Laissez vivre le fleuve
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Laissez vivre le fleuve (Ellos eatnu – La elva leve), est un film dramatique suédo-finlando-norvégien réalisé par Ole Giæver et sorti en 2023. Le film est inspiré de faits réels[1].
En 1979, la jeune Ester se rend àprès ses études à Alta d'où est originaire toute sa famille, pour prendre un poste comme enseignante remplacante dans une école primaire. Elle prend soin de ne pas révéler son origine ethnique Samis, peuple autochtone de l'extrême nord de la Norvège, pour ne pas subir de discriminations dont ceux-ci sont souvent victimes. Elle tente néanmoins de s'intégrer auprès de ses collègues de travail malgré les moqueries réccurrentes à l'encontre de son ethnie. Elle rend visite tout d'abord à sa mère, Máret, qui a refait sa vie après la mort du père d'Ester, avec un norvégien, Stein, passablement raciste, dont elle a eu un fils, Thomas. Elle retrouve son cousin Mihkkal, en tenue traditionnelle (en), qui vient l'aider à emménager dans son nouvel appartement. Sur le chemin, Mihkkal fait un détour par le camp provisoire de Stilla, installé pour protester contre le projet d'un barrage hydroélectrique sur le fleuve dont une des conséquences est l'immersion de Máze, un village Same. Mihkkal présente sa cousine aux activistes. Ester est invitée à se joindre à eux. Mais elle ne se sent pas concernée et exhorte son cousin de l'amener à son nouveau foyer.
Quelques jours plus tard, Ester accepte de retouner au camp de Stilla avec son cousin. Lors d'un débat entre les activistes sur les méthodes de résistance à suivre, des villageois norvégiens viennent pour se plaindre de la présence du camp. Dans le groupe se trouve Göran, un collègue de travail d'Ester, qui la reconnait et la menace. S'ensuit une altercation entre Göran et Mihkkal. Le lendemain à son travail, Ester demande à Göran de ne pas révéler son identité aux autres. Mais Göran lui conseille de ne plus retourner au camp si elle ne veut pas que ça se sache. Lors d'une discussion chez son cousin, Ester apprend que son père se serait suicidé alors que son métier de pêcheur était menacé par la pêche intensive des chalutiers norvégiens. En parallèle, le père de Mihkkal est tombé dans un mutisme maladif après avoir été forcé de vendre son troupeau de rennes. Ester, depuis longtemps absente de son pays natal, découvre le désespoir absolu des siens.
Ester retourne au camp et conseille à son cousin d'abandonner et d'accepter l'assimilation en faisant des études. Mais la compassion pour les siens la gagne et elle accepte de participer à une manifestation programmée. Elle retourne au cabanon de pêche de son père et découvre dans une pochette le couvre-chef traditionnel de ce dernier et l'emporte avec elle.
L'occupation du terrain ne suffisant pas, sept membres de la collectivité, dont Ester qui s'engage de plus en plus, décident d'entamer une grève de la faim devant le ministère à oslo. Après cinq jours de jeûne, les autorités décident de les convoquer pour leur annoncer la suspension des travaux.
Ester passe la fête de Noël chez sa mère. Au moment de la distribution des cadeaux, Ester offre à son demi-frère le chapeau traditionnel de son père pour lui faire prendre conscience de son identité. Mais le jeune Thomas ne montre aucun enthousiasme pour son cadeau et Máret, sa mère, semble très contrariée. Le lendemain, Ester, soupçonneuse, pense que le cadeau de thomas a été jeté et fouille dans la poubelle en vain. Elle demande à sa mère où se trouve le chapeau ; Máret lui répond qu'elle n'en sait rien. Une violente dispute éclate dans laquelle Máret explique à sa fille que l'assimilation est la seule chose raisonnable et que le combat est perdu depuis bien longtemps. Mais Ester lui reproche d'avoir abandonné sa langue et son identité, de ne jamais parler le Sami à son fils et annonce qu'elle ne remettra plus jamais les pieds chez elle.
