Laura Papo Bohoreta

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Laura Papo Bohoreta
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Laura Papo ( en ladino : לָאוּרָה פָּאפּוֹ ), née Luna Levi le , morte en 1942, également connue sous son pseudonyme Bohoreta, est une féministe, écrivaine et traductrice bosniaque, issue de la communauté sérafade.

Elle a consacré ses écrits à la condition des femmes de cette communauté séfarade en Bosnie-Herzégovine. Elle est considérée comme la première féministe bosniaque et la première de toute la région des Balkans.

Enfance

Les sœurs Levi.
Laura Papo avec ses fils.

Laura Papo Bohoreta est née à Sarajevo le [1],[2],[3]. Elle est issue d’une famille juive aux revenus très modestes, fille de Juda et Esther Levi[1]. Elle est l'aînée des enfants de ses parents[1]. Juda Levi est un commerçant[1]. N'ayant pas réussi commercialement à Sarajevo, il déménage avec sa famille à Istanbul en 1900[1],[2]. Laura Levi s'appelle à l'origine Luna, mais la famille change son prénom en Laura lorsqu’elle s'installe en Turquie, ce prénom étant considéré comme plus moderne et international[1],[2]. Laura fréquente pendant huit ans l'école française internationale pour Juifs, dite l'Alliance Israélite Française, à Istanbul[1],[2]. Au bout de huit ans, la famille Levi revient à Sarajevo, toujours aussi pauvre, mais avec davantage d'enfants, sept en définitive[1]. Pour aider sa famille, Laura donne des cours de français, de latin et d'allemand, ainsi que des cours de piano. Avec l'aide de Laura, ses sœurs Nina, Klara et Blanka (la mère de l’écrivaine Gordana Kuić (en)) ouvre un salon appelé Chapeau Chic Parisien à Sarajevo[1].

La communauté juive de Bosnie-Herzégovine est d'origine sépharade et de langue judéo-espagnol ou ladino. Elle résulte en effet en grande partie de l’expulsion des Juifs d'Espagne, en 1492, par le décret de l'Alhambra et de l’émigration de ces juifs (il leur fallait soit émigrer soit se convertir) en Europe et notamment, pour partie, dans les Balkans. Chassés par un monarque chrétien de la péninsule Ibérique, ils y sont accueillis par un monarque ottoman, Bajazet II, aux côtés des communautés musulmanes et chrétiennes (catholiques et orthodoxes) déjà implantées. Cette communauté maintient longtemps une culture spécifique, une langue spécifique et un folklore spécifique, qu’elle tente de préserver. Mais à la fin du xixe siècle, en 1878, l’empire d’Autriche-Hongrie s’empare de la Bosnie-Herzégovine et la soustrait à l’emprise ottomane, puis l’annexe complètement en 1908. Lors de son retour à Sarajevo à l'âge de 17 ans, Laura Lévi constate le désintérêt progressif pour la tradition et le folklore séfarades, encouragé par le nouveau pouvoir austro-hongrois pour des raisons de cohérence entre les populations désormais membres de cet empire et se tourne vers la collecte de poèmes romantiques, d'histoires et de proverbes séfarades[2]. Elle traduit également et adapte des œuvres d'auteurs français tels que Les Enfants du capitaine Grant de Jules Verne et La joie fait peur – Alegria espanta d’Émile de Girardin[1],[2].

Le , l’attentat de Sarajevo et l’assassinat dans cette ville de l’archiduc François-Ferdinand, héritier de l'Empire austro-hongrois, ainsi que de son épouse, Sophie Chotek, par un nationaliste serbe[4] est souvent considéré comme l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale, qui dure de 1914 à 1918.

Mariage et famille

En 1916, Laura épouse Daniel Papo[2]. Cette même année 1916, elle publie l'article Die Südslawische Frau in der Politik [Les femmes slaves du sud en politique] ) en 1916 dans le Bosnische Post, un journal bosniaque-herzegovinien imprimé en allemand, dans lequel Jelica Belović-Bernadzikowska (en) a consacré un papier aux femmes séfarades de Bosnie-Herzégovine, Die Spanolische. Cet article a irrité Laura Papo par ses préjugés et ses inexatitudes[1]. Elle publie sa réponse une semaine plus tard dans le même journal, dans le but de présenter de manière plus réaliste la femme séfarade. C’est un tournant pour Laura Papo, dans son engagement pour les femmes au sein de sa communauté[1]. Elle est souvent considérée comme la première féministe de cette communauté juive et, plus largement, des Balkans[5],[6]

Leur premier fils, Leon, naît en 1918, suivi d’un deuxième un an plus tard[2]. Malheureusement, le mariage avec Daniel Papo ne dure pas longtemps, celui-ci souffrant d'une grave maladie mentale (probablement un syndrome de stress post-traumatique, ayant participé à la Première Guerre mondiale en tant que soldat). Il est interné de façon permanente dans un établissement psychiatrique. À 28 ans, en 1919, Laura Papo se retrouve seule avec deux jeunes enfants, et pense se mettre en retrait.

Après avoir été conduite à interner son mari dans un établissement psychiatrique, elle garde, toutefois, foi en la vie. Elle travaille sur la mémoire de sa communauté, et rassemble des documents sur le folklore et les coutumes de sa communauté, soutient les femmes de la région et les encourage à devenir épouses, à avoir des enfants et à respecter les coutumes de leurs mères et de leurs grands-mères, tout en étant conscientes de l'époque dans laquelle elles vivent et en s'y adaptant. Laura pense que le développement des femmes ne doit pas dépendre de leur environnement, mais d'elles-mêmes et de leur désir de progresser[2].

Laura Papo écrit et interprète un sketch intitulé Préparatifs pour la Pâque avec ses sœurs lors d'une soirée organisée par la communauté juive en 1919. Suite au succès de la représentation, les représentants de cette association de la communauté de Sarajevo réussissent à la convaincre d'écrire un autre sketch pour une soirée organisée par l'association. C'est ainsi qu’elle entame une carrière de dramaturge, puis de poète et d’écrivain prenant faits et causes pour les droits des femmes au sein de la communauté juive de Sarajevo, et écrivant sur cette communauté.

Seconde Guerre mondiale et mort

Références

Liens externes

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