Lac Bamendjing
lac au Cameroun
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Le lac de Bamendjing, également appelé lac Bamendjin ou réservoir de Bamendjing, est un lac artificiel situé au Cameroun, sur le Noun, dans le bassin de la Sanaga. Il est associé au barrage de Bamendjing, mis en service dans les années 1970 pour contribuer à la régulation hydrologique de la Sanaga et au soutien de la production hydroélectrique en aval.
| Pays | |
|---|---|
| Régions |
Ouest et Nord-Ouest |
| Coordonnées | |
| Cours d'eau |
Noun |
| Vocation |
Régulation du bassin de la Sanaga |
|---|---|
| Propriétaire |
État du Cameroun |
| Date de mise en service |
1974 |
| Altitude |
1 150 m |
|---|---|
| Volume |
1,85 km³ |
| Superficie |
3,3 km² |
Géographie
Le lac de Bamendjing est situé sur le plateau de l'Ouest camerounais, à une altitude d'environ 1 150 m. Il s'étend principalement dans la région de l'Ouest, avec des ramifications vers la région du Nord-Ouest. Il concerne plusieurs localités et communes, dont Galim, Kouoptamo, Balikumbat, Ndop et Bangourain.
Le réservoir est alimenté par le Noun, affluent du système hydrologique de la Sanaga. Il forme un vaste plan d'eau entouré de collines, de zones humides, de terres agricoles et de pâturages.
Sa superficie varie selon les saisons. Elle est généralement estimée entre 25 500 ha et 33 300 ha, soit environ 255 km2 à 333 km2[1]. Sa profondeur maximale est d'environ 18 m, pour une profondeur moyenne d'environ 5 m[2].
Histoire
La mise en eau du barrage de Bamendjing date de 1974-1975. L'ouvrage s'inscrit dans un programme de régulation de la Sanaga, destiné à sécuriser les débits nécessaires à la production hydroélectrique nationale[3].
Le barrage appartient à l'État du Cameroun. Sa gestion est d'abord assurée par la SONEL, puis par AES Sonel et Eneo. En 2015, Eneo annonce le transfert de la gestion des barrages-réservoirs de Bamendjing, Mbakaou et Mapé à Electricity Development Corporation[4].
Des audits de sécurité des ouvrages hydrauliques sont ensuite engagés afin d'évaluer l'état des barrages-réservoirs et leur conformité aux exigences de sûreté[5].
Caractéristiques
Le barrage de Bamendjing est un ouvrage de retenue destiné à la régulation hydrologique. Son réservoir atteint un volume d'environ 1,85 milliard de mètres cubes[1].
Le lac présente une superficie variable, liée aux saisons et aux besoins de régulation du système hydroélectrique de la Sanaga. La surface du réservoir peut atteindre environ 33 000 ha[1].
Rôle hydrologique et énergétique
Le barrage de Bamendjing joue un rôle important dans la régulation du débit de la Sanaga. En retenant les eaux du Noun, il contribue au soutien des débits en aval pendant les périodes d'étiage.
Cette régulation permet d'améliorer l'alimentation en eau des centrales hydroélectriques situées plus bas dans le bassin de la Sanaga, notamment celles d'Édéa et de Song Loulou[6].
Environnement et biodiversité
Le lac de Bamendjing forme une vaste zone humide artificielle. Il abrite des ressources halieutiques, notamment des tilapias, des silures et d'autres poissons d'eau douce[7].
Des hippopotames sont également signalés dans la région. Des missions scientifiques menées dans les années 1970 mentionnent la présence de végétation aquatique et d'espèces associées aux zones humides, dont des formes sauvages de riz telles qu’Oryza longistaminata[8].
Usages
Pêche
Le lac constitue une réserve halieutique importante. Dans les années 1990, son exploitation reste peu intensive et repose surtout sur une pêche artisanale, portant notamment sur les silures et les tilapias[1].
La pêche artisanale est pratiquée par les populations riveraines et constitue une source de revenus locale. Des projets de développement de la pêche continentale prévoient notamment la création de centres de pêche, d'ateliers de fabrication de barques et de dispositifs de contrôle destinés à améliorer la gestion du plan d'eau[9].
Agriculture et élevage
La création du réservoir a modifié les usages fonciers autour du lac. L'expansion du plan d'eau a entraîné la disparition de terres agricoles et la réduction de certains pâturages. Ces transformations peuvent provoquer des tensions entre agriculteurs, pêcheurs et éleveurs, dont des groupes Mbororo[10].
Tourisme
Le lac présente un potentiel touristique lié à ses paysages, à la navigation en pirogue, à l'observation de la faune et aux collines environnantes. Les infrastructures touristiques restent toutefois limitées.
Impacts socio-environnementaux
La mise en eau du réservoir entraîne des transformations importantes pour les communautés riveraines : déplacement de populations, modification des activités économiques, disparition de certains sites cultuels ou forêts sacrées, et passage progressif de pratiques de chasse ou d'agriculture vers des activités de pêche[10].
Les populations riveraines évoquent aussi des difficultés liées à l'absence d'électrification locale, à la dégradation des routes et à des problèmes sanitaires associés aux zones humides, dont le paludisme et l'onchocercose[10]. En , des mobilisations locales sont signalées à Bamendjing pour réclamer une meilleure prise en compte des responsabilités sociales liées à l'ouvrage[11].