Lauterfresser
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Le Lauterfresser, de son vrai nom Mathias (Matheus, Matthäus) Perger, né vers 1587 et mort sur le bûcher en 1645 à Mühlbach, est un marchand tyrolien accusé de sorcellerie. Il apparaît dans de nombreuses légendes du Haut Adige. Son surnom provient de sa préférence pour les aliments mous ou liquides (« lautere »).
Biographie
Les informations connues proviennent des archives de son procès à Rodeneck. Selon ces archives, le « Lauterfresser », comme l'appelait également le tribunal, avait au moins 58 ans lors de son procès (1645). Originaire de Tschötsch, près de Brixen, il gagnait sa vie comme marchand ambulant, journalier et astrologue. Il l'était l'une des rares personnes de son milieu social à savoir lire et écrire, Mathias Perger est arrêté le , « soupçonné de sorcellerie et de magie noire ». Sous la torture, il avoue les méfaits qui lui sont reprochés, notamment la profanation de l'hostie, un pacte avec le diable et un accouplement avec lui, ainsi que des sorts maléfiques lancés sur des hommes et des animaux. À la fin de la même année, il est brûlé vif dans un lieu d'exécution situé entre Mühlbach et Spinges (de), conformément au verdict du tribunal : « brûlé en poudre et poussière ». On sait également que sa maîtresse, dont le nom est resté inconnu mais qui était née le , attendait un fils. Cependant, Lauterfresser la renia, elle et l'enfant à naître, devant le tribunal. On ignore s'il existe aujourd'hui des descendants.
Quelques légendes
Un potier se rend à Brixen avec sa production pour la vendre. En chemin, un accident survient et toutes ses poteries se brisent. Il rentre à Enneberg avec une seule poterie. Un étranger (le « Lauterfresser ») lui demande pourquoi il n'en a plus qu'une. Le potier lui raconte son malheur et explique qu'il a une famille nombreuse à nourrir, mais plus d'argent. Le Lauterfresser lui donne un de ses veaux, qu'il doit vendre à un boucher de Brixen. Ensuite, le potier a pour consigne de quitter les lieux immédiatement. Peu après, lorsque le boucher arrive pour abattre le veau, celui-ci a disparu.
Le Lauterfresser invite l'homme à revenir à Brixen pour une nouvelle farce, cette fois à l'Auberge de l'Aigle Noir. L'établissement est bondé. Suivant les instructions du Lauterfresser, l'homme commande une grande quantité de nourriture et de vin. Au moment de payer la serveuse, il retourne son chapeau. Le farceur avait convenu avec la serveuse qu'elle dirait alors que tout était déjà réglé. Un autre client, témoin du tour de magie, rachète le chapeau à l'homme pour une somme exorbitante. Le farceur et son protégé se rendent rapidement à l'Auberge de l'Aigle Rouge. L'homme reste à l'Aigle Noir, commandant une grande quantité de nourriture et de boissons. Au moment de payer, il retourne simplement son chapeau une nouvelle fois. Mais soudain, la magie n'opère plus. S'ensuit une bagarre et il est aussitôt mis à la porte de l'auberge.
Légendes sur son exécution : le Lauterfresser est finalement exécuté pour sorcellerie en 1645 sur le lieu d'exécution près de Mühlbach . La première tentative échoue : le Lauterfresser disparaît soudainement et, toujours non reconnu parmi les spectateurs, se moque des bourreaux. La deuxième fois, les bourreaux n'ont plus qu'une botte de paille entre les mains. Mais la troisième fois, on le traîne dans un chaudron vers le lieu du supplice, car les autorités ont découvert qu'il se libèrerait s'il parvenait à se procurer de la terre ou du bois. Il appelle alors des enfants : « Allez-y, jetez-moi un peu de terre ! » Mais on les en empêche, et le Lauterfresser est brûlé vif comme sorcier.
Le « Lauterfresser » (que l'on peut aussi traduire littéralement par « mangeur bruyant ») aurait fréquenté assidûment le cimetière pour y collecter les ingrédients de ses remèdes. Il recherchait les croix de personnes récemment décédées dont il se souvenait encore du nom, déchiffrait les lettres et apprit ainsi à lire. Tout cela lui valut la réputation d'être de mèche avec les forces du mal. Le Lauterfresser semble avoir un certain sens de l'humour. Lorsqu'on le fit sortir des cachots du château de Rodenegg après sa condamnation à mort, il aurait déclaré : « Il va faire chaud aujourd'hui. »
Bibliographie
- Hans Benedikter : Hexen und Zauberer in Tirol. Athesia, Bolzano 2000, (ISBN 88-8266-059-1) .
- Johann Adolf Heyl : Volkssagen, Bräuche und Meinungen aus Tirol. Brixen, 1897.
- Hansjörg Rabanser : Der Lauterfresser: der Hexenprozess gegen Matthäus Perger in Rodeneck und seine Rezeption. Universitätsverlag Wagner, Innsbruck, 2018, (ISBN 978-3-7030-0991-4) . Le documentaire « Lauterfresser – Der Hexenprozess » de Christoph Wieser (Wieser Media) a été produit la même année et diffusé sur la chaîne de télévision publique italienne Rai.
- Sagen, Märchen und Schwänke aus Südtirol. Volume 1 : Wipptal, Pustertal, Gadertal . Recueillis par Willi Mai, édités et commentés par Leander Petzoldt pour la Société de la culture populaire tyrolienne. Tyrolia, Innsbruck/Vienne, 2000, (ISBN 3-7022-2227-8) .
- Ignaz Zingerle : Barbara Pachlerin, die Sarnthaler Hexe und Mathias Perger, der Lauterfresser. Librairie Wagner, Innsbruck, 1858. Numérisé par la Bibliothèque d'État de Bavière.
- Roland Steger : Der letzte Hexenprozeß im Pustertal. Dans : Der Schlern 4, 1923, p. 336-344. (en ligne)
Notes et références
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Lauterfresser » (voir la liste des auteurs).