Lac de La Beunaz
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Lac de La Beunaz | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| Département | Haute-Savoie | ||
| Région | Auvergne-Rhône-Alpes | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 46° 22′ 03″ N, 6° 39′ 18″ E | ||
| Type | Lac naturel aménagé | ||
| Origine | Glaciation | ||
| Superficie | 14 100 m2 |
||
| Longueur | 200 m | ||
| Largeur | 80 m | ||
| Altitude | 955 m | ||
| Profondeur · Maximale |
10,1 m |
||
| Volume | 69 300 m3 | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Haute-Savoie
| |||
| modifier |
|||
Le lac de La Beunaz (se prononce La Beune) est un lac naturel aménagé, située sur la commune de Saint-Paul-en-Chablais dans le pays de Gavot. Le lac est aménagé en base de loisirs en 1951 par André Caza[1].
La Beunaz dérive du patois beuna, bouèna ou bouna qui désigne une « borne » ou une « limite »[2].
Géographie
Le lac de la Beunaz fait partie d'un groupe de plans d'eau et de zones humides réparties entre Saint-Paul-en-Chablais et Bernex et dont il est le plus grand représentant[3]. Sa rive nord est en grande partie aménagée pour la base de loisirs. Le reste de la rive est naturel et des roselières sont localement présentes.
Géologie
La formation du lac de la Beunaz ainsi que des nombreux autres plans d'eau du pays de Gavot est très tôt associée à une origine glaciaire[4],[5],[6]. Le lac de la Beunaz se distingue cependant par son mode de formation[7]. Au cours de la glaciation de Würm, le pays de Gavot est une zone de convergence entre d'une part les glaciers d'Ugine, provenant de la dent d'Oche, et de la Dranse au sud et d'autre part le glacier du Rhône au nord. Leur interaction conduit à la mise en place d'une moraine médiane puis d'une seconde moraine à la suite du retrait du glacier du Rhône. Ces deux bandes morainiques successives agissent comme des digues ceinturant une dépression. Grâce à la présence d'argile dans le substrat morainique, les eaux de pluie et de fonte s’accumulent et forment le lac de la Beunaz[7].
Une carotte sédimentaire a été prélevée dans une tourbière au nord-ouest du lac de la Beunaz[8],[note 1]. Elle a permis de récolter des échantillons de pollens répartis entre 1890 et 4615 ans AP (220 ap. J.-C. à 3650 ans av. J.-C.). Les données ont démontré que la tourbière est très postérieure à la phase glaciaire et pourrait résulter de la formation d'une doline à la suite de la dissolution des niveaux de gypse et de cargneule dans le sous-sol, réfutant ainsi l'hypothèse glaciaire d'Élie Gagnebin[6]. L'enregistrement pollinique indique que l'environnement au Néolithique moyen était dominé par des forêts de sapins et de hêtres et est contemporain de l'implantation de communautés humaines (civilisation de Cortaillod) sur la rive méridionale du Léman. À partir de 3390 ± 35 ans AP, la hêtraie–sapinière régresse corroborant l'occupation humaine de la région. Elle est d'une part remplacée par des noisetiers, des chênes et des épicéas et d'autre part l'apparition d'espèces de prairie souligne le développement d'une activité agropastorale et des périodes de déforestation. La présence romaine semble avoir ensuite précipité le déclin du sapin qui était très utilisé dans la construction.
Hydrologie
Le lac ne présente pas d'alimentation. Son niveau demeure relativement constant ce qui suppose qu'il est probablement alimenté par des infiltrations depuis la nappe phréatique située dans la moraine[3]. La zone marécageuse située au sud du lac semble par ailleurs servir de communication avec le lac Noir.
