Le Chat noir (nouvelle)

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Titre d'origine
The Black Cat
Le Chat noir
Image illustrative de l’article Le Chat noir (nouvelle)
Illustration de la découverte du cadavre de la femme du narrateur par Aubrey Beardsley (1894–1895).
Publication
Auteur Edgar Allan Poe
Titre d'origine
The Black Cat
Langue Anglais américain
Parution , Philadelphie,
The Saturday Evening Post
Intrigue
Genre Nouvelle fantastique

Le Chat noir (titre original : The Black Cat) est une nouvelle fantastique écrite par Edgar Allan Poe. Elle est publiée pour la première fois en première page de l'édition du de l'hebdomadaire The Saturday Evening Post, à Philadelphie[1].

Le narrateur et personnage principal est détenu en attendant son exécution et raconte son histoire au lecteur. Il se présente comme un homme « fou » des animaux[2] depuis son enfance. Il possède un chat noir nommé Pluton, auquel il est particulièrement attaché[3]. Or, avec le temps, le narrateur devient alcoolique et violent envers ses animaux et sa femme[4], mais il a encore trop de considération envers Pluton pour le battre[5]. Une nuit, alors qu’il rentre chez lui, ivre, il est pris d'un accès de fureur envers son chat, et lui sort l’œil de l’orbite avec son couteau[6]. À partir de ce moment-là, le chat se met à le fuir avec terreur[7]. Un autre matin, le narrateur saisit le chat et le pend à la branche d'un arbre où il le laisse mourir[8].

Pendant la nuit, la maison prend feu mystérieusement, obligeant le narrateur à s'enfuir avec sa femme et le serviteur[9]. Le lendemain, le narrateur retourne visiter les ruines de sa maison[10], où il découvre, sur le seul mur qui a échappé à l'incendie, la forme d'un chat gigantesque, avec une corde attachée au cou[11]. Cette image le terrifie d'abord, mais il finit par trouver une explication rationnelle[12].

Quelque temps plus tard, il trouve un chat similaire dans une taverne. Il a la même taille et la même couleur que l'original et il lui manque aussi un œil[13]. La seule différence est une tache blanche sur la poitrine de l'animal[14]. Le narrateur le prend chez lui, mais se met bientôt à le détester[15], et même à éprouver de la peur à son égard[16]. Ce chat n'apporte que de l'angoisse dans sa vie.

Un jour où le narrateur et sa femme visitent la cave de leur nouvelle maison, le narrateur se prend les pieds dans le chat et tombe en bas de l'escalier[17]. Pris de fureur, l'homme saisit une hache et tente de tuer le chat, mais sa femme l'en empêche[18]. Dans sa rage, il tue sa femme en lui fendant le crâne avec la hache[19]. Pour dissimuler son crime, il enlève des briques d’un mur, place le corps derrière et rebouche le trou[20].

La police vient perquisitionner la cave, mais elle ne trouve pas de cadavre. Elle est sur le point de partir quand le narrateur, poussé par un irrésistible besoin de bravade, se met à parler du mur en vantant sa solidité, puis, comme pour prouver ses dires, il le tape avec sa canne[21]. A ce moment-là, un bruit terrible, semblable à un cri déchirant, se fait entendre[22]. La police arrache les briques pour découvrir d'où ils viennent[23] et trouve le cadavre[24]. Sur sa tête se trouve le chat, que le meurtrier avait emmuré par mégarde avec sa maîtresse en refermant le trou[25]. Horrifié, il explique au lecteur : « J'avais muré le monstre dans la tombe ! »[26]

Publication

Première publication américaine de la nouvelle (Saturday Post du 19 août 1843).

Le Chat noir a été publié pour la première fois le dans le The Saturday Evening Post, qui est alors temporairement intitulé le United States Saturday Post[27]. Les lecteurs du journal ont immédiatement répondu favorablement à cette nouvelle, qui a suscité des parodies comme The Ghost of the Grey Tadpole de Thomas Dunn English[28].

Analyse

Il s'agit d'une étude de la Perversité souvent appariée, lors de son analyse, avec Le Cœur révélateur, une autre nouvelle de Poe. Dans les deux textes, on peut mettre en doute la santé mentale du narrateur. Au début de ce conte, il explique qu'il serait fou s'il s'attendait à ce qu'on le croit, avant d'affirmer : « Cependant, je ne suis pas fou ». Cela implique que sa folie a déjà été diagnostiquée[29].

Dans ce conte, l'un des plus noirs de son œuvre, Poe se livre, plus que dans aucun autre, à une dénonciation vibrante de l'alcool. Les actions perverses du narrateur sont inhérentes à son alcoolisme, une « maladie » et un « démon » qui détruit également sa personnalité[30]. Certains commentateurs ont établi des parallèles entre la vie d'Edgar Allan Poe, qui passait pour alcoolique, et celle du narrateur, qui maltraite un chat à cause de l'alcool, d'autant que la nouvelle est écrite à la première personne[31].

Le choix du chat noir évoque diverses superstitions, notamment celle, exprimée par l'épouse du narrateur qu'il s'agit de sorcières déguisées. Le nom du chat — Pluton — renvoie au dieu romain des Enfers. Il se serait inspiré de sa propre chatte écaille de tortue Catarina[32].

Traductions

Ce conte a fait l'objet de multiples traductions. En français, la première traduction, œuvre d'Isabelle Meunier, alias Isabella-Mary Hack, paraît dans La Démocratie pacifique le . Suivent celles de William L. Hughes, parue anonymement dans le Journal des faits le , ou de Paul Roger, dans la Chronique de France le . Celle de Charles Baudelaire est publiée le dans le journal Paris, avant d'être intégrée dans le recueil des Nouvelles histoires extraordinaires (1857)[33],[34].

Adaptations à l'écran

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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