Entré au séminaire de Liège il est ordonné prêtre le [1]. Conrardy passe quelques années comme vicaire à Stavelot, mais attiré par le travail missionnaire outremer il entre au séminaire des Missions étrangères de Paris (1871) et demande à partir pour la Chine. Un premier séjour en Orient (Pondichéry) est un échec: souffrant de la chaleur et du dur climat tropical, il rentre en Belgique.
Pas découragé pour si peu, il repart, cette fois vers l’Ouest. Il arrive comme missionnaire en Oregon (États-Unis). Il y est heureux auprès des Amérindiens dont il apprend la langue et les coutumes. Une revue missionnaire qu’il lit occasionnellement lui fait découvrir l’œuvre du père Damien à Molokai[1]. Il entre en correspondance avec l’apôtre des lépreux.
A Molokai
Lorsque le père Damien, déjà fort malade, l’invite à le rejoindre. Conrardy n’hésite pas. Il débarque à Honolulu le et peu après il se trouve à Molokai. Pendant près d’un an il sera le bras droit du Père Damien. Son contact avec les malades est excellent. Tout indique qu’il sera le successeur de Damien à Molokai. C’est Conrardy qui assiste le missionnaire épuisé lorsqu’il meurt le .
Durant presque sept ans Conrardy continue le travail du père Damien sur l’île de Molokai. Pour des raisons peu claires (sans doute un conflit avec ses supérieurs ecclésiastiques), Conrardy est remplacé à Molokai. Il quitte l’archipel et, plus motivé que jamais dans son désir de lutter contre la lèpre, il retourne en Oregon où il entreprend des études de médecine. Le , à 59 ans, il est docteur en médecine[1].
En Chine
Son projet est de fonder un «Molokaï» en Chine. Après une série de conférences en Europe et en Amérique pour sensibiliser le public au problème de la lèpre et récolter des fonds pour son projet, il arrive à Hong Kong le . Il a 67 ans! Il se met d'abord à la recherche des lépreux à Canton et aux alentours, y visitant le quartier des lépreux. Il est accueilli par Mgr Mérel mais il ne possède que quelques rudiments de la langue chinoise et retient par cœur des bribes de textes saints et proverbes chinois. S'étant mis au courant de la situation, il entreprend d'établir une léproserie moderne. Pour faire cela, il achète deux îles fluviales près de la ville de Shek-lung pour y accueillir 500 lépreux et 200 lépreuses. Il y est médecin, directeur et organisateur de la vie sociale et éducative, mais surtout prêtre et «bon Samaritain». Son travail est encouragé par les autorités chinoises.
Le père Lambert Louis Conrardy, le «père Damien chinois», meurt à Hong Kong, le , à l'asile des sœurs de Saint-Charles, après huit jours de maladie (pneumonie). Il n'a jamais contracté la lèpre. D'abord enterré à Hong Kong, son corps fut transféré au cimetière de la léproserie de Shek-lung en 1919.
Werner Promper, préface de Mgr Aloys Jousten, Lambert Louis Conrardy: médecin-prêtre des lépreux, collaborateur et successeur du Père Damien, Louvain-la-Neuve, Bruylant-Academia, 373 p., 2009