Le Cercle vert
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Le Cercle vert est un roman fantastique tardif de l’écrivain britannique Arthur Machen. Publié en 1933[1], il s'agit du dernier roman de l'auteur.
| Le Cercle vert | |
| Auteur | Arthur Machen |
|---|---|
| Pays | Royaume-Uni |
| Genre | Roman |
| Version originale | |
| Langue | Anglais britannique |
| Titre | The Green Round |
| Éditeur | Ernest Benn. |
| Lieu de parution | Londres |
| Date de parution | |
| Version française | |
| Traducteur | Laurent Mathis |
| Éditeur | Les Enfants de la nuit |
| Collection | Les Enfants de la nuit |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 2025 |
| ISBN | 9782322618293 |
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Présentation de l'intrigue
Hillyer est un homme fragile, érudit, un solitaire dont l’existence entière s’est usée à déchiffrer le folklore et les secrets enfouis dans les contes anciens. Quand les hallucinations commencent à le ronger, son médecin l’envoie se reposer sur la côte galloise. Là, au détour d’une promenade dans les dunes, il découvre un lieu étrange : le cercle vert. Un simple anneau d’herbe, perdu dans le sable… et pourtant, dès qu’il y pénètre, sa vie bascule. Les pensionnaires de son hôtel se retournent contre lui. On l’accuse de protéger l’auteur d’un crime mystérieux, une petite créature difforme que certains jurent avoir vue rôder à ses côtés. Hillyer fuit en hâte vers Londres, espérant laisser derrière lui ces soupçons délirants. Mais les phénomènes inquiétants le suivent : destructions inexplicables, apparitions effrayantes, impression d’être épié. Quelque chose l’a accompagné hors du cercle — et s’attache à chacun de ses pas. C’est alors qu’un livre oublié, Une promenade dans Londres : méditations dans les rues de la métropole, signé d’un certain Thomas Hampole, semble lui offrir un début d’explication. Une explication si vertigineuse, si contraire à tout ce qu’il croyait savoir, qu’elle pourrait bien être plus terrifiante encore que les apparitions elles mêmes[2].
Histoire éditoriale
Le Cercle vert a longtemps porté la réputation d’un livre manqué. Une partie de la critique y voyait un ressassement fatigué des thèmes chers à Machen, affaiblis par une exécution jugée maladroite et usés par la répétition. S. T. Joshi le qualifie ainsi de “reprise interminablement verbeuse et sans direction de thèmes usés”[3]. Machen lui‑même n’en disait guère de bien : il parlait de « mauvais petit livre », avant d’ajouter, , qu’ « on ne pouvait attendre grand‑chose d’un ouvrage payé trois pence et demi, écrit par un homme de soixante‑neuf ans ». Il affirma d’ailleurs toujours l’avoir rédigé par nécessité, mû non par l’élan créateur, mais par le besoin d’argent[4]. Le roman n’a d’ailleurs guère connu de rééditions — deux seulement en anglais — mais il demeure pourtant le seul livre de Machen publié par la mythique maison Arkham House[5], ce qui lui confère une place singulière dans son œuvre. Depuis quelques années, cependant, Le Cercle vert connaît un retour en grâce[6]. On redécouvre dans ce texte tardif une sorte de synthèse des obsessions macheniennes : l’interpénétration des mondes, l’existence d’un voile dissimulant une réalité plus vaste, accessible seulement à quelques initiés. Ce qui passait pour une faiblesse apparaît désormais comme une tentative audacieuse de condenser toute une vision du surnaturel. La Société des Amis d’Arthur Machen, sans nier son accueil mitigé ni son statut marginal dans la bibliographie de l’auteur, n’hésite plus à le rapprocher de Kafka, de Camus ou de Sartre[7], tant il explore l’angoisse métaphysique et la fragilité de la perception humaine. Quant à Alan Moore, il cite Le Cercle vert et N dans son roman Le Grand Quand[8].
Thématiques abordées
Le roman déploie plusieurs thèmes essentiels de l’univers machenien, qui se répondent et s’entrelacent pour composer une atmosphère de trouble et de révélation. Il explore d’abord les fractures du réel, ces instants où un monde parallèle affleure sous la surface du quotidien. Des forces obscures, occultes, semblent rôder à la lisière de la perception : la petite créature au visage fripé, semblable à un enfant difforme, suit Hillyer comme une ombre depuis qu’il a franchi le cercle vert, rappelant les légendes du petit peuple et leurs incursions dans notre monde[9]. Le paysage gallois devient lui-même un seuil, un territoire liminaire où dunes, landes et ruisseaux ouvrent sur un ailleurs invisible. À cette dimension surnaturelle s’ajoute une ambiguïté psychologique constante : Hillyer oscille entre hallucination et révélation, entre dérèglement intérieur et intrusion d’un autre plan de réalité. Car Machen, fidèle à sa vision mystique du monde[10], suggère que notre réalité coexiste avec un ailleurs sombre, malveillant, dont seuls quelques initiés perçoivent les signes[11]. L’œuvre entretient une grande proximité avec la nouvelle N, qui développe des motifs similaires. Machen souligne lui‑même ce lien à travers un ouvrage énigmatique apparaissant dans les deux récits : Une promenade dans Londres : méditations dans les rues de la métropole, signé Thomas Hampole. Ce livre agit comme un catalyseur de l’étrange, un révélateur, presque un sésame permettant d’écarter le voile qui dissimule les autres plans de réalité[12]. Par son intermédiaire, les deux textes semblent dialoguer, Le cercle vert révélant un ailleurs sombre et malveillant, N un ailleurs lumineux et féérique.
Bibliographie
Éditions en langue anglaise
Éditions françaises
- Le Cercle vert, suivi de N et autres récits, Les enfants de la nuit, 2025, traduction Laurent Mathis, 254 pages, éditions Les enfants de la nuit. (ISBN 9782322618293) [14].
