Les Derniers et les Premiers
livre d'Olaf Stapledon
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Les Derniers et les Premiers (titre original : Last and First Men : a story of the near and far future) est un roman de science-fiction de l'auteur britannique Olaf Stapledon, paru en 1930. Il relate l'aventure de l'humanité durant les deux prochains milliards d'années. Au cours de cette période, pas moins de dix-huit différentes espèces humaines croîtront et disparaîtront tour à tour.
| Titre original |
(en) Last and First Men |
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| Format | |
| Langue | |
| Auteur | |
| Genres |
Future history (en) Science-fiction |
| Personnage |
Last and First Men human species (d) |
| Date de création | |
| Date de parution | |
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| Éditeur | |
| Œuvre dérivée |
| Univers |
Last Men universe (d) |
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Ce roman d'une ampleur exceptionnelle, ne serait-ce que par l'étendue de la période historique qu'il couvre et l'ambition du propos, a pourtant connu une adaptation cinématographique particulièrement originale dans son concept et dans sa forme, par le compositeur et réalisateur islandais Jóhann Jóhannsson.
Cette originalité, pour une improbable adaptation au cinéma, était d'ailleurs imposée par l'immensité du sujet de ce roman, dont Arthur C. Clarke a dit (propos repris dans la réédition anglaise du livre en 1999) qu'il était « l’un des romans les plus extraordinaires, les plus imaginatifs et les plus ambitieux du siècle: rien de moins que l’histoire de l’évolution de l’humanité au cours des 2 milliards d’années à venir. […] Il n’y a aucun livre avant ou depuis qui ait eu un tel impact sur mon imagination. Ce livre a littéralement changé ma vie quand je l’ai lu à 14 ans. Comme je l’ai reconnu souvent, une grande partie de mon œuvre ultérieure a été façonnée par les visions de Stapledon. Même si son histoire du monde de l’après-1930 a été rapidement dépassée par les événements (ou peut-être se sont-ils produits dans un autre univers parallèle?), en tous cas, ses scénarios du futur restent impressionnants [à la fois terrifiants, imposants et hautement inspirants] »[1],[Note 1].
Considérations générales et buts de l’auteur
Le propos du roman est philosophique, éthique, moral ; c'est en quelque sorte à une philosophie de l'Histoire par l'illustration qu'est convié le lecteur.
Ce dernier ne suivra pas à proprement parler les tribulations d'un individu, mais bien celles de l'« humanité » dans son ensemble, de guerres mondiales en républiques universelles, de civilisations en civilisations, et de l'extinction de toute une espèce à l'avènement de la suivante, en une lente, longue, douloureuse, émouvante et vertigineuse progression vers une certaine sagesse et une certaine idée de ce qu'est l'« humanité », entendue comme une qualité morale. En dépit d'un sujet particulièrement abstrait, Olaf Stapledon parvient à captiver le lecteur par une inventivité et une ampleur de vue prodigieuses, et à l'émouvoir en lui peignant, à l'échelle cosmique, les souffrances et les joies des hommes, à quoi qu'ils pussent ressembler ou croire.
Ce roman forme un triptyque avec deux autres romans de Stapledon : Les Derniers Hommes à Londres (1932) et Créateur d'étoiles (1937). En effet, tous trois appartiennent à la même grande fresque décrivant l'histoire de la vie consciente dans l'univers. Star Maker est le plus ample : il couvre tout simplement l'Histoire de l'univers, c'est-à-dire, pour Stapledon, de ses espèces pensantes, soit quinze milliards d'années. L'histoire de l'humanité contée dans Les Derniers et les Premiers y est résumée en seulement onze lignes. Enfin, Les Derniers Hommes à Londres est un zoom dans la matière de Les Derniers et les Premiers : ce dernier roman ne couvre « que » les quelques siècles prochains.
Les Derniers et les Premiers est considéré, avec Créateur d'étoiles, comme le meilleur roman d'Olaf Stapledon. Et le triptyque qu'il forme avec deux de ses romans ultérieurs est considéré comme une œuvre majeure de la science-fiction au XXe siècle, particulièrement de la science-fiction spéculative et philosophique, qui a inspiré tous les écrivains ultérieurs du genre[1].
Résumé
Le narrateur de ce récit est double. Le citoyen britannique qui narre en 1930 le fait sous l'influence, voire la dictée, d'un représentant de la dix-huitième et ultime espèce humaine, laquelle est établie sur Neptune et est sur le point de s'éteindre. En effet, dans deux milliards d'années, le soleil sera sur le point de se transformer en nova, rendant toute vie impossible dans le système solaire, et anéantissant du même coup le berceau de l'Humanité. Avant d'essaimer notre espèce à travers la galaxie par une sorte d'« ensemencement microbio-cosmique », l'interlocuteur télépathique, « hyperspatial » et « trans-temporel » de l'homme de 1930 a décidé de retracer pour nous l'histoire des Hommes à des fins d'enseignement : « leurs disparitions et leurs renaissances ; leurs destructions répétées par la guerre, les épidémies, les catastrophes planétaires ou les invasions d'outre-espace. Mais, à chaque fois, l'Homme renaît, choisit le bon chemin malgré les obstacles et se réapproprie la Terre »[2].
Le texte est accompagné par 5 échelles de temps (voir ci-dessous), de durées croissantes, chaque échelle suivante englobant la précédente. De plus, les échelles ne couvrent pas seulement les événements du roman (les temps futurs), mais aussi des événements passés sur une durée équivalente[3]. Les indications de durées sont, selon l'auteur, "très inexactes", et malgré les durées énormes couvertes, elles ne coïncident pas avec nos connaissances actuelles (par exemple Stapledon place la formation du Soleil il y a 7500 milliard d'années, alors qu'il s'est formé il y a seulement 4,5 milliards d'années environ selon nos connaissances actuelles de la formation du Système Solaire). Les brouillons de ces échelles ont été numérisés et peuvent être consultés en ligne[4].
Adaptation au cinéma
Voir aussi
Articles connexes et liens bibliographiques
- Olaf Stapledon
- Domaines :
- Édition française du roman : après une première édition directement en poche chez Denoël (collection Présence du futur) en 1972[5] (réédité en 1978, 410 pp.). On en trouve une réédition plus récente aux Éditions Terre de Brume en 2021[6].
- Romans de Stapledon qui lui sont reliés :
- Les Derniers Hommes à Londres (1932)[7].
- Créateur d'étoiles (1937)[8].
- Autour de l'adaptation cinématographique du roman :
- Autour des thèmes du roman :
- Autres œuvres de fiction scientifique, plus récentes, et fondées sur le même principe :
- L'Homme après l'homme : une anthropologie du futur (en) (1990) par le paléontologue, géologue et auteur écossais Dougal Dixon (en)[9].
- All Tomorrows (2008) par le chercheur, illustrateur, photographe et auteur turc C. M. Kosemen (en)[Note 2].
- Plus proche et plutôt dans le domaine de la géopolitique prospective, un ouvrage de Virginie Raisson : 2038 Les futurs du monde[10].
Liens externes
- Ressource relative à la littérature :

