Lamidat de Ngaoundéré
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Palais du Lamido de Ngaoundéré
| Type |
Palais (Chefferie de 1er degré) |
|---|---|
| Destination actuelle |
Siège du pouvoir traditionnel et religieux |
| Style |
Architecture Peule et influence Mboum |
| Construction |
Fondé entre 1836 et 1839 |
| Propriétaire |
Dynastie Vollarbé |
| Pays | |
|---|---|
| Commune |
| Coordonnées |
|---|
Le Lamidat de Ngaoundéré est une institution traditionnelle et religieuse majeure située dans la ville de Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l'Adamaoua au Cameroun. Fondé au XIXe siècle par les Foulbé, il est classé comme chefferie de premier degré par l'administration camerounaise depuis 1977.
Haut lieu de la culture Peul et Mboum, il constitue aujourd'hui l'un des sites patrimoniaux et touristiques les plus importants du plateau de l'Adamaoua.
Le lamidat est fondé entre 1836 et 1839 par le chef Vollarbé Ardo Ndjobdi, venu du Nigeria pour étendre l'influence de l'Islam dans la région. À l'origine, le site était un village Mboum nommé Delbé. Sous le règne des successeurs d'Ardo Ndjobdi, le lamidat a étendu son influence sur le plateau central en intégrant diverses populations autochtones (Mboum, Kaka, Baya, Dourou)[1].
Au fil de son histoire, l'institution a connu des périodes de tensions politiques, notamment durant la colonisation, marquées par plusieurs destitutions et exils de Lamibé (souverains). L'un des épisodes les plus marquants de la tradition orale est celui du Lamido Mohaman Iyagarou qui, lors de son second règne en 1961, serait décédé subitement après avoir bravé des interdits rituels[2].
Architecture et patrimoine
Le Lamidat de Ngaoundéré se distingue par une synthèse architecturale unique où cohabitent les influences Peuls et Mboum. Bien que l'enceinte extérieure ait été modernisée par l'usage du béton, l'intérieur du palais préserve l'authenticité des structures traditionnelles, notamment avec une première case ronde d'époque aux piliers ornés de peintures colorées qui accueille les visiteurs. Le complexe palatial abrite plusieurs édifices à la symbolique forte, tels que la case de la reine-mère, celles des épouses, le tribunal coutumier ainsi qu'un musée dédié à l'histoire de la dynastie Vollarbé. Sous l'impulsion du souverain actuel, Sa Majesté Mohamadou Hayatou Issa, le palais a connu des mutations profondes visant à harmoniser hier et aujourd'hui, matérialisées par l'intégration d'un joyau architectural moderne en duplex sur le flanc droit et la rénovation du centre de santé intégré au sein du domaine royal[3],[4].
Succession des Lamibé
La dynastie Vollarbé a vu défiler dix-huit souverains[1]:
| N° | Période | Nom et prénoms | Observations |
|---|---|---|---|
| 1 | 1836 - 1839 | Ardo Djobdi | Fondateur du lamidat, fils d'Oumara. |
| 2 | 1839 - 1854 | Lawan Haman | Fils de Ndjobdi. |
| 3 | 1854 - 1878 | Ardo Issa | Fils de Ndjobdi. |
| 4 | 1878 - 1887 | Ardo Haman (Mohaman Gabdo) | Fils de Lawan Haman. |
| 5 | 1887 - 1901 | Mohamadou Abbo | Fils d'Issa. |
| 6 | 1901 - 1902 | Mohaman Yadji (dit "May") | Fils de Lawan Haman. |
| 7 | 1902 - 1904 | Dalil Yadji | Fils de May. Destitué et déporté. |
| 8 | 1904 - 1922 | Issa Maïgari | Fils d'Abbo. |
| 9 | 1922 - 1924 | Mohaman Iyagarou | Fils de Maïgari. Destitué (1er règne). |
| 10 | 1924 - 1929 | Yaya Dandi | Fils d'Abbo. |
| 11 | 1929 - 1939 | Mohamadou Abbo | Fils de Yaya Dandi. Destitué et déporté (1er règne). |
| 12 | 1939 - 1948 | Aliou | Fils d'Abbo. Destitué et exilé. |
| 13 | 1948 - 1957 | Mohamadou Abbo | Fils de Yaya Dandi. Reprise du pouvoir (2ème règne). |
| 14 | 1957 - 1961 | Baba Djeilani | Fils de Yaya Dandi. Destitué et exilé. |
| 15 | 17 nov. 1961 | Mohaman Iyagarou | 2ème règne. Décédé le jour de son intronisation. |
| 16 | 1961 - 1973 | Tafida | Fils de Mohamadou Abbo. |
| 17 | 1973 - 1997 | Issa Maïgari Yaya | Fils de Mohamadou Abbo. |
| 18 | Depuis 1997 | Mohamadou Hayatou Issa | Souverain actuel. Fils d'Issa Yaya Maïgari. |