Lac Buffalo Pound
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| Lac Buffalo Pound | |||
Vue aérienne du lac Buffalo Pound (août 2013) | |||
| Administration | |||
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| Pays | |||
| Province | |||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 50° 36′ N, 105° 30′ O | ||
| Superficie | 29,5 km2 |
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| Longueur | 35 km | ||
| Largeur | 900 m | ||
| Altitude | 509 m | ||
| Profondeur · Maximale · Moyenne |
6 m 3,8 m |
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| Volume | 89,8 millions de m3 | ||
| Hydrographie | |||
| Bassin versant | 3 340 km2 | ||
| Alimentation | Rivière Qu'Appelle | ||
| Émissaire(s) | Rivière Qu'Appelle | ||
| Durée de rétention | 1.5 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Canada
Géolocalisation sur la carte : Saskatchewan
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Le lac Buffalo Pound est un plan d'eau canadien du sud de la province de la Saskatchewan, sur la rivière Qu'Appelle. Le lac, peu profond et eutrophe s'est formé lors de la dernière glaciation, il y a environ 10 000 ans. Son niveau est stabilisé grâce à l'apport d'eau depuis le lac de barrage Diefenbaker. Il fournit l'eau potable aux villes de Regina et Moose Jaw. C'est une destination touristique qui bénéficie de la proximité de ces deux villes, d'un parc provincial et de plusieurs stations balnéaires.
Situation

Le lac Buffalo Pound se situe au centre-sud de la province canadienne de Saskatchewan, à 60 km à l'ouest de Régina et 20 km au nord de Moose Jaw. Il est le second des lacs qui se succèdent sur le cours historique de la rivière Qu'Appelle, le lac Eyebrow en amont et le lac Pasqua en aval. Il est orienté nord-ouest à sud-est. L'accès se fait à partir des routes provinciales 2, 301 et 202. La première relie Moose Jaw à Chamberlain en traversant le nord du lac, les secondes facilitent l'accès par le sud depuis Régina[2],[3].
Le lac sert de limite à deux municipalités rurales : au nord-est celle de Dufferin n° 190 et au sud-ouest celle de Marquis n° 191 ainsi que dans une moindre mesure aux municipalités rurales de Craik n° 222 et Moose Jaw n° 161, respectivement aux extrémités nord-ouest et sud-est du lac. À ces municipalités rurales s'ajoutent plusieurs stations balnéaires, généralement constituées en hameau ou en municipalités de villégiature (resort village). Ce sont sur la rive nord-est North Shore Estates et North Grove qui font face sur la rive opposée à Sand Point Beach et South Lake auxquels succèdent vers le sud Sun Valley et Parkview[4].
Hydrographie
Origine
La formation du lac remonte à la fin de la dernière glaciation, il y a 10 000 ans avec le retrait du glacier de la vallée de la Qu'Appelle[4].
Bassin hydrographique
Le bassin versant du lac est constitué historiquement par le bassin de la rivière Qu'appelle situé en amont du lac soit 3 340 km2, mais dont seulement 1 300 km2 sont considérés comme effectifs. La pluviométrie est faible avec seulement 382 mm de précipitations annuelles. Le bassin s'étend sur un plateau dont les altitudes oscillent entre 560 à 580 m en bordure de la vallée jusqu'à 640 m sur les points les plus hauts. Le fond de la vallée, peu marquée en amont, est à 560 m d'altitude contre 509 m à l'aval sur le lac. Le relief de la vallée y est marqué avec des coteaux qui culminent à 580 m[5],[2]. 71% (61% effectifs) des terres du bassin versant sont dédiées aux cultures et 16% (23% effectifs) sont en prairie[6].
Depuis les années 1950, une partie de l'eau de la Saskatchewan-Sud est déviée vers la haute Qu'Appelle. Cette diversion d'abord réalisée par pompage se fait depuis 1967 par gravité grâce à l'érection des barrages de la rivière Qu'Appelle et de Gardiner qui retiennent le lac Diefenbaker à 555 m d'altitude. Le canal de la Haute Qu'Appelle fait la jonction entre le barrage et la rivière Qu'Appelle historique. Les débits supplémentaires apportés par le canal varient entre 1,4 et 5,9 m3/s selon les années. Le lac Buffalo Pound bénéficie ainsi d'apports en eau issus des montagnes Rocheuses[7].
