1point5 permet la réalisation de bilans d'émissions de gaz à effet de serre des unités de recherche.
Le collectif est créé en 2019[1] par Tamara Ben Ari, chercheuse à INRAE et Olivier Berné, chercheur au CNRS[2]. Labos 1point5 est un mouvement de réappropriation de la transformation environnementale de la recherche par ses personnels[2],[3] construit sur et par l'autonomie des unités de recherche[4],[5],[6].
Une tribune publiée dans Le Monde en donne naissance au collectif et défend une transformation des pratiques de la recherche face à l'urgence écologique[7],[8],[9]. L'origine du nom fait référence à l'accord de Paris sur le climat qui vise à limiter l'élévation de température à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.
Labos 1point5 propose comme principe de s'appuyer sur la méthode scientifique pour étudier l'empreinte carbone de la recherche et ainsi participer à un champ de recherche émergeant. En , l'outil libre, open-source et gratuit GES 1point5 est mis à disposition des unités de recherche gratuitement pour qu'ils puissent effectuer le bilan d'émission de gaz à effet de serre lié à leurs activités[10],[11]. L'outil libre GES 1point5 a permis la création d'une base de données rassemblant les empreintes carbone de près de 1000 unités de recherche en France[12] ainsi que la comparaison du potentiel d'atténuation d'une série d'option de réduction des émissions de GES[13]. Différentes enquêtes sont réalisées auprès des personnels de recherche, avec la toute première enquête sur les scientifique face à l'urgence climatique réalisée en astrophysique[14], puis répliquée en sciences du climat[15] et enfin reprise et étendue à l’échelle nationale[16]. Des enquêtes de terrain sous forme de monographies sont menées avec le support de l'ADEME[17].
Labos 1point 5 se propose de définir une nouvelle éthique environnementale de la recherche[18]. Le comité d’éthique du CNRS (COMETS) a rendu un avis en estimant que la prise en compte des enjeux environnementaux de la recherche relève de l'éthique de la recherche[19],[20]. Son rapport souligne à plusieurs reprises les apports réalisés dans ce domaine par Labos 1point5.
Groupement de Recherche

Le groupement de recherche (GDR), Labos1point5 est créé en 2021[21],[22] pour abriter ses activités de recherche[23],[24],[25]. La coordination du GDR Labos 1point5 s'appuie sur une équipe de statut, d'institutions et de disciplines variées et près de 250 personnels de recherche dans toutes les disciplines en sont membres en 2024[26]. Le GDR Labos 1point5 est organisé autour de deux axes principaux de travail et permet à tout membre de la recherche publique de déclarer du temps de travail pour des travaux de recherche et de recherche-action sur l'empreinte carbone de la recherche.
L’axe Analyse a pour but d'estimer et caractériser l’empreinte carbone de la recherche publique en France en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Les travaux de cette équipe montrent par exemple que la part majoritaire du transport aérien sur l'empreinte carbone des voyages dans la recherche (96%)[27], notamment les vols intercontinentaux (10% des vols pour 64% des émissions des voyages) qui constituent donc un potentiel de réduction significatif. Par ailleurs, ces déplacements individuels en avion sont associés à des taux de publication et à un index-h plus élevés, suggérant ainsi que l'avion est un moyen d'obtenir ou d'entretenir de la visibilité[28]. Une autre étude a établi la méthodologie permettant d'évaluer l'impact carbone des achats dans la recherche, à partir d'une base de données de facteurs d'émission monétaires[29]. L'article montre que la part médiane des achats sur les 108 laboratoires considérés est de 50%, soit le poste d'émission majoritaire, et que l'émission des achats est fortement corrélés au budget du laboratoire[29]. Les organismes de recherche tel que le CNRS ou l'INRAE se sont appuyés sur ces travaux pour réaliser leur bilans[30].
L’axe Transition vise à accompagner et étudier la transition écologique des laboratoires, par la construction d'un réseau de laboratoires en transition en et par la mise en place d'actions de communication[31].
L'équipe Enseignement vise à faciliter l'enseignement des enjeux écologiques et produire du contenu pédagogique pour former les étudiants et le personnel de la recherche[32].
L'équipe Communication & Technique permet de diffuser les objectifs et résultats du collectif via des activités de veille scientifique, de décryptages d'articles scientifiques et de création de supports de communication, mis en ligne sur le site internet du collectif.
D'autres équipes, extérieures aux GDR Labos 1point5, proposent enfin des ateliers de discussion ou d'échange[33].
