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Le Buisson ardent (Froment)

peinture de Nicolas Froment From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Buisson ardent est un triptyque de Nicolas Froment, artiste de l'Ecole d'Avignon, réalisé au XVe siècle[1].

Date
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Technique
Huile sur toile recouvrant les panneaux de bois
Faits en bref Artiste, Date ...
Le Buisson ardent
Artiste
Date
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Type
Technique
Huile sur toile recouvrant les panneaux de bois
Dimensions (H × L)
305 × 410 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
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Histoire

Le triptyque est commandité en 1476 par le roi René, comte de Provence, pour le tombeau de ses entrailles[2]. L'œuvre provient du couvent des Grands-Carmes, vendu, morcelé[3] et détruit sous la Révolution. Elle devait surmonter l'autel du couvent où le roi René souhaitait que ses restes reposent. Elle y est demeurée jusqu'en 1792, puis transférée en 1808 à la cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence où elle est exposée dans la chapelle Saint-Lazare depuis 2011. Le retable a fait l'objet d'une importante campagne de restauration entre 2003 et 2010[4]. Il est classé parmi les monuments historiques depuis 1898[5].

Description

Dimensions et matériaux

Le panneau central mesure 3,09 sur 2,15 mètres ; les volets mesurent respectivement 3,12 sur 1,06 m et 3,11 sur 1,11 m. Le dais (ou superciel) mesure 0,81 sur 2,12 mètres. Les matériaux utilisés sont le peuplier, le noyer, la toile de lin, le gypse, le noir de carbone, différents pigments, du vernis, des feuilles d’or et d’argent, du fer. La technique comprend un dessin préparatoire, de la peinture à l’huile appliquée en plusieurs couches pour former un glacis[4.1].

Volets fermés

Sur le retable replié est peinte en grisaille et en trompe-l’œil une Annonciation où l'Archange Gabriel et la Vierge Marie se font face. Leur dialogue (« Salut, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi » — « Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon sa parole ».) est retranscrit sur des parchemins peints au centre du retable. L'Ange tient un rameau d'olivier avec douze olives, symbole de paix.

Volets ouverts

Le panneau de gauche montre le commanditaire de l'œuvre : Le roi René agenouillé, vêtu de l'habit des chanoines de Saint-Victor, entouré de ses saints patrons, Marie-Madeleine, Antoine le Grand et Maurice d'Anjou portant la bannière de l'ordre du Croissant fondé par le roi. Sur le panneau de droite, la reine Jeanne de Laval agenouillée est entourée de saint Jean, sainte Catherine d’Alexandrie et de saint Nicolas. Les armes du roi René (Hongrie, Sicile, Anjou, Aragon) ornent le tissus recouvrant la table sur laquelle sont posée les livres de prière du roi et de la reine.

Le panneau central représente la Vierge et l'Enfant au milieu du Buisson ardent. Au premier plan, sur la droite, Moïse, gardant son troupeau, se déchausse à la vue de cette apparition.

Une citation du livre des Proverbes surmonte l'œuvre : « Celui qui m'aura trouvé trouvera la vie et puisera le salut dans le sein de Dieu[2] »[6].

Le cadre peint du panneau central représente les douze rois d'Israël. Dans le bas du cadre, l'explication du Buisson ardent est inscrite : « Dans le buisson que Moïse a vu brûler sans se consumer, nous avons reconnu, sainte Mère de Dieu, ta virginité admirablement conservée ».

Iconographie

L'ensemble du triptyque traite de la révélation divine en mêlant Ancien et Nouveau Testament, les textes de l'Ancien Testament annonçant le Nouveau (selon la typologie biblique).

Le rocher sur lequel pousse le buisson aux douze troncs est placé au centre du tableau. Une source jaillit à la base du rocher. La Vierge Marie tenant l'enfant Jésus est assise au milieu du feuillage du buisson qui forme une couronne d'où s'échappent des flammes, alors que les feuilles restent vertes. L'enfant Jésus tient un miroir dans lequel se reflète son visage, ainsi que celui de Marie.

À l'avant-plan, on voit un ange sur la gauche qui apparaît à Moïse, représenté à droite en train d'enlever une de ses chaussures et tourner son regard vers le buisson, tout en se protégeant les yeux de la main. Entre les deux se trouve un troupeau de brebis parmi lesquels se distinguent deux moutons noirs et trois béliers. Un chien avec un collier à crochets est couché près de Moïse et regarde en direction du troupeau.

Interprétations

La végétation, les brebis, les gestes, le médaillon, le miroir, les vêtements, le soleil levant, le rocher, le buisson, le fleuve, ainsi que les couleurs employées, tous les éléments ont une valeur symbolique.

La scène du panneau central se réfère au passage de la Bible dans le Livre de l'Exode (III, 1-7)[7] relatant l'épisode où Dieu apparaît à Moïse dans un buisson "tout en feu, sans pourtant se consumer". Le buisson qui brûle sans se consumer est une allégorie de la virginité de Marie[8]. La forme de son feuillage préfigure la couronne d'épines que portera Jésus lors de sa crucifixion.

En bas du rocher sur lequel pousse le buisson jaillit une source. L'eau qui coule du rocher symbolise la source spirituelle qu'est le Christ[9]. C'est la source de vie à laquelle viennent s'abreuver les brebis, autrement dit les croyants.

Le chien qui surveille le troupeau de brebis porte un collier anti-loup à trois rangs de crochets. Le chiffre trois fait référence à la Trinité, le collier lui-même fait penser à la couronne d'épines.

33 espèces végétales ont été dénombrées dans le triptyque, un nombre qui correspond à l'âge du Christ.

Tout en bas de la scène on peut apercevoir un escargot au premier plan. La spirale de la coquille suggère la vie éternelle, l'escargot étant un symbole de la résurrection[9].

Les douze rois d'Israël qui sont représentés dans le cadre doré évoquent la généalogie du Christ. Cette représentation est connue comme l'arbre de Jessé, même si ici elle ne prend pas la forme d'un arbre.

Sur le médaillon ornant le vêtement de l'ange, on distingue un bas-relief représentant Adam et Ève de part et d'autre d'un arbre autour duquel s'enroule un serpent. Pour les croyants, il s'agit de le représentation de la faute originelle qui a été rachetée par la Vierge.

Selon certains spécialistes, la ville représentée sur la droite du tableau évoquerait Avignon. Quant au château sur la gauche, ce pourrait être le château de Saumur en Anjou[10], propriété du roi René.

Lieu de conservation

Restaurée, l'œuvre, qui pèse près d'une demi-tonne, a été réinstallée dans la cathédrale fin [11]. Le triptyque est visible en suivant le calendrier liturgique : Les volets sont ouverts à partir du dimanche de Pâques jusqu'au lundi de Pentecôte, du 21 juin jusqu'aux journées du patrimoine (3ème weekend de septembre) et du 1er décembre jusqu'au 2ème dimanche de janvier (Marche des Rois)[12]. En dehors de ces périodes, les volets sont fermés.

Bibliographie

  • Pierre Coste et al., La Cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence, Aix-en-Provence, Édisud, (1re éd. 1982).
  • Le triptyque du buisson ardent, sous la direction d'Yves Cranga et Marie-Claude Léonelli, Actes Sud, juin 2011, (ISBN 978-2-7427-9746-2), pages 60-62.

Notes et références

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