De plus lorsque le débit de la rivière de Moose Jaw qui conflue avec la Qu'Appelle en aval du lac excède 50 à 60 m3/s, on observe un reflux des eaux dans le lac. Ce phénomène survient moins d'une année sur cinq et est rarement significatif[7].
Morphologie
Le lac forme une langue étroite, orientée nord-ouest à sud-est, occupant le fond de la vallée de la Qu'Appelle à 509 m d'altitude. Il s'étend sur 30 km de long, pour une largeur dépassant rarement 900 m et une surface estimée à 29,5 km2. Sa profondeur moyenne, faible, atteint 3,8 m, pour 6 m de profondeur maximale. Le volume est estimé à 89,8 millions de m3. La digue routière de la route provinciale 2, interrompue par un pont de 53 m, sépare le lac en deux bassins d'étendues inégales. Une ancienne digue routière située légèrement au nord de la première délimite un petit bassin intermédiaire[2],[4],[5].
Le niveau actuel du lac est rehaussé par rapport à son niveau naturel. Dès la fin des années 1920, on envisage d'augmenter la capacité du lac grâce à une digue au niveau de son exutoire. Il faut attendre 1939 pour que le projet voit le jour sous l'égide de la Prairie Farm Rehabilitation Administration (PFRA). Le niveau de remplissage maximum du lac passe alors à 508 m. Plus tard la PFRA reconstruit le digue portant le niveau de remplissage à 509,3 m[8],[9].
Paramètres physico-chimiques

Le lac est classé comme eutrophe[a] avec une concentration en phosphore dissout, élevée, de 70 µg/l en moyenne. La transparence des eaux est faible, mesurée au disque de Secchi, elle atteint 1,1 m de profondeur (été 2015)[10],[6]. Le lac est polymictique : ses eaux ne sont que rarement stratifiées, le temps de résidence moyen est de 0,8 mois, mais varie largement entre 6 et 30 mois en fonction des précipitations et des apports depuis le lac Diefenbaker sur le bassin versant de la Saskatchewan. Le lac est englacé sur une épaisseur qui peut atteindre 1 m en hiver, correspondant au tiers du volume du lac et recouvert d'une couche de neige inférieure à 40 cm, souvent soufflée par le vent[6]. Cette faible couverture neigeuse permet à la lumière de traverser la glace. La concentration en oxygène se maintient généralement au dessus de 4 µg/l grâce à la persistance de la photosynthèse, à des zones libres de glace et aux apports des cours d'eau non gelés. Dans le même temps, la concentration en ion ammonium () et en phosphore augmente avec la baisse de la photosynthèse et la décomposition de la matière organique. Mais à la fin de l'hiver, un mois avant le dégel complet du lac, les concentrations de ces éléments commencent à chuter avec l'augmentation de la photosynthèse. L'évolution de la concentration en nitrate () est variable selon les années. Avec le printemps l'ensoleillement et les températures augmentent alors que la lumière pénètre plus facilement la glace amincie [11].
| Teneur | Phosphore (µg/l) |
(mg/l) |
(mg/l) |
(mg/l) |
(mg/l) |
Chlorophylle a (µg/l) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| moyenne | 70 | 21 | ||||
| minimale | 0,003 | 15 | 10 | 3 | 4 | 5 |
| maximale | 340 | 340 | 117 | 118 | 65 | 167 |
Écologie
Parc provincial
Le parc provincial de Buffalo Pound s'étend sur 73,18 km2. Il couvre le tiers sud du lac, les coteaux et le plateau adjacents. Il comprend aussi la vallée de la Qu'Appelle en aval du lac jusqu'à sa confluence avec la rivière de Moose Jaw, incluant le marais Nicolle Flats. Ce marais est classé ZICO (zone importante pour la conservation des oiseaux). En 2020, le parc s'accroit avec l'acquisition, par Conservation de la nature Canada, de plus de 866 hectares de prairies naturelles situées sur la rive nord du lac comprenant 7 km de berge[12],[13],[14],[15].
