Le Courage du peuple

film de Jorge Sanjinés From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Courage du peuple (titre original : El coraje del pueblo) est un film italo-bolivien réalisé par Jorge Sanjinés, sorti en 1971 et sorti en France le .

Titre original El coraje del pueblo
Réalisation Jorge Sanjinés
Scénario Oscar Soria
Sociétés de production Groupe Ukamau - RAI
Faits en bref Titre original, Réalisation ...
Le Courage du peuple
Titre original El coraje del pueblo
Réalisation Jorge Sanjinés
Scénario Oscar Soria
Sociétés de production Groupe Ukamau - RAI
Pays de production Drapeau de la Bolivie Bolivie Drapeau de l'Italie Italie
Genre film politique
Durée 90 minutes
Sortie 1971

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Fermer

Synopsis

Le film est le récit des révoltes des mineurs boliviens en 1967 et de la répression qui en suivi, en particulier celles connues sous le nom de la nuit de Saint-Jean[1].

Il s’agit d’une reconstitution d’événements historiques de l’histoire de la Bolivie, en particulier du massacre de Catavi de , ayant fait 400 morts et plus de 10 000 blessés (d’après les informations qui apparaissent pendant le générique) ainsi que des révoltes des mineurs boliviens le dans les mines d’étain de Siglo XX et Catavi en Bolivie, et de leur répression connue sous le nom de la nuit de Saint-Jean.

Le générique indique que « les faits racontés dans le film sont véridiques et que la reconstitution s’est basée sur des témoignages et des documents » (02 :00).

Fiche technique

  • Titre original : El coraje del pueblo
  • Titre français : Le Courage du peuple
  • Musique : Nilo Soruco
  • Son : Abelardo Kuschnir
  • Montage : Juan Carlos Macias, Sergio Buzi
  • Distributeur : Fundación Grupo Ukamau
  • Producteur : Grupo Ukamau - RAI -Walter Achugar, Edgardo Pallero

Distribution

Acteurs non professionnels survivants du massacre :

  • Domitila Chungara
  • Federico Vallejo
  • Eusebio Gironda
  • Victor Hugo Baspineiro...

Présentation et récompenses

Analyse

Pour Erich Fishbach, ce film marque l’affirmation du personnage collectif dans le cinéma de Jorge Sanjinés[4]. Une séquence de dix minutes dès le début du film rappelle le massacre de Catavi en 1941, mettant en scène deux groupes distincts : d'un côté, les militaires qui attendent et scrutent l'horizon avec une expression inquiète, et de l'autre côté, un groupe de manifestants en mouvement constitué de femmes, d'hommes et d'enfants, escortés par un troupeau de lamas, qui avance vers les soldats. Les deux groupes ne sont jamais filmés ensemble à l’écran, et les uns sont immobiles quand les autres sont en mouvement, deux procédés qui renforcent leur opposition. Le seul moment où les militaires et les manifestants apparaissent sur le même plan est à la fin de la séquence, quand les soldats jettent les corps dans une fosse commune. Le montage alterné d'images montrant les soldats préparant leurs armes alors que les manifestants avancent, puis les soldats tirant et les manifestants tombant sous les balles construit l'opposition entre les mineurs et les soldats[4]. Les manifestants d’un côté, et les soldats de l’autre, constituent donc deux personnages collectifs en lutte l’un contre l’autre.

Toujours selon Erich Fishbach, Le courage du peuple représente le passage dans le cinéma de Jorge Sanjinés d’un cinéma de défensive à un cinéma de l’offensive. Pour Carlos Mesa également, Le courage du peuple constitue un tournant dans l’œuvre du cinéaste, car il « marque une rupture avec les systèmes conventionnels employés par le cinéma occidental,dans la recherche d’une identité particulière et applicable à notre culture, à nos valeurs »[5].

Jorge Sanjinés présente Le courage du peuple comme l’une des deux tentatives du groupe auquel il appartient (le groupe Ukamau) de produire à un cinéma révolutionnaire[6]. Il qualifie ce cinéma de « cinéma populaire qui aborderait des faits réels avec des éléments irréfutables »[6]. Pour cela, le groupe Ukamau emploie deux méthodes. D’abord, il propose de lier deux situations historiques afin de révéler leur « logique cachée »[6] : dans Le courage du peuple, ce sont les événements de Catavi en 1941 et ceux de la nuit de Saint-Jean en 1967. Le groupe Ukamau propose aussi de faire intervenir les témoins réels de ces situations historiques, comme c’est le cas dans Le courage du peuple. La présence de témoin avait pour but de faire du film « un document irréfutable » tout en ouvrant le cinéma au peuple en lui permettant d’y participer directement, afin de produire un cinéma de la manière la plus horizontale possible[6].

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI