Château de Saumur
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| Château de Saumur | |||
| Période ou style | Médiéval et Renaissance | ||
|---|---|---|---|
| Type | Forteresse Château de la Loire |
||
| Début construction | Xe siècle | ||
| Fin construction | XVIe siècle | ||
| Propriétaire initial | Thibaud, comte de Blois, | ||
| Destination initiale | Forteresse | ||
| Propriétaire actuel | Commune de Saumur | ||
| Destination actuelle | Musée | ||
| Protection | |||
| Coordonnées | 47° 15′ 25″ nord, 0° 04′ 21″ ouest[1] | ||
| Pays | |||
| Région historique | |||
| Département | Maine-et-Loire | ||
| Région | Pays de la Loire | ||
| Commune | Saumur | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Maine-et-Loire
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Le château de Saumur est un château situé dans le val de Loire dans la commune française de Saumur, dans le département de Maine-et-Loire, au confluent de la Loire et du Thouet.
Le château est classé monument historique en 1862, et est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en tant que partie du Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes-sur-Loire[2].
Moyen Âge et Renaissance

Le château de Saumur a connu ses premières fortifications sous Thibaud le Tricheur, comte de Blois, au Xe siècle. Les premières pierres sont posées autour de l'abbaye bénédictine de Saint-Florent-du-Boële afin d'assurer sa protection et assoir la position de sa famille sur la Loire[3]. Mentionné dans un texte de 968, on ne connait cependant presque rien de ce premier édifice[4].
En 1026, dans un moment de crise et d'instabilité de la structure, la forteresse est prise aux mains du comte d'Anjou, le célèbre Foulques III d'Anjou (Foulques Nerra), qui repousse par conséquent les bénédictins de l'autre côté du Thouet[3].
Le château reste ensuite aux mains des ducs d'Anjou jusqu'à la défaite de Jean Sans Terre en 1203[4]. À cette même date, le roi de France Philippe Auguste, s'empare du château. Il brûle les fortifications antérieures et décide de fortifier la position en vue de prochaines offensives de la Guerre de Cent Ans[5]. Il fait construire un donjon de forme barlong et des contreforts.
Le château devient une forteresse royale avec le roi Saint Louis[2] qui, en 1227, fait rehausser le fort. C'est à partir de cette forteresse que le roi conduit l'armée capétienne pour reconquérir l'Anjou face aux Plantagenêts[4].
À partir de 1368, Louis Ier d'Anjou, petit-fils de Philippe VI, fait remplacer les vieilles tours rondes par des tours octogonales[note 1] et s'engage ainsi pour neuf années de travaux. La forteresse devient alors sous son règne un véritable château-palais[4].
René d'Anjou améliore sensiblement le confort de l'ensemble du château qu'il surnomme le « château d'amour », lequel figure dans les Très Riches Heures du duc de Berry (folio du mois de septembre y représentant les vendanges). René y réside jusqu'en 1480 et à sa mort le château entre dans le domaine royal[4].
Au XVIe siècle un architecte-militaire italien connu sous le nom de Bartholomeo (vraisemblablement le père d'Ercole Negro[6]), renforce les défenses du château en y construisant une enceinte selon un tracé à l'italienne.
En 1589, le nouveau gouverneur de Saumur, Philippe Duplessis-Mornay réside dans le château et s'attache à sa modernisation[7]. Il entreprend l’édification de la fortification toujours visible aujourd’hui autour du château, côté ville. Il s'agit d'une enceinte bastionnée qui préfigure les créations innovantes de Vauban et qui sera définitivement achevée en 1646 par le front nord[4].
Époque moderne et contemporaine

Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, le château sert de résidence aux gouverneurs de Saumur. Il abrite aussi des prisonniers sur lettre de cachet, puis des prisonniers de guerre, essentiellement des marins britanniques[4].
En 1810, sur ordre de Napoléon, le château devient une prison d'Etat[4]. Les travaux prennent six ans, les cellules sont pourtant utilisées uniquement trois mois jusqu'au premier exil de Napoléon.
Puis en 1814, sous Louis XVIII, le château est affecté au ministère de la Guerre et devient alors un dépôt d’armes et de munitions où les militaires y restent jusqu’en 1889. À cette même date sont engagés des négociations entre la Ville et le ministère afin de racheter le château et d'en faire un musée municipal. Ce projet est concrétisé par la suite en 1906 et en 1912 par l'ouverture du musée au public[4].
Le , le château est classé monument historique[2].