| Paysages de Parc Provincial Buffalo Pound | |||||||||
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Flore
La flore comprend des plantes immergées, en proportions variables selon les années, telles : l'Élodée du Canada (Elodea canadensis), le Myriophylle de Sibérie (Myriophyllum sibiricum), le potamot de Richardson (Potamogeton richardsonii), le potamot pectiné (Stuckenia pectinata), le cornifle nageant (Ceratophyllum demersum). Pour le phytoplancton, on rencontre : les chlorophytes : Pediastrum duplex, les diatomées : Asterionella formosa, Stephanodiscus niagarae ou Cyclotella auxquelles s'ajoutent des cyanobactéries, elles aussi planctoniques telles : Microcystis aeruginosa, Aphanizomenon flos-aquae, Anabaena ou Oscillatoria prolifica[5],[16].
Le développement du phytoplancton connaît des variations saisonnières. Les cyanobactéries provoquent des marées vertes une à quatre fois par an en été. Ces épisodes de prolifération sont corrélés avec un temps chaud et peu venteux, favorisant une stratification thermique temporaire qui dure de quelques heures à quelques jours. De nombreuses espèces de cyanobactéries, flottantes et aux températures optimales de croissance autour de 25°C, profitent de ces conditions climatiques. La concentration en ion sulfate () limiterait toutefois cette prolifération en entrant en compétition avec l'ion molybdate () lequel est utilisé pour la fixation de l'azote () par la nitrogénase des cyanobactéries[17]. La période hivernale est divisée en deux phases. La première débute avec le gel de la surface du lac et dure de 80 à 110 jours. Elle est marquée par un déclin des diatomées alors que les chlorophytes et les cyanobactéries varient peu depuis l'automne. La seconde phase qui débute environ un mois avant le dégel. Elle est marquée par la croissance des diatomées qui connaissent souvent un pic de prolifération printanier sous la glace. Toutefois les chlorophytes planctoniques restent dominantes[11]
Faune
La faune des environs du lac comprend entre autres pour les mammifères : le spermophile de Richardson (Urocitellus richardsonii), le cerf mulet (Odocoileus hemionus), le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), la moufette rayée (Mephitis mephitis), la belette (Mustela nivalis), le coyote (Canis Latrans) ou le renard roux (Vulpes vulpes). Les amphibiens comptent : la salamandre tigrée (Ambystoma tigrinum), le crapaud des steppes (Anaxyrus cognatus), la rainette faux-grillon boréale (Pseudacris maculata), la grenouille des bois (Lithobates sylvaticus) ou encore la grenouille léopard (Lithobates pipiens). Parmi les reptiles, on retrouve la tortue peinte (Chrysemys picta), la couleuvre des Plaines (Thamnophis radix)[18].
Près de 300 espèces d'oiseaux sont recensées, parmi les plus emlématiques, on compte la sturnelle de l'Ouest (Sturnella neglecta), le tyran tritri (Tyrannus tyrannus), le carouge à tête jaune (Xanthocephalus xanthocephalus), le pluvier siffleur (Charadrius melodus), le tétras à queue fine (Tympanuchus phasianellus), la mouette de Franklin (Leucophaeus pipixcan)[19],[18]. Côté poissons, on recense : la perchaude (Perca flavescens), le meunier noir (Catostomus commensoni), Ictiobus cyprinellus, le grand brochet (Esox lucius), le doré jaune (Sander vitreus), la carpe commune (Cyprinus carpio), le méné à tête de boule (Pimephales promelas), l'épinochette piquante Pungitius pungitius, le méné émeraude (Notropis atherinoides) ou encore le méné à tache noire (Notropis hudsonius). En hiver, malgré la couverture glaciaire et neigeuse, l'oxygénation du lac reste suffisante et l'on n'observe rarement des épisodes de mort massive de poissons par asphyxie. Le zooplancton comprend des protozoaires, des rotifères, des crustacés cladocères et copépodes[5],[11].
Économie
L'usine de traitement de l'eau potable du lac Buffalo Pound, construite en 1955, fourni l'eau à plus de 270 000 personnes à Régina, Moose Jaw et dans la région. La modernisation de l'usine est en cours depuis et doit s'achever au printemps 2026. Elle doit porter la capacité de production de l'usine de 205 millions de litres à 250 millions[20],[21].

