Le Bien-Aimé
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| Le Bien-Aimé | |
Recueil BnF. « Le Bien-Aimé » , coupures presse, page de couverture,1940[1]. | |
| Auteur | Sacha Guitry |
|---|---|
| Genre | Comédie |
| Nb. d'actes | 6 actes |
| Date d'écriture | 1940 |
| Date de création en français | |
| Lieu de création en français | Théâtre de la Madeleine, Paris, France |
| Metteur en scène | Sacha Guitry |
| Rôle principal | Sacha Guitry, Elvire Popesco, Huguette Duflos |
| Personnages principaux | |
| Lieux de l'action | |
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Le Bien-Aimé est une comédie en six actes de Sacha Guitry, créée au théâtre de la Madeleine le . C'est la 112e C’est la première création théâtrale à Paris depuis la signature de la convention de l’armistice de 1940 et la 112e pièce de l'auteur.
L’action se passe le au Château de Versailles, le jour du centenaire de la création du Tartuffe de Molière. En cette occasion, le 3e acte est joué par les personnages de la pièce, en hommage au dramaturge. Les rôles principaux sont interprétés par les célébrités de l’époque: Elvire Popesco, Huguette Duflos et Geneviève Guitry, la quatrième épouse de l’auteur.
Comme dans ses œuvres précédentes dont le sujet traite de Histoire de France, Guitry prend quelques libertés avec la vérité historique. Mais cela n’empêche pas la critique et le public d’accueillir la pièce avec enthousiasme.
En 2014, la Bibliothèque Nationale de France a numérisé les coupures de presse relatives à la pièce, publiées lors de sa créatione. Le document est intitulé: [Recueil] « Le Bien-Aimé » de Sacha Guitry. Il est accessible en ligne via Gallica.
Dans une interview accordée le à R.Cardinne-Petit, pour le journal Le Petit Parisien, soit quatre jours avant la création de la pièce, Guitry explique son choix du sujet[2]:
« Le Bien-Aimé sera ma 112e pièce. Le sujet que j’ai choisi procède d’une volonté de servir des illustrations françaises. Après Pasteur, La Fontaine, Rodin, Manet, Louis XI, etc., j’ai voulu cette fois représenter un coin de notre histoire : le commencement du XVIIIe, qui fut un des plus longs, fut aussi celui pendant lequel il n’y eut pas en France de guerre civile ; et, surtout, il fut dominé par deux immortelles figures du génie français : Voltaire et Fragonard, l’ironie et la grâce. Ces deux êtres sont la raison de ma pièce que j’ai écrite en six actes et au cours de laquelle on assistera, à la cour du roi de France, à la représentation du centenaire de Tartuffe. »
Si Guitry déclare que le philosophe et le peintre « sont la raison » de sa pièce, les principaux personnages en sont le roi de France Louis XV, surnommé le « Bien-Aimé » par ses contemporains, rôle-titre interprété par Sacha Guitry, et Molière auquel il rend hommage par l’inclusion à la fin de la pièce, du 3e acte du Tartuffe, joué pour célébrer le 100e anniversaire de sa création le [2],[3].
Quant à l’intrigue de départ, elle reprend un épisode déjà mis en scène par Guitry en 1937 dans le film historique Remontons les Champs-Elysées. Il s’agit d'une légende selon laquelle le roi et le marquis de Chauvelin mourraient l’un et l’autre à six mois d’intervalle, prédiction faite par une chiromancienne[3],[4]. Cette double mort annoncée rapproche les deux hommes. Le marquis devient un intime du roi[5],[4],[a].
Synopsis
L’action se déroule en au château de Versailles durant le règne du roi de France Louis XV, surnommé le « Bien-Aimé » par ses contemporains.
Dans un salon. Madame de Pompadour, favorite du roi est entourée de ses confidentes : Madame de Choiseul, Madame de Coislin, Madame de La Marck. Elles bavardent, rient et sont pleines d’entrain. Mais ce n’est qu’une apparence, car en réalité, la maîtresse royale en titre est chagrine et ses amies s’efforcent de la faire sourire. Elle a plus de quarante ans et son royal amant préfère les jeunes femmes. Elle continue d’être influente et très proche de lui, mais leurs relations intimes sont seulement platoniques. D'où sa mélancolie.
La reine vient se joindre au groupe. Elle perçoit la souffrance de sa rivale, laquelle lui en a causé une identique lorsque le roi en a fait sa favorite. Feignant la compassion, elle lui conseille d’introduire une jeune beauté dans la couche royale. Sa Majesté lui sera reconnaissante de l'aider à satisfaire ses caprices. Ainsi, en tant que complice, sa place de favorite ne sera pas menacée.
Le lendemain, une chiromancienne prédit au marquis de Chauvelin, un intime du roi, qu'eux deux mourraient à six mois d’intervalle. Il en informe Louis, mais celui-ci a une priorité urgente à traiter : il doit rejoindre Louisette, sa dernière conquête, secrètement hors du palais. Aussi demande-t-il à Chauvelin de le remplacer dans le lit royal, la nuit venue, afin que son escapade ne soit ni vue ni connue. Celui-ci accepte avec empressement. Mais sous les draps, une surprise l’attend : une ravissante jeune fille mandatée par la Pompadour, qui a suivi le conseil de la reine, l’accueille plus que chaleureusement. Le marquis, qui n’en demandait pas tant, ne pourra cependant pas en profiter, car le roi est de retour plus tôt que prévu.
