Le Cahier volé (roman)
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Le Cahier volé est un roman de Régine Deforges publié en 1978.
Montmorillon, 1951. Léone, la narratrice, est une jeune fille de seize ans anticonformiste qui chérit par-dessus tout la liberté, ce qui l'expose aux regards réprobateurs de sa famille et des habitants du village, chez qui la peur du qu'en dira-t-on est largement répandue. Cette mentalité révulse Léone, qui aime traverser la ville en mini-shorts, se baigner nue dans la Gartempe, et surtout, entretient une relation amoureuse avec une autre jeune fille de son âge, Mélie. Pensant être aussi attirée par les hommes, la jeune fille flirte avec des garçons. L'un d'eux, Alain, jaloux, dérobe avec l'aide de la sœur de Léone le journal intime de celle-ci, dans lequel elle relate sa sexualité avec Mélie et quelques-unes des "histoires de fesses de la ville". Les gendarmes convoquent les parents de Léone pour outrage aux mœurs. Ceux-ci sont choqués par le contenu du journal de leur fille mais optent pour un règlement "à l'amiable" : Alain rendra le cahier à Léone si elle accepte de quitter Mélie. Révoltée par ce qu'elle considère être une injustice et ayant la conviction de n'avoir rien fait de répréhensible, Léone refuse. Elle se bat plusieurs fois contre des garçons, est méprisée, insultée voire violentée par la plupart des habitants du village, est renvoyée ainsi que sa sœur de l'institution religieuse où elle étudiait. Elle sera finalement contrainte de détruire tous ses cahiers intimes pour mettre un terme à la situation.
Autour du roman
Premier roman de Régine Deforges, Le Cahier volé est un roman autobiographique[1]. L'auteure s'inspire d'un épisode de sa jeunesse, en 1951 à Montmorillon[2]. Régine Deforges avait vécu à l'époque le rejet de son homosexualité par la société de la ville[3]. À la suite de cet épisode traumatisant, Régime Deforges a cessé d'écrire jusqu'au milieu des années 1970. Elle exprimera plus tard son regret d'avoir détruit les cahiers ("J'ai été lâche [...] j'aurais dû les envoyer se faire foutre", dira-t-elle notamment en 2013 sur le plateau de La Grande librairie)[4].
Régine Deforges et son amie d'alors, Manon Abauzit, reviennent sur les événements dans un livre, Les Filles du cahier volé, illustré de photographies de Leonardo Marcos, avec un texte de Sonia Rykiel, publié aux éditions de la Différence en 2013[5].