À Changsha, à l’angle sud-est du carrefour des routes de Huangxing et de Wuyi, se trouve un endroit nommé Zoumalou (走马搂). C'est là qu'en octobre 1996, sur le site de construction de Heiwado (平和堂), sont découvertes plus de 140 000 lamelles en bambou et en bois[1], du même genre que celles utilisées dans l'Antiquité pour écrire. Lors des fouilles, on trouva sur ce site des lamelles en bambou (竹简), des lamelles en bois (木简), des tablettes en bois (木牍), des lamelles recouvertes d'écritures (签牌) et des lamelles-sceaux (封检). Ces documents sont principalement des écrits d'ordres administratif et judiciaire du Royaume de Wu de la période des Trois Royaumes (220-280 après J.C.). Comme ces écrits concernent le Royaume de Wu, ces lamelles sont également nommées « lamelles de bambou Wu de Zoumalou » (走马楼吴简). Ce site représente à la fois la plus grande concentration de lamelles en bambou et en bois jamais découvertes en Chine et la plus importante découverte d'archives historiques chinoises du XXe siècle[2]. Les seules découvertes d'une importance comparable sont l'écriture ossécaille, les manuscrits de Dunhuang et une série de découvertes de lamelles de bambou qui ont eu lieu dans le Nord-Ouest de la Chine[3]. À cause de la rareté et de l'importance de cette découverte, un musée entièrement consacré à ces lamelles, le « musée des lamelles de bambou de Changsha » est créé en 2002, à Changsha. La création de ce musée ne signifie pas pour autant que ces découvertes sont totalement exploitées car ce n'est qu'en 2015, 19 ans après la découverte des lamelles, que les archéologues achèvent enfin leur restauration et leur réorganisation[4],[5].