Son Altesse, qui apprécie les grands esprits, a invité Voltaire. Son génie brille et enchante toutes les personnes présentes. Il fait remarquer que la date du jour, , correspond précisément au centenaire de la création du Tartuffe de Molière. Il suggère au roi de jouer quelques scènes de la pièce ici même, dans le salon où elle fut créée. Louis accepte. Les rôles sont répartis: lui sera Tartuffe, Chauvelin sera Orgon. La troupe improvisée interprète le 3e acte. Mais un vrai coup de théâtre se produit à la fin de la représentation: le marquis s’effondre et meurt en scène, comme Molière. Tout le monde est bouleversé, surtout le roi, qui se souvient de la prédiction qu’il mourrait six mois après lui.
Fiche technique
- Création au Théâtre de la Madeleine le .
- Mise en scène : Sacha Guitry
- Décor : Numa et Émile Bertin[4]
- Costumes : ?
Distribution

- Sacha Guitry : Le roi Louis XV
- Elvire Popesco : La reine Marie Leczinska
- Huguette Duflos : Madame de Pompadour
- Guillaume de Sax : Le marquis de Chauvelin
- Jean Chaduc : Fragonard
- Georges Spanelly : Voltaire
- Germaine Laugier : Madame de Choiseul
- Denise Bréal : Madame de La Marck
- Lucienne Réal : Madame de Coislin
- Francine Bessy : Mademoiselle des Essarts
- Marguerite Pierry : Madame Duponchet
- Geneviève Guitry : Louise
- Yvette Lebon: Flora, la chiromancienne
- Julien Rivière : Dubertret
- I. Niepat : Un valet
- Marc Helin : Un valet
Création et reprises
Contexte historique lors de la création de la pièce
La création de la pièce a lieu le 1940, le jour même où le régime de Vichy engage le pays dans la collaboration[7]. Trois mois se sont écoulés depuis la signature de la convention de l’armistice de 1940, alors que Guitry était en cure à Dax. Souhaitant rentrer à Paris, afin d’y poursuivre ses activités théâtrale et cinématographique, il obtient un sauf-conduit[8]. Dans cette nouvelle configuration politique, Le Bien-Aimé est la première pièce à être jouée dans une salle parisienne[2]
Alain Laubreaux écrit dans Le Petit Parisien du [9] :
« On a donné à cette création une place parmi les évènements, parce que c’est la première création théâtrale qui ait eu lieu depuis l’armistice. On a eu raison. La composition de la salle, où un général français voisinait avec un général allemand, marquait, d’abord, que l’on s’élevait au-dessus des rites anciens ou coutumiers des soirées parisiennes [...] Ce n’était pas seulement une comédie pleine de gaieté et d’abandon que nous applaudissions, c’était un acte de foi dans la France. »
Accueil
Critique
La réception critique est unanimement positive:
- « Le Bien-Aimé le fut de ses sujets, il ne manquera pas de l’être des spectateurs du théâtre de la Madeleine[3]. »
- « Tout contribue à faire de ce spectacle un spectacle de qualité : dans de ravissants décors de Numa et d’Émile Bertin évoluent des femmes exquisement belles et somptueusements parées (…) Et c’est un page de la vie intime de Louis XV. Est-il besoin de dire que c’est un enchantement de tous les instants ? (…) Le texte est de l’excellent Sacha Guitry, pétillant, mousseux, étincelant et si français…[4]. »
- « À propos de la représentation de Tartuffe: Le roi et ses familiers joueront eux-mêmes le chef-d’œuvre de Molière. M.Guitry jouant la comédie dans une comédie, quel divertissement de roi il s’accorde ! Et quel régal pour nous ! (…) Ce n’était pas seulement une comédie de gaieté et d’abandon que nous applaudissions, c’était un acte de foi dans la France[9]. »
- « Une pièce nouvelle de Sacha Guitry est toujours un événement. Mais que dire aujourd’hui du ‘’ Bien-Aimé ’’. Tous les qualificatifs les plus flatteurs ont été lancés déjà et nous ne pourrions que répéter ce qui a été dit par les autres. Disons donc seulement que nous sommes ici devant une représentation typique de ce que l’esprit français a de plus raffiné, de plus fin, de plus éclatant. C’est un ravissement ![10] »
Public
La pièce reçoit un accueil enthousiaste de la part du public:
- « La création du Bien-Aimé s'est déroulée devant une salle archicomble[11]. »
- « L'apparition d'Elvire Popesco en reine Marie Leczinska déchaîne l'enthousiasme et le public revit avec plaisir la belle époque du temps des marquises[3]. »
- « La beauté de Mme Huguette Duflos a soulevé des cris d'admiration...justifiés[4]. »
Archives coupures de presse
Les coupures de presse de six journaux ont été rassemblées dans le Recueil BnF. : « Le Bien-Aimé », 1940[1]. Ordre chronologique de parution :
- Interview de Sacha Guitry par R. Cardinne-Petit, Le Petit Parisien du [2].
- Critique non signée[c], Le Petit Parisien du [12].
- Critique de Alain Laubreaux, Le Petit Parisien du [9].
- Critique de Charles Quinel, journal Le Matin du [3].
- Critique signée R., journal Paris Soir du [4].
- Critique non signée, journal Vedettes du [10].