Lac Abbe
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Le lac Abbe, Abbé ou Abhe Bad est un lac salé endoréique d'Afrique de l'Est situé sur la frontière entre Djibouti et l'Éthiopie, à l'extrémité occidentale de la vallée de l'Awash et l'extrémité occidentale du grand bassin du Gobaad[1].
| Lac Abbe | |
Cheminées hydrothermales de travertin et flamants roses au lac Abbe en 2005 | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Statut | Liste indicative du patrimoine mondial (en) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 11° 10′ 00″ N, 41° 47′ 00″ E |
| Type | Naturel |
| Origine | Tectonique |
| Superficie | 320 km2[1] |
| Longueur | 24 km |
| Altitude | 243 m[1] |
| Profondeur · Maximale · Moyenne |
37 m[1] 8,6 m[1] |
| Volume | 3 km3[1] |
| Hydrographie | |
| Bassin versant | 64 000 km2 |
| Alimentation | Awash |
| Émissaire(s) | Évaporation |
| Divers | |
| Commentaire | Lac salé endoréique |
| modifier |
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Toponymie
Le nom du lieu, en afar, Abbe Bada signifie « lac pourri », « lac malodorant », en référence aux émanations de sulfure d'hydrogène (odeur d'œuf pourri) qui s'échappent du sommet ou de la base des cheminées naturelles[2].
Géographie
Localisation et topographie
Le lac Abbe se situe dans la dépression de l'Afar, à cheval sur la frontière entre l'Éthiopie à l'ouest et Djibouti à l'est. Il reçoit les eaux de la rivière Awash mais étant endoréique, il ne possède aucun émissaire et son niveau se maintient par évaporation de ses eaux salées qui forment alors des concrétions de sels. Il est connecté à cinq autres lacs qui sont le lac Afambo, le lac Bario, le lac Gargori, le lac Gummare et le lac Laitali. D'origine tectonique et inscrit dans un graben encadré au Nord par le horst des monts Dakka et au Sud par le horst des monts Ayrorré[3], le lac Abbe est relativement peu profond avec une profondeur moyenne de 8,6 mètres[1].
Géologie
Des cheminées ruiniformes d'où s'échappent parfois des fumerolles aux senteurs de soufre surgissent du fond du lac, gorgé de sources chaudes riches en calcium. As Bahalto, la grande cheminée, a une hauteur approximative de 60 m et un diamètre de 90 m. L'origine de ces cheminées hydrothermales est liée à la présence de fractures parallèles au graben mais qui sont masquées actuellement par des dépôts lacustres beaucoup plus étendus que le lac actuel, témoignant d'une régression lacustre importante. L'ancien lac, formé il y a 6 000 ans lors d'un épisode de rifting (le jeu des failles normales entraînant l'effondrement de la région), était entouré de volcans. Son plancher, 100 m plus bas que le lac actuel, était parcouru de fractures à travers lesquelles montaient des sources chaudes à forte concentration de calcium puis se mélangeaient à l'eau froide du lac, formant en quelques milliers d'années une importante précipitation de travertin au niveau des orifices de sortie de ces fractures[4]. Ces cheminées présentent souvent une structure stromatolithique[5]. Le lac se situe d'ailleurs à proximité d'un volcan aujourd'hui endormi, le Dama Ali au nord-ouest.
Des carottes sédimentaires ont été prélevées au printemps 2023, afin de mieux comprendre le passé climatique de la région[6].
- Image satellite du lac Abbe.
- Partie asséchée du lac Abbe en 2005.
- Partie marécageuse du lac Abbe en 2005.
- Fumerolle du lac Abbe en 2005.
- Cheminées fumerolliennes, alignées le long des fractures.
Écosystèmes
La faune sauvage du lac Abbe se compose quasi essentiellement de gazelles dorcas et d'importantes colonies de flamants roses.
- Flamants roses au lac Abbe en 2005.
- Gazelle dorcas au lac Abbe en 2005.
La faune domestique se compose, quant à elle, des dromadaires caravaniers, des ânes, des moutons, et des chèvres élevés par les Afars installés aux abords du lac.
- Dromadaire au lac Abbe en 2005.
- Troupeau et son berger au lac Abbe en 2005.
Histoire
Wilfred Thesiger, qui reconnait les lieux en 1934, décrit ainsi son périple[7] :
« L'Aouache contournait les volcans de Gira pénétrait de nouveau dans le désert et allait se perdre dans les eaux salées du lac Abbé... Près de cinq cents kilomètres carrés d'eau salée sur lesquels flottent des algues couleur de sang putride. Des vagues paresseuses frappaient la boue noirâtre et visqueuse du bord du lac et de l'eau chaude suintant des rocs basaltiques venaient s'y infiltrer. C'était un lieu peuplé d'ombres.. »