Liens externes
- ↑ « Face aux crises écologiques, les scientifiques montent au front », Alternatives économiques, vol. 440,
- 1 2 Tamara Ben Ari et Olivier Berné, « La frugalité, un terme un peu radioactif », Socio. La nouvelle revue des sciences sociales, no 17, , p. 67–82 (ISSN 2266-3134, DOI 10.4000/socio.14152, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Ces chercheurs tentés par la « bifurcation » écologique », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Recherche française : de la contestation à l’émancipation, les labos s’organisent », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Reporterre, « Les scientifiques français entament leur mue écologique », sur Reporterre, le média de l'écologie (consulté le )
- ↑ « Recherche et environnement : le collectif Labos 1point5 promeut une recherche responsable », sur www.cnrs.fr (consulté le )
- ↑ « Face à l’urgence climatique, les scientifiques doivent réduire leur impact sur l’environnement », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Comment les chercheurs réduisent leur empreinte carbone », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La recherche bas carbone met en tension le fonctionnement académique ordinaire », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Jérôme Mariette, Odile Blanchard, Olivier Berné et Olivier Aumont, « An open-source tool to assess the carbon footprint of research », Environmental Research: Infrastructure and Sustainability, , p. 2021.01.14.426384 (DOI 10.1101/2021.01.14.426384, lire en ligne
[PDF], consulté le ) - ↑ « Jérôme Mariette, ingénieur à l'INRAe à Toulouse : "Un outil unique au monde pour calculer l’empreinte carbone" », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ (en) Tamara Ben-Ari, « Author Correction: How research can steer academia towards a low-carbon future », Nature Reviews Physics, vol. 5, no 10, , p. 623–623 (ISSN 2522-5820, DOI 10.1038/s42254-023-00658-0, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Tamara Ben-Ari, Gaëlle Lefort, Jérome Mariette, Olivier Aumont, Laurent Jeanneau, Alexandre Santerne, Aymeric Spiga et Philippe-e Roche, « Flight quotas outperform focused mitigation strategies in reducing the carbon footprint of academic travel », Environmental Research Letters, vol. 19, no 5, , p. 054008 (ISSN 1748-9326, DOI 10.1088/1748-9326/ad30a6, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Pierrick Martin, « La place de l’urgence climatique en astrophysique », Proceeding de la Société Française d'Astronomie et d'Astrophysique (SF2A), (lire en ligne
[PDF]) - ↑ Institut Pierre Simon Laplace, « Questionnaire sur l’empreinte carbone des pratiques de recherche à l’IPSL », AG de l'Institut Pierre Simon Laplace, (lire en ligne
[PDF]) - ↑ « Inquiets mais pollueurs : une enquête sur le personnel de la recherche française face au changement climatique - Documents de travail - Ined éditions », sur Ined - Institut national d’études démographiques (consulté le )
- ↑ « Emmanuel Monneau », sur LISIS (consulté le )
- ↑ « Le monde académique doit définir une éthique environnementale de la recherche », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ COMETS, « Avis n°2022-43 - Intégrer les enjeux environnementaux à la conduite de la recherche – Une responsabilité éthique », sur COMETS, (consulté le )
- ↑ « Le monde de la recherche a la responsabilité de limiter les impacts environnementaux de ses activités. », sur www.cnrs.fr (consulté le )
- ↑ « GdR Labos 1point5 : Analyser et réduire l’empreinte carbone de la recherche », sur www.cnrs.fr (consulté le )
- ↑ « "Labos 1point5 s’est construit dans un contexte de montée en puissance... », sur www.aefinfo.fr (consulté le )
- ↑ « Labos 1point5 à AEF info : "Notre nouvel outil permet de chiffrer l’impact... », sur www.aefinfo.fr (consulté le )
- ↑ « Pourquoi et comment initier une transition dans les laboratoires ? | Société Mathématique de France », sur smf.emath.fr (consulté le )
- ↑ « Empreinte carbone des laboratoires de recherche: de l’avion aux achats | UFR Sciences Fondamentales et Biomédicales » (consulté le )
- ↑ « Comment les chercheurs réduisent leur empreinte carbone », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Tamara Ben Ari, Gaëlle Lefort, Jérome Mariette et Olivier Aumont, « Flight Quotas Hold the Most Significant Potential for Reducing Carbon Emissions from Academic Travel », prépublication, (DOI 10.31223/x5wd5h, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Olivier Berné, Lydiane Agier, Antoine Hardy et Emmanuel Lellouch, « The carbon footprint of scientific visibility », Environmental Research Letters, vol. 17, no 12, , p. 124008 (ISSN 1748-9326, DOI 10.1088/1748-9326/ac9b51, lire en ligne, consulté le )
- 1 2 (en) Marianne De Paepe, Laurent Jeanneau, Jerôme Mariette et Olivier Aumont, « Purchases dominate the carbon footprint of research laboratories », prépublication, Scientific Communication and Education, (DOI 10.1101/2023.04.04.535626, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le CNRS calcule son deuxième bilan carbone | CNRS », sur www.cnrs.fr, (consulté le )
- ↑ « Webinaire », sur labos1point5.org
- ↑ Olivier Monod, « Des propositions pour une réforme environnementale de la recherche », sur Libération (consulté le )
- ↑ « Rencontres intimes avec l’Anthropocène – Institut Pierre-Simon Laplace » (consulté le )