Le , la partie ouest du rempart nord s'effondre et endommage une partie des habitations situées en contrebas. Il s'ensuit un chantier de stabilisation du sous-sol et de reconstruction du rempart qui s'achève en 2007, puis en 2012 pour l'escalier d'honneur[4].
Description
À la fin du Xe siècle, un mur d'une longueur d'un kilomètre, nommé « mur de Boile », vient entourer le promontoire, délimitant ainsi un espace avoisinant 6 hectares[8].
Pendant la seconde moitié du XIe siècle, des remblais sont accumulés contre la tour, ce qui fait du rez-de-chaussée, la cave. Il est possible de la découvrir sous la cour du château. La construction de cette motte castrale permet la création d'une plate-forme de 7 à 8 mètres[9].
Au XIIe siècle, sous les Plantagenêts, un donjon roman est édifié, de schéma classique, à plan quadrangulaire mais de dimensions importantes (19 × 17 mètres). Ses murs sont épais (2,90 m) et renforcés par des contreforts[10].
Au XIIIe siècle, une nouvelle enceinte est édifiée. En son centre, le donjon roman, et autour de sa motte castrale, de hautes courtines sont adossées. Ces modifications donnent le plan d'un carré cantonné avec des angles de tours circulaires percés d'archères[2],[5].
Au XIVe siècle, malgré le fait que les quatre tours aient été écrêtées, on distingue quatre niveaux différents pour un diamètre situé entre 9 et 10 mètres[11]. Il y a un niveau semi-enterré, avec au-dessus de lui, deux étages équipés d'archères. Le niveau le plus haut, est fait d'une ossature en charpente recouverte d'une toiture d'ardoise[11].
À la fin du XVIe siècle, des remparts sont ajoutés autour du château[2].
Le château dispose d'un escalier à double révolution, semblable à celui imaginé par Léonard de Vinci. Il permettait aux nobles et aux serviteurs d'utiliser le même escalier sans jamais se croiser[12]. L’accès au belvédère permet de découvrir l’aile sud et d’emprunter cet escalier à double révolution. L'escalier d'honneur, avec ses 4 baies, est le seul témoin subsistant d'un élément qui existait aussi au Louvre.[réf. nécessaire]
La miniature des Très Riches Heures du duc de Berry[note 2], montre sur la gauche derrière le mur d'enceinte la cheminée des cuisines qui sont séparées du palais afin de prévenir le risque d'incendie[14],[note 3].
Reconstruction du château
Pendant la seconde moitié du XIVe siècle, Louis Ier d'Anjou commence ses travaux par la destruction des anciens logis et de la courtine érigée au XIIIe siècle. Ils ont pour but l'édification d'une aile d'apparat, avec vue sur la Loire et accoudée contre la tour romane qui se trouve au centre de la cour[15].
La salle principale occupe l'étage de la grande tour romane. La nouvelle aile comprend dans la tour ouest, une garde-robe, une chambre de parement et une de retrait. Trois maîtres sculpteurs sont appelés pour réaliser les fenêtres, portes et cheminées : ils viennent de Tours et de Chinon, ce sont Simon Corbet, Thomas Cailleau et son fils Jehan[16].
On retrouve dans la basse-cour à l'ouest du château, un bâtiment appelé « grande salle du baille » qui abrite un auditoire de justice[16].
Un dispositif en chicane avec deux fossés et deux ponts-levis est renforcé pour accéder à la haute tour. En 1368, la poterne d'entrée de la basse cour est rehaussé par trois rangées de pierres[17].
Le Musée
Le musée municipal de Saumur, auparavant installé à l'Hôtel de Ville entre 1929 et 1912, déménage au château lorsque les appartements des ducs d'Anjou sont restaurés. À cette période, il s'agit surtout d'un musée d'archéologie et de sciences naturelles. Mais le musée va prendre un autre tournant lorsque lègue le comte Charles Lair (1841-1919), collectionneur et grand voyageur, lègue à sa mort une grande collection de sculptures, de meubles et surtout de céramiques, à la ville de Saumur[18]. En 1922, l'établissement devient alors un musée des arts décoratifs[18]. Puis, à la fin des années 1950, les collections sont encore augmentées par un don du Musée du cheval[19].
L'établissement est aujourd'hui labellisé Musée de France[20] et accueille chaque année de nombreux visiteurs comme en 2018 où 94030 étaient recensés[21].
Les jardins sont également ouverts à la visite en accès libre et les extérieurs permettent d'accéder aux remparts, à la basse cour et à un panorama. Le belvédère permet également de découvrir l’aile sud et d’emprunter le fameux escalier à double vis[18]. Dans la cour appelée « Caserne Feuquières » (en l’honneur de l'officier saumurois Manassès de Pas de Feuquières), subsiste des vestiges de l’ancienne église abbatiale du monastère bénédictin fondé au Xe siècle de Saint-Florent du château. Bien qu'elle soit aujourd'hui peu connue et actuellement fermée au public, l'abbaye de Saint-Florent fut une des plus importantes de l’ouest de la France du Xe au XVIe siècle[19].
Ses collections
Les collections du Musée de Saumur, qui s'articulent sur deux étages, sont très variées et regroupent différentes catégories : arts décoratifs, beaux-arts, ethnologie, archéologie et sciences naturelles[19].
Au premier étage est exposée la remarquable collection de tapisseries (allant du XVe au XVIIIe siècle et pour la plupart classées aux Monuments historiques) et la collection de céramiques, associés à des meubles, tableaux et sculptures[18].
Au deuxième étage, se trouve la collection autour du cheval comprenant plus de 7200 œuvres et objets de la préhistoire au XXe siècle à travers le monde, se rapportant au cheval, leur harnachement et aux équidés en général. Il s'agit d'un parcours à la fois historique et ethnologique mettant en lumière des pièces exceptionnelles autant d'un point de vue esthétique que technique[18].
En 2023, les collections regroupaient au total près de 35 000 objets. Le musée peut ainsi renouveler sa muséographie et proposer régulièrement des expositions temporaires[22].