La petite communauté Samis apprend par la radio que le ministère a décidé de reprendre les travaux. Ester s'engage alors dans une course effreinée et passe de village en village pour convaincre tous les Samis de former une grande coalition. Mais partout on lui répond que la partie est perdue d'avance et refusent que leurs enfants soient soumis aux moqueries des autres à l'école. Mihkkal, découragé, annonce à Ester qu'il abandonne le combat et fait cadeau de sa voiture avant de s'en aller. Mais Ester continue toute seule ses démarches en faisant signer des pétitions. Partout on continue à lui dire que les choses ne sont pas si simple mais Ester s'obstine. Elle rend visite à son cousin et le retrouve pendu dans sa chambre. Elle se réfugie dans le cabanon de son père et pique une violente crise de nerf. Elle crie en pleurant à sa mère alertée par le bruit qu'elle ne veut plus être Sami.
Ester rejoint le groupe d'action Samis pour une manifestation, mais elle désespère de la réussite de l'action car elle considère qu'ils ne sont pas assez nombreux. Mais à la nuit tombée, contre toute attente, nombre de personnes visités dans les villages se présentent à la manifestation. Mais la police arrive sur le site et réussit à évacuer les manifestants et Ester est arrêtée.
Ester continue à enseigner à l'école primaire d'Alta. Ailu, un enfant Sami délaissé par les autres enfants de sa classe, est dénoncé par une élève car il dissimulerai un couteau sur lui. Ester lui dit d'approcher et de l'accompagner chez la directrice. Dans la pièce où se retrouve les professeurs, elle croise Göran qui la raille sur sa manifestation manquée. Ester lui répond en langue Sami que Göran ne comprend pas. Une professeure lui traduit : « Notre peuple n'a jamais cherché à délimiter son territoire. Mais nous avons besoin de nous sentir à notre place. Parce que nous sommes chez nous. »
Le bus étant déjà passé, Ester raccompagne le petit Ailu chez lui. L'enfant insiste pour lui montrer sa chambre. Ester ne sais s'il faut accepter mais le père de l'enfant l'y autorise. Ailu s'allonge dans son lit et demande à Ester de lui chanter un Joik, la chanson traditionnelle des Sames. Ester lui dit qu'elle n'en connait pas et se ravise presque aussitôt en lui disant qu'elle en connait bien un. Ester se met alors à chanter le Joik de Mihkkal.
Fiche technique

- Titre original : Ellos eatnu – La elva leve[2].
- Titre français : Laissez vivre le fleuve
- Réalisation : Ole Giæver
- Scénario : Ole Giæver
- Musique : Ola Fløttum, Pessi Levanto
- Direction artistique : Ragnhild Juliane Sletta, Cecilie de Lange
- Costumes : Nell Knudsen
- Photographie : Marius Matzow Gulbrandsen
- Son : Bent Holm
- Montage : Wibecke Rønseth
- Production : Maria Ekerhovd (en)
- Sociétés de production : Mer Film, Zentropa Sweden, Bufo, Helmet Films & Visual Effects, Knudsen Pictures
- Pays de production :
Norvège,
Finlande,
Suède - Langue originale : Norvégien
- Genre : drame
- Durée : 113 minutes
- Dates de sortie :
Distribution
- Ella Marie Hætta Isaksen : Ester
- Gard Emil Elvenes (no) : Mihkkal
- Sofia Jannok : Risten
- Niillas Beaska (no) : Piera
Récompenses
- Festival international du film de Tromsø 2023 : Prix du public
- Prix Amanda :
- meilleur film norvégien
- meilleur réalisateur et meilleur scénario pour Ole Giæver
- Meilleur second rôle pour Gard Emil Elvenes (no)
- Festival international du film de Göteborg : Prix du public et prix de la critique