Lac Nokoué
lac situé dans le Sud du Bénin
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Le lac Nokoué est un lac situé dans le sud du Bénin, à proximité de Cotonou et de Ganvié. Il mesure environ 20 km de long et 11 km de large, pour une superficie d'environ 4 900 ha[1]. Il est partiellement alimenté par les fleuves Ouémé et Sô, qui y acheminent des sédiments depuis la région environnante[2].
| Lac Nokoué | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Statut | Site Ramsar | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 6° 26′ 04″ N, 2° 27′ 06″ E | |
| Type | Lagune | |
| Superficie | 49 km2 |
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| Longueur | 20 km | |
| Largeur | 11 km | |
| Profondeur · Moyenne |
1,5 m |
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| Hydrographie | ||
| Alimentation | Ouémé, Sô | |
| Îles | ||
| Nombre d’îles | aucune | |
| Géolocalisation sur la carte : Bénin
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| modifier |
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La ville de Cotonou est située sur la rive sud du lac. Des populations de Cotonou ont été déplacées en raison des inondations côtières et lacustres[3]. Sur la rive nord se trouve la cité lacustre de Ganvié.

Géographie
Le lac Nokoué se situe dans la partie méridionale du Bénin, dans une zone de faible altitude ouverte vers le littoral du golfe de Guinée. Il appartient au système lagunaire du sud du pays, en relation avec la lagune de Porto-Novo et les zones humides de la basse vallée de l'Ouémé.
Le fond du lac est constitué d'un mélange de sable, de sable boueux et de couches de boue[1].
Hydrologie
Le lac est en grande partie une lagune[4]. Différentes parties du lac alternent entre des écosystèmes d'eau douce et d'eau saumâtre. Sa profondeur moyenne est d'environ 1,5 m[5]. Les températures de l'eau varient généralement entre 27 °C et 29 °C[1].
En raison de la topographie basse qui l'entoure, le lac pourrait être fortement affecté par la montée du niveau de la mer. Cette évolution pourrait accroître les risques d'inondation et de salinisation, en transformant progressivement certaines zones d'eau douce en milieux plus saumâtres[3].
Le lac reçoit également des apports de pesticides et de métaux lourds issus des industries situées en amont et des zones habitées[6]. Les pesticides détectés dans les poissons restent en dessous des seuils dangereux selon une étude publiée en 2014[6], mais la présence de métaux lourds dans l'eau peut atteindre des niveaux préjudiciables pour les poissons et pour la santé humaine[7].
Le lac Nokoué fait face à un envasement accéléré provoqué par l'accumulation des sédiments charriés par les fleuves Sô et Ouémé, mais également par le dépôt massif des matières organiques issues des acadjas détruits et des rejets d'ordures ménagères des communes riveraines comme Sô-Ava et Cotonou[8].
Économie
Le lac Nokoué constitue une source importante de nourriture et d'activité économique pour les populations riveraines[3]. La pêche y est plus favorable lorsque le niveau de l'eau est bas, entre novembre et juin[1]. Plus d'une trentaine d'espèces de poissons y sont pêchées. Les familles des cichlidés, des clupéidés et des penaeidés représentent environ 85 % des prises[1].
La pêche, généralement artisanale, est pratiquée à bord de petites pirogues. La production de poisson du lac est estimée à 2 tonnes par hectare et par an[9]. L'activité a cependant connu un recul au cours des années 1990, en raison de l'augmentation du nombre de pêcheurs sur le lac[1].
Le lac est également utilisé pour l'installation d'acadjas, une technique traditionnelle d'élevage de poissons fondée sur l'aménagement d'enclos de branchages dans l'eau[1].
L'encombrement du lac par les acadjas (paravents de branchages immergés) constitue la principale source de pollution organique et favorise l'eutrophisation du plan d'eau. La décomposition rapide du bois immergé réduit l'oxygène dissout et perturbe la régénération naturelle des espèces aquatiques[10].
Écologie
Le lac Nokoué abrite au moins 78 espèces de poissons[4]. Cette diversité constitue une ressource alimentaire pour plusieurs espèces d'oiseaux et pour certaines espèces de loutres[4].
Le système lacustre subit une forte pression anthropique entraînant une contamination par les métaux lourds (plomb, mercure, cadmium) et les hydrocarbures dus au trafic informel de carburant. Ces polluants dépassent les seuils recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la chair de plusieurs espèces de poissons[11].
L'absence d'infrastructures d'assainissement chez plus de 60 % des ménages de la commune de Sô-Ava entraîne une pollution bactériologique directe (excrétas) favorisant l'exposition aux maladies d'origine hydrique[12].
Pressions sur l'écosystème
Le lac Nokoué subit plusieurs pressions liées aux activités humaines. Les principales sont la pêche intensive, la multiplication des acadjas, l'urbanisation des rives, les rejets d'eaux usées, l'accumulation de déchets, l'apport de sédiments et les rejets agricoles ou industriels.
Ces pressions peuvent entraîner une dégradation des habitats, une diminution de la transparence de l'eau, une modification de la composition des communautés aquatiques et une baisse de la qualité des ressources halieutiques. La revue scientifique consacrée au lac souligne que les données disponibles restent inégales selon les groupes biologiques et les secteurs étudiés[13].
La pollution par les pesticides a été étudiée dans les sédiments et les organismes aquatiques du lac Nokoué et de la lagune de Cotonou. Les résultats montrent la présence de résidus de pesticides dans l'environnement aquatique, mais l'interprétation du risque doit tenir compte des concentrations mesurées, des espèces concernées et de la durée d'exposition[14].